Les thèmes de Kaplan-Thornhill dans n° 1 « Overture » (Ouverture) , n° 7 « The Wild Ride » (La course folle) et n° 48 « On the Rocks » (Sur les rochers)
   
Dans le film au début (séquence 1 / DVD chapitre 1) (n° 1 « Overture »).
Dans le film à 14' 31" (séquence 3 / DVD chapitre 6) (n° 7 « The Wild Ride »).
Dans le film à 2 h 07' 12" (séquence 21 / DVD chapitre 44) (n° 48 « On the Rocks »).

NB. –  N° 1 « Overture » et n° 7 « The Wild Ride » semblent à la première écoute identiques. Pourtant, la seconde pièce est plus longue d’une trentaine de secondes, pour se placer sous les images du film. L’analyse première est celle de « Overture ». Les différences correspondant à « The Wild Ride » sont indiquées entre parenthèses et en couleur.

À la manière d’une ouverture d’opéra, on peut découvrir l’atmosphère du film et le personnage principal qui se révèle être à la fois Thornhill et Kaplan dans l’intrigue.
L’ouverture est écrite pour orchestre symphonique.
Dans l’introduction
Un motif est joué par divers instruments de registre grave pendant 15 secondes.
Caractéristiques :
– motif basé sur une seconde mineure ;
– motif rythmique dès le début (timbales) qui caractérise le thème de Kaplan (croche, 4 doubles) ;

– motif joué six fois dans un immense crescendo orchestral ;
– tempo rapide.

Les deux idées musicales et Un relevé musical de cette pièce est proposé pour une exploitation pédagogique. sont alternées :
1) 1re exposition, 0' 15".
2) 1re exposition, 0' 25".
3) 2e, 0' 30".
4) 2e, 0' 40" (à 49").
5) 3e, 0' 50" (à 59").
6) 3e, 1' 22" (à 1' 18").
7) 4e, 1' 41" : dérivé à 1' 50" (à 1' 37") puis coda à 2' 02" (à 1' 47").
(À 1' 57" : thème de .
À 2' 16" : thème de .
À 2' 36" : vraie coda.)

1) Kaplan 1re exposition, 0' 15"
Thème très énergique :
– tempo très rapide ;
– orchestration tutti ;
sforzando de cuivres et percussions ;
glissandi de harpe ;
– registre très aigu aux flûtes traversières et piccolo ;
– sorte d’arpège descendant dont le rythme syncopé contraste avec le rythme croche- 4 doubles.

2) Thornhill 1re exposition, 0' 25"
Mélodie joueuse et ironique sur 4 mesures dans sa première exposition.
– Motif rythmique (croche, 2 doubles, croche) pour la mélodie (trompette, violons…).
– Accompagnement (en arpèges ascendants) très discret et léger, en pizzicati (cordes graves essentiellement).

(À 30", élément de transition qui reprend le thème de Thornhill en inversant la seconde mesure : la seconde descendante devient une 7e ascendante, de caractère toujours aussi ironique, au moment où Thornhill réagit et remet les roues de sa voiture sur la chaussée.)

3) Kaplan 2e, 0' 30" (à 34" trois fois le thème au lieu de deux)
Pas de modification majeure.

4) Thornhill 2e, 0' 40" (à 49")
Mélodie exposée pour la première fois entièrement :
– nombreuses dissonances (flûtes en particulier) ;
– pour la mélodie principale : sortes de dialogues toutes les deux mesures :
  • contraste dans le jeu : staccato / legato ;
  • contraste dans l’instrumentation : l’orchestre semble divisé en deux groupes,
– pour l’accompagnement : arpèges ascendants en pizzicati puis en staccato par les cuivres (avec premiers temps renforcés) ; sur la fin du thème, rythmes syncopés sur la même note avec opposition des registres des instruments (cordes graves et piccolo : impression de klaxons).
(À 0' 53", l’instrumentation change en donnant plus de présence aux cuivres.
Importance notamment des glissandos de trombones – on peut y voir une illustration de l’état d’ivresse dans lequel le personnage se trouve à ce moment-là.)

