Journée de l'Europe
Le 9 mai, jour anniversaire de la déclaration Schuman de 1950, est une occasion de rappeler l'immense espoir qui a présidé à la construction européenne. Des initiatives marquent cette journée dans tous les pays de l'Union, et ce dossier, qui présente de nombreuses ressources pédagogiques, peut aider les enseignants à amener les jeunes à mieux connaître les enjeux de leur citoyenneté européenne.

Sommaire
 
Le mot du ministre
 
Dans le réseau
Produits SCÉRÉN
eTwinning
lesite.tv
 
Hors réseau
Mouvement européen
Trans'Europe Centre
 
Sitographie
 
À propos
 
Documents
Rencontre avec Françoise Robert
Rencontre avec Michel Chaumet
Rencontre avec Anne-Marie Mogan
Rencontre avec Maryse Labroille
Rencontre avec Patrick Le Provost
Rencontre avec Marianne Viel
Rencontre avec Wolf Halberstadt
Rencontre avec Pierre Auboiron
Rencontre avec Claire Bertrand et Nelly Mok
Rencontre avec Véronique Guillemot
Rencontre avec Anne Ruhlmann
Rencontre avec Dominique Chandesris
Rencontre avec Claude Beaudoin
Guide de l'utilisateur
Rencontre avec Marie-Héléna Taquet
Le mot du ministre

Gilles de Robien, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
© Bernard Suard-Metattm
Monsieur le ministre, cette année, pour le 20e anniversaire de la Journée de l'Europe, vous avez souhaité que l'Éducation nationale soit particulièrement associée à une opération. Pourquoi ?

Il me semble essentiel que les grandes dates de la construction européenne – le 9 mai, jour anniversaire de la déclaration Schuman de 1950, est peut-être la plus grande – soient connues et comprises tout autant que les grandes dates de l’histoire de notre pays. C’est une occasion de rappeler l’immense espoir qui a présidé à la construction européenne, et de dialoguer avec les jeunes sur les attentes qu’ils placent aujourd’hui dans l’Europe. Des initiatives marquent cette journée dans tous les pays de l’Union, et c’est collectivement que nous pouvons aider les jeunes à mieux connaître les enjeux de leur citoyenneté européenne.

Vous avez souhaité qu'un kit pédagogique comprenant des affiches, des fiches d'information et des quiz soit largement diffusé dans les établissements scolaires. Avec quel objectif ? Comment comptez-vous associer les classes ?

Ce kit sera diffusé dans les établissements scolaires où les équipes pédagogiques pourront l’utiliser en fonction du niveau des classes. Ce kit est une ressource pédagogique proposée aux enseignants qui pourront l’utiliser en fonction du projet de l’établissement et de l’implication des élèves dans tel ou tel projet européen. Il présente en quelques outils différents aspects de l’Europe : son fonctionnement institutionnel, la construction progressive de l’Union à 25, les figures emblématiques de la culture européenne et les grands domaines d’action de l’Union européenne.

À qui s'adresse plus précisément cette action ?

Tous les élèves sont concernés, selon des modalités qui varieront en fonction de leur niveau de connaissances et des stratégies d’ouverture européenne propres à chaque établissement.

En quoi consiste l'éducation à l'Europe ? S'agit-il d'une ou de plusieurs matières spécifiques, que l'on pourrait inscrire comme les autres dans des programmes ?

L’Europe doit être enseignée dans la plupart des disciplines : les langues naturellement, la littérature, l’histoire, la géographie, les arts, les sciences économiques, par exemple, ont évidemment une dimension européenne. Je crois que tous les jeunes doivent être conscients que tout domaine de la connaissance porte une dimension européenne. C’est cela qui est important.

En quoi le manuel franco-allemand, lancé le 8 mai, veille de la Journée de l'Europe, participe-t-il de l'éducation à l'Europe ?

D’abord ce n’est pas un manuel sur l’histoire franco-allemande, ce qui aurait enfermé le projet sur lui-même, mais bien un manuel franco-allemand d’histoire, où l’histoire européenne et l’histoire mondiale sont traitées conformément aux programmes scolaires, avec bien sûr la spécificité d’un regard croisé.
Vous le savez, la méthode même qui a présidé à son élaboration, c’est un premier pas vers des programmes communs : en l’espèce communs à la France et à l’Allemagne, mais aussi, en Allemagne, aux seize Länder. Ce travail de mise en commun historiographique et de rapprochement des conceptions pédagogiques constitue une expérience unique. Enfin – et c’est ici aux élèves que je pense –, il me semble qu’étudier l’histoire de son pays, du pays partenaire, de l’Europe, d’un point de vue qui ne soit pas franco-français, mais qui permette de déplacer les perspectives, sera une formidable chance pour nos lycéens : comment mieux susciter et construire un vrai regard européen, un vrai regard d’Européen ?
Dans le réseau
Produits SCÉRÉN
Produits
Vidéos en ligne
Des clips de deux à trois minutes, extraits de vidéos produites par le Service national des productions audiovisuelles du CNDP (SNPAV), permettent la découverte du Parlement européen, à Strasbourg, ainsi que celle de neuf grandes villes européennes. Ces clips sont librement téléchargeables (Windows Media Player).

Le Parlement européen
Pour modem 56K (959 ko)
Pour ADSL (15 225 ko)


Les villes européennes

Barcelone
Berlin
Bruxelles
Pour modem 56K (971 ko)
Pour ADSL (8 110 ko)
Pour modem 56K (995 ko)
Pour ADSL (8 286 ko)
Pour modem 56K (782 ko)
Pour ADSL (6 463 ko)
Londres
Madrid
Paris
Pour modem 56K (890 ko)
Pour ADSL (7 369 ko)
Pour modem 56K (718 ko)
Pour ADSL (5 968 ko)
Pour modem 56K (787 ko)
Pour ADSL (6 591 ko)
Rome
Varsovie
Venise
Pour modem 56K (905 ko)
Pour ADSL (7 491 ko)
Pour modem 56K (906 ko)
Pour ADSL (7 510 ko)
Pour modem 56K (696 ko)
Pour ADSL (5 750 ko)

L'Europe ensemble

L'Europe ensemble est un projet européen Lingua conduit par le CRDP des Pays de la Loire. Il concerne huit langues européennes : allemand, anglais, espagnol, français, italien, portugais, roumain et suédois. Pour chaque langue, seront à la disposition des usagers des supports en ligne sur un site Internet, un CD audio et un guide pédagogique imprimé.

