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Le thème de l’Amour
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N° 18 « Interlude » / N° 19 « Detectives » / N° 20 « Conversation Piece » / N° 21 « Duo »
Dans le film à 47' 54" (séquence 9 / DVD chapitre 17). Dans le film à 50' 08" (séquence 9 / DVD chapitre 18). Dans le film à 52' 46" (séquence 10 / DVD chapitres 19 à 20). Dans le film à 56' 08" (séquence 10 / DVD chapitre 20).
Le thème de l’Amour apparaît au début du troisième acte du film et en constitue l’unique mélodie pendant toute la première moitié de cette partie qui se déroule dans le train. Les numéros 18 à 21 sont quasiment enchaînés : ils donnent une dimension supplémentaire à la progression dramatique.
« Vous me plaisez… C’est interminable une nuit en train… » et le thème de l’Amour apparaît pour la première fois dans le film. Confié aux hautbois, le thème dans le n° 18 « Interlude » soutient les regards des personnages et une conversation assez anodine au premier abord mais qui prendra beaucoup d’importance dans le dénouement du film, à propos des initiales R.O.T. sur une pochette d’allumettes, « Roger O Thornhill », le « O » signifiant « rien », à l’instar du personnage. Lorsque le thème passe à la clarinette, Eve retient, en un geste suggestif, la main de Roger pour éteindre l’allumette enflammée… Sur la coda de la pièce, Roger, qui vient d’avouer n’avoir ni billet ni compartiment, se voit offrir par Eve de partager son wagon-salon. Le n° 19 « Detectives » installe une dramatisation qui soutient les images : regard inquiet de Thornhill vers les deux hommes qui montent dans le train, sa sortie précipitée du wagon-restaurant… Le thème de l’Amour n’est présent que par le rythme de son ostinato sur une ligne mélodique de couleur chromatique. L’une des plus longues pièces du film, le n° 21 « Conversation Piece », intervient plus loin dans la nuit. Eve et Thornhill, enlacés, ont une conversation à mi-chemin entre le sérieux et le badinage. Le premier baiser qu’ils échangent fait dialoguer le hautbois et la clarinette sur un motif de quatre notes, comme de longues appoggiatures, construites sur la fin du thème. Les cordes se voient confier la mélodie lorsque leur étreinte devient plus intime. La musique cesse quand le steward interrompt leurs ébats, qui reprennent quelques instants plus tard, soutenus par le n° 20 « Duo ». Sur le claquement de la porte du compartiment fermée par le steward, un nouveau dialogue entre le hautbois et la clarinette, sur des formules de trois notes, s’installe en même temps que la conversation des deux personnages reprend. Lorsque Thornhill éteint la lumière et, s’installant sur la banquette, embrasse à nouveau Eve, la mélodie du thème de l’Amour réapparaît aux violons, avec un caractère tout à fait romantique.
N° 22 « The Station »
Dans le film à 59' 30" (séquence 11 / DVD chapitre 21).
Le n° 22 « The Station » est une des rares pièces de la bande originale du film qui utilise plusieurs thèmes : le thème de l’Amour, le thème de la Poursuite et l’idée B du thème de Kaplan-Thornhill. Le thème de l’Amour s’achève par une quinte diminuée : le regard d’Eve passe de sa gauche (derrière eux marchent Vandamm et Leonard qui les suivent) à sa droite (Thornhill qui marche à son côté et ne se rend compte de rien). Dans le train, le thème de l’Amour remplit sa fonction de romance. Sur le quai, il marque musicalement une rupture dans la relation qui lie le couple. C’est par cet intervalle de quinte diminuée qui termine ce thème, que réalisateur et compositeur font comprendre au spectateur qu’Eve connaît les espions.
Nous proposons, pour ce passage du film, une séquence pédagogique à mettre en œuvre après s’être imprégné du thème de l’Amour et de celui de Kaplan-Thornhill.
N° 24 « Farewell » (L’adieu)
Dans le film à 1 h 02' 52" (séquence 11 / DVD chapitre 22).
« Je voudrais être certain que nous nous reverrons. » – Sûrement, un de ces jours… » À leur manière, les personnages se disent adieu : Thornhill souhaite la revoir, Eve sait qu’elle ne le reverra pas. Le thème de l’Amour apparaît très lent, confié au pupitre des clarinettes et clarinette basse, une couleur instrumentale que Bernard Herrmann affectionne particulièrement (cf. Vertigo). Le n° 24 « Farewell » semble s’étirer dans le temps dans des valeurs qui paraissent s’éterniser. Le subterfuge employé par Eve pour faire partir Thornhill dont, seul, le spectateur est conscient, est souligné par la quinte diminuée, déjà présente dans le n° 22 « Station ». L’adieu entre les personnages est tragique.
Nous proposons, pour ce passage du film, une séquence pédagogique qui étudie cet extrait et le compare avec le n° 27 « The Reunion ».
N° 27 « The Reunion » (Les retrouvailles) / N° 28 « Good Bye »
Dans le film à 1 h 15' 09" (séquence 14 / DVD chapitres 27-28).
À l’hôtel Ambassador de Chicago, Thornhill surprend Eve dans sa chambre. La séquence dans la chambre d’hôtel semble articulée en deux parties : dans un premier temps, Eve et Thornhill se confrontent l’un à l’autre. Mais les retrouvailles sont tendues. Cette première partie est encadrée par le thème de l’Amour :
- lorsque Eve ouvre la porte, le n° 27 « The Reunion » reprend le thème qui n’a plus la même résonance : le triton semble montrer la défiance de Thornhill vis-à-vis d’Eve. Celle-ci lui demande de partir et de ne plus jamais la revoir : « C’est une aventure sans lendemain. Elle a commencé et fini hier soir. »
- le n° 28 « Good Bye » clôt cette partie sur la rupture qu’Eve impose à Thornhill. N’y arrivant pas, elle use à nouveau d’un subterfuge pour prendre la fuite.
Dans une seconde partie, Thornhill, pas dupe de la ruse d’Eve, reste seul dans la chambre puis, ayant deviné où se rend Eve, la suit. Musicalement, le thème de l’Amour n’est plus présent.
N° 36 « The Forest »
Dans le film à 1 h 44' 50" (séquence 19 / DVD chapitre 36).
Eve et Thornhill se retrouvent dans la forêt pour un au revoir tendre et amoureux. Le thème de l’Amour, dans le n° 36 « The Forest », accompagne de manière langoureuse leur baiser. Puis, une cellule de trois notes, en marche harmonique descendante qui alterne Majeur et mineur, les emmène vers une nouvelle rupture soulignée par le retour de la quinte augmentée : le Professeur les a manipulés tous les deux.
N° 50 « Finale »
Dans le film à 2 h 10' 23" (séquence 21 / DVD chapitre 46).
La dernière pièce, le n° 50 « Finale », introduit par un glissando de harpe d’un romantisme avéré, sonne comme une victoire de l’amour…
Marie-Thérèse Corbat
Claire Dolibeau
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