5) Kaplan 3e, 0' 50" (à 59", thème varié plus que déstructuré)
– Le rythme du thème (identifiable) prédomine.
– L’orchestration met en valeur les vents joués fortissimo et sforzando.
-– À 55", le thème éclate entre les différents pupitres : impression de lutte, d’opposition, de confusion, d’éclatement du thème comme le personnage dans le film qui doit sans cesse être recréé, renouvelé, remodelé par d’autres.

6) Thornhill 3e, 1' 22" (à 1' 18")
– Thème joué de manière plus affirmée : nuance fortissimo (mélodie et accompagnement), orchestration plus riche, arpèges ascendants joués fortissimo et marcato par les cuivres.

7) Kaplan 4e, 1' 41" et dérivé à 1' 50" (à 1' 37")
Le thème est de nouveau éclaté avec exagération dans le traitement de certains éléments :
– le rythme croche-4 doubles est devenu 6 doubles et est joué deux fois de suite par les flûtes ;
– le motif syncopé est lui aussi joué avec insistance ;
– nuances et phrasé excessifs.

Coda à 2' 02" (à 1' 47")
Herrmann fait disparaître ses thèmes tout comme le cinéaste pourrait faire disparaître ses personnages. Au même moment à l’image, dans le générique, apparaît Hitchcock en figurant : le fameux cameo attendu par le spectateur.
– Grande descente chromatique des flûtes (du suraigu à l’extrême grave).
– Les cuivres dominent avec un motif de deux notes (seconde majeure) joué avec affirmation, en crescendo jusqu’au fortissimo du tutti, avec arrêt brutal.

(À 1' 57" : thème de Thornhill, montées en arpèges en notes accentuées par les cuivres.
À 2' 16" : thème de Kaplan ; Hermann répète la fin du motif de Kaplan plusieurs fois, sans le faire enchaîner au motif de Thornhill comme il le fait dans l’ouverture.
Le doute d’identification des deux personnages se voit là illustré dans la musique.
À 2' 26", il enchaîne enfin, mais sur le motif de Kaplan avec le rythme croche-4 doubles devenu 6 doubles.

Les différents instruments s’affolent en même temps que la folle course de voiture touche à sa fin…
À 2' 37", un glissando descendant aux flûtes et piccolos ajoute encore de la tension avant que l’on voie le cycliste que le conducteur risque de percuter.
À 2' 44", un très bref arrêt laisse place à un accord sforzando/crescendo joué par les cuivres, avec un roulement de caisse claire et timbales en crescendo illustrant l’arrivée de la voiture sur le cycliste.
À l’apogée du crescendo, c’est le carambolage des trois voitures. C’est alors la plage n° 8 qui s’enchaîne directement, le fondu enchaîné musical étant assuré par le bruit de la sirène de la voiture de police, qui s’éteint.
À 2' 36" : vraie coda.)

Le n° 48 « On the Rocks » utilise la structure musicale de l’Ouverture. Le traitement orchestral donne une impression de précipitation qui s’adapte au danger des images : Bernard Herrmann utilise toute la palette orchestrale. Les cellules thématiques, courtes, percutantes, signifiantes, réduites même parfois à une simple esquisse, lui permettent de créer un effet de patchwork sonore. Les instruments mélodiques deviennent rythmiques. Les timbales sont utilisées mélodiquement. Les timbres alternent, cuivres et timbales, flûtes et caisse claire, clarinette et hautbois, bois et harpe… de manière rapide, haletante. Les personnages sont traqués…

M.-Th. C.
Cl. D.
S. M.


Un relevé musical (PDF, 465 ko) de cette pièce est proposé pour une exploitation pédagogique.


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