Pour en savoir plus sur le projet :

- les détails du projet par Françoise Robert, responsable éditoriale
- la plaquette (PDF, 938 ko) de présentation du projet
- la maquette du site (en cours de développement) http://crdp44.free.fr/

Monter un projet européen

L’ouvrage Monter en projet européen en lycée professionnel, édité par le CRDP d’Aquitaine, est un guide pratique dont l’objectif est de faciliter les projets européens. En trois parties, il expose la démarche d’un projet européen et donne des exemples étape par étape.
Présentation de l’ouvrage par Michel Chaumet, directeur du CRDP d'Aquitaine.
Un exemple de projet en lycée professionnel : rencontre avec un proviseur impliqué, Anne-Marie Mogan.
Travail d'équipe et dynamique de groupe : le point de vue d'une IEN, Maryse Labroille.

Extraits de l'ouvrage :
Sommaire et introduction (PDF, 449 ko)
Partie 1 (PDF, 480 ko)
Partie 2 (PDF, 425 ko)
Partie 3 (PDF, 412 ko)
Recherche en lac Majeur
Ce DVD, co-produit par le SCÉRÉN-CNDP et France 5 avec le soutien de la Commission européenne, comporte un documentaire de 52 minutes qui met en scène de jeunes scientifiques européens travaillant au Centre commun de recherche situé en Italie sur les rives du lac Majeur.
Pour découvrir ce film qui a été adressé gratuitement à tous les lycées français :

- une présentation du DVD par Patrick Le Provost, chargé de mission au CNDP
- un extrait vidéo du DVD
pour modem 56K (1 108 ko)
pour ADSL (9 261 ko)

L’Europe - une aventure de paix
Un ouvrage du CRDP de Grenoble.

Transportons-nous en imagination sur un plateau de la télévision du service public, dans un de ces studios où un animateur pressé accable de questions un quarteron de candidats stressés : « Attention, à vos marques... prêts... ? Je suis un continent, une entité politique, un objet de débat, le champ de 600 grandes batailles livrées depuis 1740, une construction en perpétuel devenir, une union monétaire – ou presque –, un vaste ensemble de 450 millions d’habitants, un marché d’autant de consommateurs, une chance pour la paix… je suis… ? je suis… l’Europe ! » L’Europe, sujet de controverse et d’inquiétudes, laboratoire d’une formidable expérience démocratique, immense espace ouvert à l’espoir et se substituant enfin à la géographie des cimetières militaires et des statistiques funèbres auxquelles nous avait habitués le XXe siècle dont nous sortons à peine. C’est cette Europe que présente L’Europe - une aventure de paix, à travers dix ateliers pédagogiques où pourront s’exercer la curiosité et la sagacité des élèves de collège, les futurs citoyens de cette Europe en constant devenir, une Europe qui se devra, dans l’avenir, d’être l’affaire de tous.

Extraits de l’ouvrage :
Le sommaire (PDF, 33 ko)
Atelier 3 - la déclaration Schuman (PDF, 1 187 ko)
L’élargissement de l’Europe

Le numéro 873 de la revue TDC : un numéro qui, datant d’avril 2004, présente une étape de la construction de l'Europe.

Télé-Langues : La protection de l'environnement en Europe

Télé-Langues, la revue audiovisuelle des langues et des cultures du SCÉRÉN-CRDP de Bourgogne, est, depuis sa création en 1989, à l’heure de l’Europe : elle œuvre délibérément pour le plurilinguisme, puisqu’elle paraît en allemand, anglais, espagnol et italien (un numéro spécial portugais vient de compléter l'éventail des langues).
Cette revue propose chaque trimestre séparément aux collèges et aux lycées 30 minutes de vidéo, comprenant une douzaine de courts documents authentiques relatifs à l’actualité, aux faits de société et à la culture des pays concernés.
Un livret d’accompagnement complet (scripts, pistes d’exploitation, fiches d’activités pour l’élève avec leurs corrigés) facilite le travail des enseignants.

L'environnement est un des domaines où l'Union européenne est particulièrement active. Elle établit des règles communes, par exemple contre la pollution atmosphérique, pour le traitement des eaux usées urbaines, la gestion des déchets, la diminution du niveau sonore des véhicules. Des aides financières sont apportées aux collectivités locales et aux entreprises pour appliquer ces normes.
Neuf séquences illustrent des initiatives allemandes, britanniques, espagnoles, italiennes et portugaises. Voici des extraits des livrets pédagogiques d'accompagnement avec scripts (pour des raisons de droits, les extraits vidéo ne peuvent être fournis en ligne) :
Allemand
Un moyen de transport collectif écologique : Das Geccomobil
Fiche pédagogique (PDF, 139 ko)
Allemand collège n° 3

Le recyclage des déchets : Der Gelbe Sack
Fiche pédagogique (PDF, 158 ko)
Allemand lycée n° 4, séquence 9 
Anglais
Les voitures hybrides : Green machines
Fiche pédagogique (PDF, 175 ko)
Anglais collège n° 4, séquence 7

Le co-voiturage : Car share
Fiche pédagogique (PDF, 141 ko)
Anglais lycée n° 1, séquence 3
Espagnol
Le recyclage des voitures : El reciclaje de los coches
Fiche pédagogique (PDF, 160 ko)
Espagnol collège n° 5, séquence 7 

Économisons l'eau : Gota a gota se hace el río
Fiche pédagogique (PDF, 134 ko)
Espagnol lycée n° 4, séquence 4
Italien
La motocyclette écologique : Il motorino ecologico
Fiche pédagogique (PDF, 126 ko)
Italien collège n° 4, séquence 4

Protection de la faune en danger : La salvaguardia dell'ambiente
Fiche pédagogique (PDF, 151 ko)
Italien lycée n° 5, séquence 9
Portugais
Les incendies de forêts : Incêndios
Fiche pédagogique (PDF, 162 ko)
Portugais lycée, séquence 21
Toutes les langues
Toutes les cassettes Télé-langues dans la Cyberlibrairie
Projet
Le Portfolio européen des langues 
Le premier Portfolio européen des langues destiné aux lycéens a été publié en 2001 par le CRDP de Basse-Normandie et les éditions Didier. Depuis cette date, il y a eu beaucoup d'évolutions dans le domaine de l'enseignement des langues et il est donc actuellement en cours de refonte complète. Conçu comme un carnet de bord personnel, il favorise la promotion du plurilinguisme, le développement de l’aptitude à l’auto-positionnement et l’encouragement des initiatives individuelles par la valorisation des compétences et expériences, même limitées, dans différentes langues étrangères.
Pour découvrir le nouveau Portfolio :

- une présentation du projet, par Marianne Viel, responsable éditoriale du CRDP de Basse-Normandie 
- des détails sur l'évolution des contenus par Wolf Halberstadt, IA-IPR d'allemand, Versailles

- Quelques pages de la maquette en cours d’élaboration (PDF, 755 ko)



eTwinning
Tice et Europe : eTwinning
Tout le monde a entendu parler de l'action européenne eTwinning en France. Programmée sur trois ans, cette opération de jumelage électronique d’établissements scolaires des premier et second degrés vise à intégrer efficacement les technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les systèmes éducatifs européens. Aujourd'hui, où en est cette action ? La coopération entre écoles et établissements scolaires dans un projet pédagogique est-elle efficace ? L'usage des TIC se répand-il ?

