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Évolution du son dans les techniques cinématographiques
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 Thomas Edison, l'inventeur du phonogramme.
© Collection Christophe L. |
Depuis sa naissance, le cinéma n’a cessé d’évoluer. Les cinéastes ont vite compris que le cinéma, muet à ses débuts, devrait, pour captiver encore plus le spectateur et renforcer l’émotion d’une scène, être accompagné d’une bande-son. Les problèmes rencontrés sont immenses : si, à la naissance du cinéma, on sait enregistrer le son (invention du phonogramme en 1877 par Edison), on ne sait pas encore comment le synchroniser avec l’image ni comment mixer la musique et les dialogues...
Pendant plusieurs années, le cinéma muet fut accompagné de musique exécutée en direct par un instrumentiste qui improvisait en regardant le film, plus rarement par un petit orchestre, parfois même par un orgue capable de créer des bruitages (sirène, pluie, mer…) pour accompagner l’action. Une certaine complicité était établie entre le projectionniste et le musicien, le débit des images n’étant pas toujours régulier.
 « The Jazz Singer » : le premier film entièrement sonorisé.
© Collection Christophe L. |
Dans les années 1920, des expériences menées aux États-Unis permettent de synchroniser le son et l’image sur disque Vitaphone. Le premier film utilisant ce procédé est Don Juan d’Alan Crosland, présenté par les frères Warner, fondateurs de la Warner Bross. En collaboration avec le même réalisateur, les frères Warner présentent le premier film de l’histoire du cinéma entièrement sonorisé, The Jazz Singer (Le Chanteur de jazz), en 1927.
Dans les années 1930, le son est transcrit sur support optique. La piste son, appelée aussi « piste photographique », était en quelque sorte une image du son. Monophonique et de mauvaise qualité, le son ainsi obtenu s’apparente à celui diffusé par les radios à l’époque. La piste magnétique comme support sonore ne s’imposera qu’après la seconde guerre mondiale. Les cinéastes pourront alors faire appel à de grands compositeurs qui, par leur savoir-faire, contribueront à renforcer l’émotion véhiculée par l’image. Afin que le son de l’œuvre musicale soit synchrone avec l’image, l’orchestre enregistre en même temps que le film est projeté.
 Pour « Fantasia », les studios Disney inventent un nouveau système , le « Fantasound ».
© Collection Christophe L. |
Ces nouvelles perspectives suscitent l’intérêt de nombreux compositeurs de l’époque. L’interaction entre musique et mouvement à l’écran n’est pas sans rappeler la composition de ballets. C’est un film d’animation musicale, Fantasia, qui donne le coup d’envoi de la course à la technicité. Pour ce film en effet, les studios Disney mettent au point le système appelé « Fantasound » qui consiste en deux pistes optiques et une diffusion multicanal sur trente haut-parleurs (qui n’est pas sans analogie avec l’actuel système 5.1). La deuxième guerre mondiale interrompt les recherches. Le système de Disney sera abandonné. Après le conflit, de nouveaux procédés sonores voient le jour : Cinérama, Panavision, Cinémascope. Tous utilisent plusieurs canaux pour les pistes sonores, quatre au minimum : gauche, droite, centre et arrière pour les effets. Dans les années 1950, l’amélioration de la qualité de la reproduction du son apportée par le magnétophone profite au cinéma. Mais avec la bande magnétique, de nouveaux problèmes apparaissent : fragilité du support, difficulté d’inclure les différentes pistes à côté de la piste vidéo, dégradation de la qualité de l’enregistrement avec le temps, complexité de l’opération d’insertion du son après le tournage…
 « Star Wars » est un des premiers films à bénéficier du dolby.
© Collection Christophe L. |
En 1963, le procédé Dolby, du nom de son inventeur Ray Dolby, fait son apparition. Il s’agit d’un système de réduction des bruits de fond. Les premiers films à en bénéficier sont Star Wars de George Lucas et Apocalypse Now de Francis Ford Coppola. L’invention du transistor, dans les années 1970, permet à la technologie du son de faire un bond en avant. Les ingénieurs des studios Dolby, après avoir trouvé, avec le Dolby A, le moyen de réduire le souffle (bruit de fond) d’une bande magnétique, reprennent et modernisent la bande optique : le son sera lu grâce à une cellule optique (un faisceau de lumière traverse la piste optique pour éclairer une cellule photoélectrique). Comme dans les années 1930, les variations d’éclairage de la piste sonore sont transformées en variations électriques équivalentes. Après les lecteurs à fente projetée, on utilise aujourd'hui les lecteurs à diode électroluminescente ou LED.
 Support actuel de la piste optique. |
C’est aussi au cours des années 1970 que s’intensifie l’exploitation de bruitages et de sons d’ambiance grâce au développement de la synthèse sonore (synthétiseur). On peut à nouveau citer Star Wars de George Lucas ou Apocalypse Now de Francis Ford Coppola. Les années 1980 voient le développement du numérique qui ouvrira d’autres voies aux cinéastes : effets spéciaux, films d’animation réalisés sur ordinateur comme Toy Story. Le son s’améliore encore. Le Dolby A laisse la place au Dolby SR, plus sophistiqué mais gage de meilleure qualité.
 Le développement du numérique : « Toy story », film réalisé sur ordinateur.
© Collection Christophe L. |
L'année 2006 est une année importante pour la diffusion cinématographique. Non sans difficulté, distributeurs et fabricants se sont mis d’accord pour adopter une nouvelle norme qui fait progressivement disparaître le support bobine au profit du serveur. Dans ce serveur source sont placés le signal image, le son, les sous-titres et d’autres informations, notamment celles destinées à la lutte contre le piratage. Petit à petit, le serveur pourra être alimenté via des réseaux sécurisés (Internet). Le son reste en multi canal 5.1 et en PCM non compressé. La fréquence d’échantillonnage est celle du CD audio : 48 Khz. Quelle sera l’évolution du son dans un avenir proche ? Nul n’est capable de le dire avec précision. Le développement sonore suivra sans doute l’évolution de la qualité de l’image (haute définition). La course folle à la technique n’est pas près de s’arrêter…
Olivier Fournier
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