 Gilles de Robien, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
© Bernard Suard-Metattm |
Monsieur le ministre, cette année, pour le 20e anniversaire de la Journée de l'Europe, vous avez souhaité que l'Éducation nationale soit particulièrement associée à une opération. Pourquoi ?
Il me semble essentiel que les grandes dates de la construction européenne – le 9 mai, jour anniversaire de la déclaration Schuman de 1950, est peut-être la plus grande – soient connues et comprises tout autant que les grandes dates de l’histoire de notre pays. C’est une occasion de rappeler l’immense espoir qui a présidé à la construction européenne, et de dialoguer avec les jeunes sur les attentes qu’ils placent aujourd’hui dans l’Europe. Des initiatives marquent cette journée dans tous les pays de l’Union, et c’est collectivement que nous pouvons aider les jeunes à mieux connaître les enjeux de leur citoyenneté européenne.
Vous avez souhaité qu'un kit pédagogique comprenant des affiches, des fiches d'information et des quiz soit largement diffusé dans les établissements scolaires. Avec quel objectif ? Comment comptez-vous associer les classes ?
Ce kit sera diffusé dans les établissements scolaires où les équipes pédagogiques pourront l’utiliser en fonction du niveau des classes. Ce kit est une ressource pédagogique proposée aux enseignants qui pourront l’utiliser en fonction du projet de l’établissement et de l’implication des élèves dans tel ou tel projet européen. Il présente en quelques outils différents aspects de l’Europe : son fonctionnement institutionnel, la construction progressive de l’Union à 25, les figures emblématiques de la culture européenne et les grands domaines d’action de l’Union européenne.
À qui s'adresse plus précisément cette action ?
Tous les élèves sont concernés, selon des modalités qui varieront en fonction de leur niveau de connaissances et des stratégies d’ouverture européenne propres à chaque établissement.
En quoi consiste l'éducation à l'Europe ? S'agit-il d'une ou de plusieurs matières spécifiques, que l'on pourrait inscrire comme les autres dans des programmes ?
L’Europe doit être enseignée dans la plupart des disciplines : les langues naturellement, la littérature, l’histoire, la géographie, les arts, les sciences économiques, par exemple, ont évidemment une dimension européenne. Je crois que tous les jeunes doivent être conscients que tout domaine de la connaissance porte une dimension européenne. C’est cela qui est important.
En quoi le manuel franco-allemand, lancé le 8 mai, veille de la Journée de l'Europe, participe-t-il de l'éducation à l'Europe ?
D’abord ce n’est pas un manuel sur l’histoire franco-allemande, ce qui aurait enfermé le projet sur lui-même, mais bien un manuel franco-allemand d’histoire, où l’histoire européenne et l’histoire mondiale sont traitées conformément aux programmes scolaires, avec bien sûr la spécificité d’un regard croisé.
Vous le savez, la méthode même qui a présidé à son élaboration, c’est un premier pas vers des programmes communs : en l’espèce communs à la France et à l’Allemagne, mais aussi, en Allemagne, aux seize Länder. Ce travail de mise en commun historiographique et de rapprochement des conceptions pédagogiques constitue une expérience unique. Enfin – et c’est ici aux élèves que je pense –, il me semble qu’étudier l’histoire de son pays, du pays partenaire, de l’Europe, d’un point de vue qui ne soit pas franco-français, mais qui permette de déplacer les perspectives, sera une formidable chance pour nos lycéens : comment mieux susciter et construire un vrai regard européen, un vrai regard d’Européen ?
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