Pour découvrir ou redécouvrir eTwinning :

- les explications du responsable du Bureau d’assistance national, Pierre Auboiron
- l'expérience de deux professeurs de langues
- l'expérience de deux professeurs de mathématiques :
Véronique Guillemot et Anne Ruhlmann
- le point de vue du proviseur adjoint du lycée de Vitry-sur-Seine
- le point de vue du coordonnateur pédagogique du Casnav de Paris

- un guide de l'utilisateur


lesite.tv

Tous les quinze jours, des séquences en six langues (allemand, anglais, espagnol, français, italien, portugais), accompagnées de fiches pédagogiques, sont proposées dans « Parlez-vous européen ? », une des rubriques du magazine de lesite.tv (accessible aux établissements abonnés).
www.lesite.tv/
Pour vous permettre de découvrir ce service à l'occasion de la Journée de l'Europe, un sujet vous est proposé en accès gratuit.
Son thème : Erasmus, sans doute le plus connu des programmes d'échanges communautaires. Pour autant, il n'est pas le seul : d'autres possibilités existent pour étudier et se former en Europe. Exemples dans ce reportage d'EuroNews...

Voir le sujet vidéo (Windows Media Player) :
  • allemand (11 816 ko)
  • anglais (12 090 ko)
  • espagnol (11 902 ko)
  • français (12 129 ko)
  • italien (11 840 ko)
  • portugais (11 879 ko)

Télécharger la fiche d'accompagnement pédagogique au format PDF :
  • allemand (206 ko)
  • anglais (316 ko)
  • espagnol (252 ko)
  • français (345 ko)
  • italien (289 ko)
  • portugais (263 ko)

Hors réseau
Mouvement européen

Le Mouvement Européen-France est la branche française du Mouvement Européen International, présent dans tous les pays du continent européen. Cette association non partisane, indépendante des gouvernements et des institutions communautaires, regroupe des individus et des associations et œuvre depuis plus de 50 ans dans le champ européen. Son histoire et son implantation le placent au premier rang des acteurs associatifs de terrain susceptibles d’expliquer l’Europe aux jeunes et aux moins jeunes. Pour la Journée de l'Europe, le Mouvement Européen-France a conçu les quatre affiches, les fiches d'information et les trois quiz qui ont été envoyés à tous les établissements. Les voici, téléchargeables librement :
Fiche citoyenneté (PDF, 688 ko)
Fiche jeunes (PDF, 762 ko)
Les quiz :
- niveau débutant (PDF, 684 ko)
- niveau moyen (PDF, 659 ko)
- niveau avancé (PDF, 659 ko)
Les réponses au quiz :
- niveau débutant (PDF, 120 ko)
- niveau moyen (PDF, 108 ko)
- niveau avancé (PDF, 108 ko)

Et pour plus d’informations, le site du Mouvement Européen-France.
www.mouvement-europeen.org/


Trans'Europe Centre

Trans’Europe Centre est un dispositif original : la Région Centre aide les projets de déplacements pédagogiques d’une durée de 5 jours consécutifs en Europe pour les lycéens. Toutes les catégories de lycées sont concernées : les lycées agricoles, les lycées d’enseignement général et technique et les lycées professionnels.

Pour découvrir le dispositif :

- une présentation détaillée par Marie-Héléna Taquet, DARIC Orléans

- la plaquette (PDF, 354 ko)
Sitographie
Institutions

La journée de l’Europe
Sur le portail de l’Union Européenne : les origines de la Journée de l'Europe, la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950 et une galerie d'affiches de la journée de l'Europe.
http://europa.eu.int/

Le site d’information sur l’Europe
La Journée de l'Europe est fêtée le 9 mai dans tous les pays de l'Union européenne. Chaque année les associations, les écoles et les citoyens se mobilisent.
www.europe.gouv.fr/

EURYDICE, le réseau d'information sur l'éducation en Europe
Les publications sont disponibles sur papier (envoi gratuit sur demande) et sur le site internet.
www.eurydice.org/
Références pour les enseignants
L'euro pour l'Europe 
Un de nos dossiers, sous forme de questions-réponses, qui retrace l'histoire de la construction de l'Europe monétaire.

Strasbourg, métropole européenne
Après avoir rappelé les critères et les fonctions qui distinguent les métropoles, ce dossier Thém@doc analyse la dimension nationale et européenne de Strasbourg.
www.crdp-strasbourg.fr/

Les journées de l’Europe
Un dossier complet sur le site du CRDP de Bourgogne
http://crdp.ac-dijon.fr/

Passeport jeunes (PDF, 4 120 ko) 
Ce livret-guide présente l’Europe aux jeunes : une version imprimable est disponible en ligne au format pdf.
http://europedebat.ornis.net/
Activités avec élèves
Printemps de l'Europe
« Débattons de notre avenir » : les établissements scolaires sont invités à participer au Printemps de l'Europe en s’inscrivant sur le site ; événements et débats peuvent être organisés le 9 mai 2006.
www.printempseurope2006.org/

Un jeu de rôle interactif : « Décider pour l'Europe »
Il s’agit d’une version améliorée du jeu de rôle interactif mis sur pied pour le Printemps de l’Europe 2005. Elle permet aux élèves d’en apprendre plus sur les procédures de décision dans l’UE et l’impact de ces décisions sur le quotidien des citoyens européens.
http://decide4europe.eun.org/

La charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne : questionnaire
Dans ses pages Apprendre l’Europe, le CRDP des Pays de la Loire propose un questionnaire pour les 4e, 3e et les lycées.
www.crdp-nantes.cndp.fr/
À propos
Ce dossier présente un ensemble de documents et de références autour de l’Europe, notamment dans une perspective transdisciplinaire. Il a pour but d'accompagner l'envoi de kits pédagogiques du ministère de l’Éducation nationale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et d'aider les enseignants à concevoir et à organiser différents types d'activités à l'occasion de la Journée de l’Europe (9 mai 2006).

