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Un peu d'histoire médiévale
au travers des châteaux Bretons

2a - Site et emplacement des châteaux

 L'aspect et les dimensions des châteaux forts médiévaux variaient beaucoup. Les premiers avaient l'apparence d'un donjon à motte primitif, construit en terre battue et en bois et seuls ont survécu ceux dont les murs et les tours sont en pierre. C'est au Xe siècle que les châteaux forts ont fait leur apparition en France. Ils avaient deux usages : 

  • l'un domestique, puisqu'ils étaient la résidence privée d'un seigneur, d'un roi, duc, baron ou chevalier et de leur famille.
  • l'autre défensif, car ils étaient des places fortes.

L'origine de nombreux châteaux forts est obscure et il est rare de posséder des détails aussi précis que ceux fournis par une chronique sur la construction de Montfort-sur-Meu, en 1091. Lorsque l'autorité centrale était faible, certains étaient entrepris sans l'autorisation du duc. C'était certainement le cas le plus simple et du plus courant, c'est le donjon à motte. D'autres étaient construits avec l'accord de l'administration publique. Finalement, les ducs de Bretagne revendiquèrent de plus en plus l'octroi des châteaux forts et tous les seigneurs auxquels ils en accordaient un devinrent leurs vassaux et durent leur rendre hommage en leur remettant, à partir de la fin du XIVe siècle, des documents appelés "aveux" qui souvent contenaient des détails architecturaux des châteaux. dès le règne de Pierre Mauclerc (1213-1237), les ducs donnèrent parfois l'ordre d'abattre un château fort élevé sans leur autorisation.

L'emplacement des châteaux forts est très varié. Parmi ceux qui devinrent les centres d'importantes seigneuries, beaucoup occupaient des sites d'une portée militaire considérable. Les plus impressionnants sont des rochers isolés, des éperons au pied desquels s'étalait une vallée, des escarpements, des points protégés par des falaises abruptes, des vallées profondes et autres abris naturels.

Les avantages d'un site étaient souvent renforcés par la construction de fossés ou par une excavation plus générale et une escarpe. Ce fut le cas de Léhon, Brélidy et Montmuran. Lorsque le terrain n'était pas surélevé, on élevait une motte artificielle et pour les châteaux forts situés en contrebas, comme ceux de Nantes, Suscinio, Derval et Randoët, l'eau était utilisée comme défense. Certains centres urbains comme Rennes et Vannes furent renforcés par l'adjonction d'un château fort. Ce type de forteresse, parfois proche d'une frontière sensible, pouvait contrôler une route importante, un pont ou un gué.

En raison de la protection qu'ils offraient, des villes grandirent rapidement autour d'un grand nombre de châteaux forts établis sur des terrains vierges. Cinquante deux des quelque soixante villes médiévales bretonnes se développèrent à l'ombre d'un château. Dans le cas de deux d'entre elles, Le Gâvre et Saint-Aubin du Cormier, au début du XIIIe siècle, Pierre Mauclerc fonda des châteaux forts dans la perspective plus générale de créer de nouvelles villes, et à la fin du Moyen Age peu de villes de quelque importance ne possédaient pas un château fort. Vers 1400, le duc ayant autorisé les habitants de Rennes à abattre le sien, les défenses de la ville ne consistèrent plus qu'en une puissante enceinte construite après 1418, tandis qu'à Saint-Brieuc où n'existait pas de château, ce fut la cathédrale qui, fait exceptionnel, servit de redoute en 1375, au cours d'un siège.

2b- Châteaux et frontières

Les frontières orientale et méridionale de la Bretagne étaient particulièrement bien protégées par d'importants châteaux forts, largement répartis de Saint-Malo, Châteauneuf d'Ille et Vilaine, Dol, Dinan, Combourg et Fougères au Nord-est, jusqu'à Clisson et Machecoul, au sud de la loire, en passant par Vitré, Châteaugiron, la Guerche, Châteaubriand, Ancenis et Oudon.

En raison du timide développement économique de la Bretagne, le nombre de châteaux forts du littoral s'accrut plus lentement que celui de ceux se trouvant en bordure de frontières. Plusieurs des plus importants, tels Montafilant, la Roche Jagu, Tonquédec et la Roche Maurice, sont situés à l'intérieur et, à la fin de la deuxième moitié du XIIIe siècle, d'autres comme Brest, Pont l'Abbé, La Roche Guyon, le Guildo, Trémazan et Suscinio ne furent érigés que pour servir de fortifications. A l'intérieur, l'emplacement d'un château fort dépendait souvent de considérations autres que purement défensives. Certaines fonctions civiles, administration des domaines et exercice de la justice, étaient importantes, de même que la proximité de terrains de chasse et la distance entre châteaux forts. Lors du morcellement de domaines importants, certains châteaux forts étaient spécifiquement réservés aux branches cadettes des familles seigneuriales.