Directeur de publication
Patrick Dion, directeur général du CNDP

Ce dossier a été conçu et réalisé par le réseau SCÉRÉN : le CNDP, en collaboration avec les CRDP d'Aquitaine, de Basse-Normandie, de Bourgogne, de Grenoble et des Pays de la Loire.

Entretiens
Claude Renucci, chargée de mission langues vivantes au CNDP

Remerciements
Jean-Louis Nembrini (conseiller du ministre de l'Éducation nationale et IGEN)
François Decoster (conseiller diplomatique en charge de l’international au ministère de l'Éducation nationale)
Gisèle Dessieux (IGEN)

Claude Beaudouin, coordonnateur pédagogique du Casnav de Paris
Claire Bertrand et Nelly Mok (professeurs, Versailles)
Dominique Chandesris, proviseur (Vitry)
Véronique Guillemot et Anne Ruhlmann (professeurs, Rennes)
Wolf Halberstadt (IA-IPR, Versailles)
Maryse Labroille (IEN EG, Bordeaux)
Gérard Links (DRIC) 
Anne-Marie Mogan, proviseur (Mauléon)
Marie-Héléna Taquet (DARIC Orléans-Tours)
Héloïse Tarraud, secrétaire générale adjointe du Mouvement européen

Conception et réalisation : Marie-Line Périllat-Mercerot et
Claude Renucci
Sélection des séquences vidéo : Hervé Pernot
Intégration : Marion Audoubert
Secrétariat de rédaction : Pascale Langlois
Documents
Rencontre avec Françoise Robert
L'Europe ensemble

Françoise Robert est responsable éditoriale du CRDP des Pays de la Loire et chef de projet du projet Lingua, « L’Europe ensemble ».

Pouvez-vous présenter le contexte dans lequel s’inscrit ce projet ?
La volonté des huit partenaires européens du projet Lingua 2 « L’Europe ensemble » est de favoriser la diversité linguistique au sein de l’Union européenne et de contribuer à l’apprentissage d’une langue usuelle de communication immédiatement opérationnelle.
Ce projet est la suite naturelle du projet Lingua Transfer(www.crdp-nantes.fr/) pour l’enseignement précoce des langues auquel le CRDP des Pays de la Loire a activement participé.
Notre approche interculturelle s’effectue en abordant des domaines variés qui correspondent au champ d’expérience et aux centres d’intérêt du public ciblé : les 11-15 ans et les niveaux d’apprentissage proposés sont en cohérence avec le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Dans « L’Europe ensemble », des situations authentiques, faisant appel à des supports culturels et civilisationnels fonctionnels, forment le socle des acquisitions linguistiques : plus que des thématiques, nous offrons des « projets de communication ». En effet, la construction du citoyen européen ne peut se limiter à des connaissances juxtaposées, fussent-elles historiques, géographiques, sociologiques, etc.
Vous vous adressez donc au public scolaire de 11 à 15 ans ?
Oui, bien sûr, mais aussi à un plus large public. Nous nous adressons notamment à ceux qui n’ont pas accès à l’enseignement traditionnel, ou qui ont échoué avec les méthodes classiques d’enseignement des langues ; à ceux qui ont oublié la langue qu’ils avaient commencé à apprendre ou qui désirent démarrer l’apprentissage d’une nouvelle langue ou le consolider. Autant de publics auxquels nous allons permettre d’acquérir des connaissances et compétences linguistiques durables qu’ils pourront réinvestir tout au long de leur vie. 

Ainsi nous voulons contribuer à l’égalité des chances et à la réduction des inégalités, l’éducation étant la meilleure assurance pour lutter contre l’isolement et gommer les différences, pour une intégration et une socialisation réussies.
Enfin n’oublions pas qu’avec la généralisation de l’enseignement des langues étrangères à l’école primaire, le niveau 1 de notre projet, qui correspond au niveau A1 du CECRL, revêt un intérêt particulier pour les élèves de cycle 3.

Quels supports seront à disposition dans « L’Europe ensemble » ?
Le projet concerne huit langues européennes : allemand, anglais, espagnol, français, italien, portugais, roumain et suédois. Il comporte un site multilingue d’apprentissage et, pour chaque langue, un guide pédagogique imprimé accompagné d’un CD audio.

Tout d’abord, le site : d’accès gratuit, il est conçu pour un usage individuel en autoformation. Le niveau 1 (A1) mettra en synergie les huit langues du projet à travers treize thèmes courants de la vie d’un « voyageur européen » pour un parcours de découverte des langues et des cultures.
Les niveaux 2 et 3 (A2 et seuil de B1) sont destinés à l’approfondissement. Le site propose des « documents authentiques » : supports écrits, audio et iconographiques (images fixes et/ou courtes vidéos) articulés à des activités interactives d’imprégnation, d’entraînement et d’auto-évaluation. À chaque niveau, la dimension européenne est présente.

Pourquoi un site ?
Je préférerais commencer par expliquer pourquoi pas un cédérom : parce qu’une fois édité, sa technologie n’évolue plus, ce qui peut le rendre très vite inexploitable et obsolète, compte tenu de l'évolution rapide des TIC. Au contraire, un site peut être régulièrement actualisé et enrichi. Cette édition électronique en ligne, non exploitée dans le projet « Transfer », assurera à « L’Europe ensemble » innovation, évolutivité et impact élargi. Sa facilité d’accès, sa convivialité, son aspect ludique et son interactivité seront un atout pour le développement de l’usage des TIC. D'autre part, le site est le seul support qui permet des échanges dynamiques et des activités d’intercompréhension entre les langues.

Quels sont les objectifs des deux autres outils, le guide pédagogique et le CD audio ?
Le guide pédagogique (un support écrit pour chacune des huit langues) est l’outil de l’enseignant, du formateur et de l’assistant de langue. Chaque guide se compose d’une introduction présentant la démarche et proposant des conseils pédagogiques, de six chapitres (modules de formation) organisés selon la même logique thématique que le site. Dans chaque chapitre, on trouve trois séquences (une par niveau de langue) qui, elles-mêmes, permettent la mise en œuvre de nombreuses séances ou leçons.
Le CD audio apporte quant à lui le son, si essentiel dès lors qu’il s’agit de langues, sous forme de chansons, de dialogues, de sketches, d'extraits narratifs, d'interviews, de karaokés…

Quel est le mode d'apprentissage proposé ?
Nous sommes dans une logique d’approche actionnelle, où la compétence linguistique acquise doit permettre la réalisation de tâches dans la langue d’apprentissage : l’apprenant doit pouvoir associer le dire et le faire. Ainsi, nous lui fournissons un outil qui l’aidera dans son projet personnel de formation et permettra son accès à l’autonomie.

L’édition en ligne d’outils de formation fournit en outre à chacun une « entrée » adaptée à son niveau d’utilisation et à son besoin, c’est le média de l’autoformation et de l’auto-évaluation. Le guide pédagogique et le CD audio sont plutôt destinés à un usage collectif dans le cadre scolaire ou associatif. Les assistants de langue, enseignants ou formateurs, quel que soit l’établissement ou la structure dans laquelle ils exercent, y trouveront un moyen pertinent pour aborder les langues de manière dynamique et attractive, dans le cadre de travaux de groupes le plus souvent.
Cet ensemble trouve naturellement sa place à côté et en complément des manuels scolaires.

À vous entendre, on a très envie d'explorer le site : quels sont les délais pour sa mise en œuvre ?
Une première maquette du site (niveau 1) est déjà en ligne et en cours d’expérimentation autour du premier thème : l’arrivée à Parme d’un jeune français ou d’un jeune anglais. Les retours sont très encourageants.
(http://crdp44.free.fr /)
Nous espérons mettre en ligne les douze autres thèmes du niveau 1 en juillet prochain, chacun dans une langue dans un premier temps puis, progressivement, amener ce niveau à sa version définitive  pour décembre 2006. Les niveaux 2 et 3 seront conçus et intégrés courant 2007.
Les guides pédagogiques sont en cours d’écriture et de mise en pages. Les premiers enregistrements de CD audio ont été réalisés début mars. Nous espérons tenir le pari de livrer le projet terminé fin septembre 2007 !

Pour conclure, quelques mots sur la culture européenne que vous souhaitez transmettre...
Notre projet a un double objectif de ce point de vue : d'une part contribuer à attiser la curiosité chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte européens, puis développer l’intérêt pour l’autre, pour sa langue et sa culture. Grâce à la manière concrète, interactive et ludique par laquelle il aborde facilement une langue qu’il connaît peu ou pas du tout, l’utilisateur sera motivé pour aller vers d’autres langues et cultures européennes. D’autre part, nous espérons que notre projet contribuera à faire percevoir ce qui différencie les cultures et ce qui les rapproche, et ainsi à lutter contre le racisme et la xénophobie, sentiments générés par la peur de ce que l’on ne connaît pas, des langues et des cultures dont on n’a pas eu l’opportunité de s’imprégner. Nous avons la volonté, enfin, grâce à « L'Europe ensemble », de participer à l’éducation à la tolérance et au développement de l’esprit civique par le contact avec l’altérité, à l’image de l’esprit magnifique qui anime l’équipe transnationale du projet.

Rencontre avec Michel Chaumet
Projets européens : guide pratique

Michel Chaumet présente Monter un projet européen en lycée professionnel, un guide pratique, premier ouvrage d’une série dont l’objectif est d’aider les enseignants dans la mise en place de leurs projets.

Tout d’abord, pouvez-vous décrire cet ouvrage ?
Je tiens tout d’abord à dire que j’ai pris la direction du CRDP d’Aquitaine en septembre 2005, alors que l’ouvrage était déjà très avancé. J’ai donc eu le plaisir de découvrir un projet très porteur, à l’édition duquel nous avons porté une attention toute particulière dans les dernières semaines. C’est un ouvrage simple, un guide pratique, comme l’indique son sous-titre, dont l’objectif est de faciliter les projets européens.

Quelle en est l’organisation ?
Une mise en pages très soignée et un code couleur séparent nettement trois parties. La première partie expose la démarche d’un projet européen, avec de nombreux témoignages d’établissements. Puis, une deuxième partie propose neuf fiches qui accompagnent le lecteur, étape par étape, dans le montage de son projet : informations pratiques, conseils, ressources. J’ajoute, en ce qui concerne les ressources, que des données actualisées et des outils sont consultables en ligne. Enfin, la troisième partie suggère quelques pistes de réflexion supplémentaires sur la définition et l’évaluation des actions.
www.socrates-leonardo.fr/

Comment le travail a-t-il été mené ?
Cet ouvrage est d’abord le fruit d’un riche partenariat établi entre l’agence Socrates-Leonardo da Vinci, basée à Bordeaux, et le CRDP d’Aquitaine. La proximité entre les deux établissements a bien entendu joué un rôle dans l’aboutissement de ce premier ouvrage, et nous avons pu tisser des liens durables avec l’agence. La réalisation doit également beaucoup aux inspecteurs de l’académie et aux enseignants des nombreux lycées professionnels concernés par l’expérience de projets européens.
Si l’on veut construire l’Europe, il est essentiel de proposer des programmes et des projets qui fassent se rencontrer des êtres humains, et notamment des jeunes. En s’associant à la réalisation de ce guide pratique, le CRDP espère avoir contribué à aider tous ceux qui souhaitent s’engager dans une démarche de ce type.

Et pour l’avenir ?
Il est important d’avoir commencé par les lycées professionnels, qui sont très demandeurs en matière de stages et de mobilité professionnelle. L’ouverture que suscitent les projets européens y est de nature à motiver les élèves.
Pour autant, l’agence Socrates et le CRDP ne vont pas s’arrêter là : nous sommes au travail sur le prochain volume de ce qui va devenir une série consacrée aux projets européens. Ce volume concernera les collèges.
Nous faisons également évoluer légèrement la série : en effet, pour le premier volume, les exemples ont été limités aux lycées de notre académie, car nous avions besoin de réfléchir à la structure de l’ouvrage. Maintenant que nous avons trouvé un cadre, nous allons aller chercher des exemples plus loin, car nous souhaitons que ces ouvrages aient une audience nationale.
Ce qui nous anime, c’est la volonté de faire des ouvrages utiles à tous ceux – et ils sont de plus en plus nombreux dans l’Éducation nationale – qui veulent s’engager dans des projets européens.
Rencontre avec Anne-Marie Mogan
Des Pyrénées à l'Europe

Anne-Marie Mogan est le proviseur du lycée Jean-Pierre-Champo, à Mauléon (33). Depuis son petit coin perdu de montagne, ancienne capitale des Pataugas, resté le pays de l’espadrille, elle nous explique non sans humour comment se développent les projets européens autour des stages en entreprise à l’étranger.

Quel type de projet européen montez-vous au lycée Jean-Pierre-Champo ?
Il n’y a pas un type de programme, mais plusieurs ! Depuis 1992, le programme Lingua a permis à 45 élèves de partir en stages linguistiques professionnels (jumelage avec l’Escuela tecnica industrial et l’Instituto politecnico de renteria en Espagne). Il y a d’autre part les programmes Leonardo da Vinci, dont 434 élèves ont bénéficié en espagnol et en anglais : Cork en Irlande devient notre lieu de rencontres (europass mobilité…). Citons également les bourses ADAST pour des stages longs de neuf mois après le bac professionnel, une expérience en Pologne ; nous poursuivons au Portugal. Le label européen 2003 pour ALETEO (Accès à la langue espagnole technique opérationnelle avec l'élaboration d'un manuel de formation et d'auto-formation dans le domaine de la maintenance des véhicules) valide notre investissement. Le lycée a enfin accueilli un assistant dans le cadre de Comenius.


Pouvez-vous décrire le contexte du lycée que vous dirigez ?
Nous sommes très enclavés : l’Espagne est de l’autre côté de la montagne, l’Irlande et le Portugal sont à quelques heures d’avion. Mais pour aller à Bordeaux ou Toulouse, il nous faut prévoir six heures de route, pour parfois deux heures de réunion ! Les transports collectifs, inadaptés à nos projets, deviennent notre casse-tête permanent. Pour accéder à la culture, nous utilisons de préférence l’Internet, les musées itinérants et les DVD.

Qui sont vos élèves ?
Nos élèves veulent vivre et travailler au pays ; ce recrutement académique (on prend un dossier sur trois) nous oblige à abriter 80 % des élèves en internat, et à jongler avec les dossiers de surendettement toujours plus nombreux.

Les élèves baignent dans leur ruralité et leur culture folklorique ; peu mobiles, ils rencontrent au lycée professionnel les jeunes des cités des ZUP de notre académie, ou les enfants d’artisans, des catégories sociales qui ont perdu leurs repères. La plupart du temps, ils n’aiment pas l’école : ils sont passionnés de mécanique, de moto, d’engins, ils veulent devenir conducteurs (championnat de France de labours, mécaniciens de paddocks au Mans, « enduro »). Très rationnels, ils n’acceptent que ce qui peut leur servir pour leur métier. Mais, comme avec notre localisation « enclavée », nous avons décidé de faire des atouts de ces contraintes, et de le faire savoir au travers de projets européens.

« Quid » de l’équipe pédagogique ? Est-elle nombreuse ?
Les projets pédagogiques s’inscrivent dans la durée et dans la fidélité. Ils doivent être acceptés par tous pour en surmonter les difficultés ensemble, quelle que soit la fonction de chacun. Ils sont essentiellement l’œuvre de Françoise et Emmanuel Levée : depuis seize ans, les chefs d’établissement se sont succédé avec plus ou moins d’investissement ; les bons projets ne sont pas altérés par ces changements et trouvent toujours des défenseurs chez les élèves, actuels et anciens, chez les parents, chez les élus (nous préparons des jumelages !) et au sein des entreprises. D’ailleurs, nos élèves obtiennent à l’examen en moyenne 3 points de plus que la moyenne nationale, et ne passent pas par la case Assedic !

L’équipe pédagogique associe des anciens, bien ancrés dans notre région, la Soule, qui sont habitués à relever des défis, et les jeunes contractuels venus pour un an, qui trouvent leur place, passent les concours et s’installent finalement ici.

Pourriez-vous préciser quel doit être, selon vous, le rôle du chef d’établissement ?
Il n’est pas l’auteur du projet mais il fait partie de la cheville artisane : il doit s’en imprégner, pour en connaître l’esprit moteur, les axes et les objectifs recherchés. Mais il ne doit en aucun cas se l’accaparer pour un succès quelconque.
Nous utilisons l’analyse systémique, qui devient un outil intéressant pour le groupe action, qui nous aide à réagir, à anticiper, et qui garantit une bonne écoute et des clignotants révélateurs afin d’éviter des périodes de crise. Il me semble que le style de management idéal ici est celui de la délégation par projet dans un climat de transparence, car la confiance est indispensable.
Le chef d’établissement est un élément facilitateur, par exemple pour les autorisations administratives, pour l’adaptation souple des emplois du temps, qui doivent en lycée professionnel harmoniser atelier et matières générales. Il privilégie certains critères dans les plannings en passant par la pré-rentrée et les périodes de stages : par exemple, prévoir l’équipe pédagogique dans la répartition des services d’enseignement, le calendrier des stages qui conjugue nos contraintes et celles du pays d’accueil, etc.
Il s’agit également de distribuer les espaces et les heures : le CDI est considéré comme le poumon de l’établissement, et le laboratoire de langues, son cœur. Les langues se lient et se délient, favorisant la communication. Il faut des heures de maintenance affectées à un enseignant pour les TICE, afin de créer et faire vivre l’espace langues et Internet. Les TICE sont les réponses à notre éloignement et le lien avec les élèves en stages. Grâce à une répartition plus fine de la DGH, nous avons eu la possibilité d’accueillir une PLP d'espagnol, pour permettre la pérennité du projet. Enfin, nous mutualisons nos moyens : les PPCP permettent une meilleure répartition des coûts pédagogiques et la rémunération et la reconnaissance de l’équipe.

Vous semblez être très investie ! Vos fonctions vous en laissent-elles le temps ?
Il est certain qu’il faut être disponible, la porte et le portable ouverts, pour écouter selon le degré d’urgence, être infatigable, mobile et prêt à réagir. Je vous invite à vous joindre à l’équipe de direction un week-end au milieu du mois de juin, lorsque nous allons à Tudela voir les élèves en stage (ce qui permet à l’équipe de garde d’être remplacée) ! Cela nous associe aux premières impressions de ces élèves, mineurs, qui ne sont jamais sortis de chez eux.

Plus sérieusement, nous avons également un rôle fondamental dans la recherche de moyens : il faut convaincre les collectivités territoriales et les entreprises, savoir argumenter pour recevoir des subventions, la taxe d’entreprise, fidéliser les entreprises partenaires. Le conseil d’administration trouve là tout son sens, pour les autorisations de signatures de conventions, les lignes budgétaires pour la communication, le vote du projet d’établissement. Il faut aussi harmoniser les dépenses, connaître la législation (véhicules du lycée, assurances : les élèves circulent pendant les jours fériés par exemple !) Le statut de chef d’établissement permet aussi de pouvoir poser les questions pertinentes ou impertinentes aux services juridiques ou aux inspecteurs pédagogiques pour résoudre les problèmes matériels.
 
Quel bilan tireriez-vous de ces projets européens ?
Nous faisons évoluer la carte des formations pour favoriser l’emploi : nous avons aussi créé un observatoire pyrénéen des métiers de la montagne pour raisonner en terme de massif transfrontalier afin de transformer des pluri-actifs en pluri-qualifiés. C’est une véritable alternance à l’emploi européen pour trouver un métier tout au long de la vie. Ne s’agit-il pas de la réponse moderne aux soucis d’antan des hirondelles, ces femmes espagnoles qui traversaient les Pyrénées pour venir fabriquer des espadrilles à Mauléon à la fin du XIXe et au début du XXe siècle ?
Mais un projet européen, c’est un esprit, une pédagogie tout entière : nous avons créé la Maison des arts appliqués, qui est managée par l’enseignant des arts. Nous associons la Maison des lycéens et les ATOS, pour des journées à thème comme la Saint-Patrick. Des agents ont aussi participé à des déplacements pour favoriser le climat au sein de l'établissement et développer notre culture européenne ! Nous recherchons la convivialité avec nos partenaires. Je révise mon espagnol, le chef des travaux évalue les connaissances d’anglais en cours de formation. Un petit clin d’œil qui permet à la communauté scolaire d’accepter ces nouvelles formes de pédagogie, en les intégrant entièrement à la formation professionnelle de l’excellence : ici, pas de place pour les bricoleurs !
Rencontre avec Maryse Labroille
Un moteur pour les formations professionnelles

Maryse Labroille, IEN-EG dans l'académie de Bordeaux, a coordonné les différents lycées ayant contribué à l'ouvrage Monter un projet européen en lycée professionnel, édité par le CRDP d'Aquitaine.

À quoi correspondent pour vous l'ouverture européenne et la conduite de projet ?
Il est évident que la culture de projet est déjà très présente dans les lycées professionnels. La conduite de projet permet de mettre en œuvre des stratégies qui diffèrent de celles de l'enseignement traditionnel et qui font intervenir aussi bien le travail d'équipe que la dynamique de groupe. Ce sont des éléments importants qui contribuent également à la socialisation des élèves. Lorsque les projets sont européens, c'est un plus !
On monte des projets européens pour différentes raisons : culturelles, linguistiques, citoyennes, ou encore professionnelles. Bien entendu, les projets décrits dans l'ouvrage présent sont à caractéristique professionnelle. La création d'un espace commun de l'éducation et de la formation représente un atout et un enjeu prioritaire pour la voie professionnelle. Quand, par exemple, les élèves partent en stage à l'étranger, ils découvrent d'autres manières de travailler, un autre système scolaire, ils échangent des processus de travail, des pratiques.
C'est aussi l'occasion d'une confrontation avec d'autres élèves sur des projets communs, ce qui garantit une émulation réciproque et l’échange entre les différents groupes des différents pays.

Le guide est-il un outil important à vos yeux ?
Oui, car il a pour but de fournir des repères pratiques et des conseils aux futurs chefs de projet. Le travail était passionnant, et je crois qu'il sera très utile aux collègues : en effet, nous avons choisi de montrer un projet dans son déroulement chronologique, ce qui a ensuite conditionné la maquette. D'autres ouvrages pourront maintenant être déclinés avec d'autres établissements scolaires. Il s'agit d'un guide pratique pour une équipe n'ayant pas l'expérience de ce type de projet. Il doit les aider à construire, puis à conduire et enfin à évaluer des projets européens.
De surcroît, le guide a été un catalyseur pour les équipes. C'est un aspect que nous n'avions pas véritablement anticipé : grâce au travail sur cet ouvrage, les équipes se sont fédérées.

Pouvez-vous donner des exemples de projets qui vous paraissent particulièrement intéressants pour les lycées professionnels ?
Je pense par exemple au lycée professionnel de Foulayronnes dans le Lot-et-Garonne qui a réalisé, lors des échanges, un DVD avec des jeunes Allemands. Les élèves ont échangé en anglais puisqu’il n’y avait pas de seconde langue dans cette section. Cette expérience me semble très intéressante, car les élèves ont utilisé une langue de « médiation » pour communiquer.
Un autre exemple : le lycée Nicolas-Brémontier de Bordeaux a construit un projet autour de la création de vêtements contemporains incluant des éléments de costumes traditionnels français, bulgares et italiens. Ainsi, par l'expérience professionnelle, c'est aussi l’accès à une culture européenne dont il est question. Au-delà des compétences professionnelles qui ont été développées, notamment avec tout ce qui relève du travail en équipe sur un projet aussi ambitieux, il faut souligner que les élèves ont découvert d'autres cultures. En ouvrant les portes à la culture de l'autre, ils prennent conscience des différences et des similitudes, de ce qu'est l'espace européen. Je crois que cela participe à l'éveil d'une conscience européenne, et aussi que cela favorise la mobilité : en effet, pour eux, l'idée de parcours professionnel prenant d'autres pays en compte devient possible.
L'ouverture sur l'Europe est donc un plus pour les formations professionnelles dont elle favorise la réussite, car elle valorise les élèves et soude la communauté éducative. C'est un moteur à plus d'un titre, et j'espère que le guide édité par le CRDP contribuera à aider ceux qui se sentent encore hésitants, et à déclencher des projets toujours plus nombreux.
Rencontre avec Patrick Le Provost
Recherche en lac Majeur

Patrick Le Provost est chargé de mission pour les enseignements scientifiques et techniques à la Direction de l'action éditoriale du CNDP. Il évoque le DVD Recherche en lac Majeur.

Pouvez-vous tout d'abord nous décrire le produit ? De quoi s'agit-il ?
Ce DVD comporte un documentaire qui met en scène de jeunes scientifiques de différentes nationalités travaillant au Centre commun de recherche situé en Italie sur les rives du lac Majeur ; il a été coproduit par le SCÉRÉN-CNDP et France 5, avec le soutien de la Commission européenne. La production de ce film avait été décidée dans le cadre du programme « Initiative chercheurs en Europe 2005 », mené par la Direction générale recherche de la Commission européenne. Ce film de 52 minutes a été diffusé deux fois sur France 5, en février et en mars, et adressé gratuitement à tous les lycées français.

Quel est son objectif ?
Son objectif principal est de stimuler l’intérêt des jeunes pour la science et les encourager ainsi à embrasser des carrières scientifiques en leur faisant connaître certains aspects de l'exercice des professions scientifiques. Il a aussi pour but de valoriser les perspectives de carrières européennes et mettre en exergue l’utilité d’une politique d’encouragement à la mobilité des chercheurs dans l’Espace européen de la recherche. Enfin, il veut faire évoluer les mentalités sur l’égalité des chances hommes/femmes, en soulignant la place des femmes dans la recherche et leurs perspectives de carrière.

À qui s'adresse-t-il ?
Il est destiné au grand public, d'où sa diffusion à l'antenne. Toutefois, il cible particulièrement les jeunes entre 15 et 18 ans, en stimulant leur intérêt pour la science et la recherche, via les « modèles de référence » qui sont offerts dans les divers portraits de personnalités attachantes, aptes à communiquer leur passion pour leur travail et pour la science. Le film met l’accent sur la diversité des profils de chercheurs – hommes et femmes, jeunes et plus expérimentés – mais aussi sur la diversité des situations, des lieux et des enjeux caractéristiques de leur métier. On découvre des domaines aussi variés que les nanotechnologies appliquées à la recherche médicale, la surveillance par satellite au service de la protection des ressources naturelles ou la prévention des risques sismiques. Cela contribue à « casser » l’image du chercheur cloisonné dans son laboratoire, ce qui est une bonne chose !
Devant l’inquiétude suscitée par la baisse sensible des orientations vers les études scientifiques, le réseau SCÉRÉN-CNDP a édité ces dernières années de nombreux outils visant à renforcer la motivation des élèves en cours de sciences, de l’école au lycée, notamment via la production de documents audiovisuels et de ressources en ligne. Il s'agit donc ici d'un outil supplémentaire : en complément de la science qui s’enseigne, la stimulation de l’intérêt des jeunes passe par une information sur la science « qui se fait » – c’est-à-dire telle qu’elle se pratique au quotidien dans les laboratoires – et sur le métier de chercheur. Les missions des chercheurs et de leurs équipes sont expliquées au public de façon claire et abordable par des non-spécialistes. Ainsi, le film apporte un éclairage concernant le rôle du chercheur au sein du projet et les retombées éventuelles de ses travaux. Le DVD montre aussi d'autres facettes du métier telles que l’échange d’idées avec les pairs et le travail sur le terrain.

Et l'Europe dans tout ça ?
La dimension européenne de l’activité des chercheurs, l'importance de leur mobilité – illustrée par des témoignages de chercheurs partis accomplir des missions hors de leur pays d’origine – et de leur coopération (équipes internationales) sont mises en évidence. En même temps qu'une meilleure visibilité du rôle des chercheurs, c'est donc aussi une sensibilisation à l’espace européen de la recherche, aux nouveaux États membres, aux réseaux et à la coopération internationale. En s’attachant à un lieu emblématique de la recherche européenne, le film donne à voir la vraie dimension internationale de leur travail dans la recherche aujourd’hui. L’importance de l’intégration européenne est illustrée par des équipes comprenant des chercheurs provenant de nouveaux États membres. L’idée que les ressources générées par les scientifiques permettent d’améliorer la compétitivité européenne est par ailleurs présente : c'est pourquoi ont été choisis des chercheurs travaillant dans des domaines qui concernent des enjeux sociétaux majeurs.
Rencontre avec Marianne Viel
Portfolio, nouvelle édition

Marianne Viel, responsable éditoriale du CRDP de Basse-Normandie, retrace l'aventure du premier Portfolio européen des langues et en annonce une nouvelle édition.

On parle beaucoup aujourd'hui du Portfolio européen des langues. De quoi s'agit-il ?
Le CRDP de Basse-Normandie et les éditions Didier ont été les premiers en France à concevoir un Portfolio européen des langues. Ce Portfolio, qui s'adressait aux jeunes (lycéens, étudiants) et aux jeunes adultes, avait été édité suite à une expérimentation et mise en œuvre par le ministère de l’Éducation nationale dans l’académie de Caen, entre 1998 et 2000. Il a ensuite été homologué en 2000 par le Conseil de l’Europe. Comme tous les portfolios européens des langues, il est conçu comme un carnet de bord personnel et comporte trois parties : la biographie langagière où chacun rend compte de son parcours de formation (enseignements reçus et auto-formation, séjour à l’étranger, etc.), le passeport, et le dossier.

Pourquoi une nouvelle édition ?
Depuis la publication de ce premier Portfolio, un second ouvrage s'adressant spécifiquement aux collégiens a été publié en 2003. Il a paru opportun d'en tenir compte. D'autre part, et surtout, les évolutions dans les domaines didactique, pédagogique et réglementaire facilitent aujourd’hui l’intégration de cet outil dans l’enseignement des langues vivantes. Les paliers du Cadre européen commun de référence pour les langues (PDF, 947 ko) (CECRL), publié en France en 2001, ont été intégrés dans les nouveaux programmes d’enseignement des langues vivantes. Tous les professeurs les connaissent de mieux en mieux et les utilisent de plus en plus. Leur fournir un outil rénové, qui les aide à prendre en compte les démarches d'auto-évaluation, est bien entendu une priorité. Enfin, la version existante du Portfolio avait un peu vieilli : tout le monde a pensé qu'un petit coup de jeune sur le plan graphique serait bienvenu !
www.culture2.coe.int/

Comment travaillez-vous ?
Comme toujours pour une publication, les auteurs élaborent les contenus tandis que les éditeurs se penchent sur la forme, les aspects graphiques. Mais il s'agit d'un travail en équipe : en effet, les délais sont très serrés, et nous avançons de concert. Les éditeurs et le maquettiste assistent aux réunions d'auteurs : cela nous permet de nous imprégner du contenu dès à présent ; nous pouvons également donner des idées de structuration, ou proposer des aménagements. Les essais de maquette (PDF, 755 ko) sont revus ensemble, discutés, et améliorés, en prenant en compte les remarques des uns et des autres quand elles peuvent l'être bien sûr, et ce jusqu'au dernier moment possible. Ensuite, le Portfolio va être testé auprès de plusieurs centaines d’élèves dans différentes académies, comme cela avait été le cas en 2001, afin de vérifier que ce qui est proposé fonctionne bien, que tout est compréhensible, etc. Nous prendrons le temps d'apporter les améliorations qui seront suggérées par les enseignants et les élèves qui auront pris part à l’expérimentation. Ensuite, jour J : le Portfolio sera soumis courant septembre à la validation du Conseil de l’Europe qui rendra un avis début novembre.

Quelles sont vos échéances ?
Il est toujours risqué d'annoncer une date, et je ne voudrais pas vendre la peau de l'ours ! Mais nous espérons tenir le planning que nous nous sommes fixé et pouvoir proposer ce nouveau Portfolio à Expolangues 2007, donc en tout début d'année 2007.
Rencontre avec Wolf Halberstadt
Un nouveau Portfolio pour le lycée

Wolf Halberstadt, inspecteur d’académie, inspecteur pédagogique régional (IA-IPR) d'allemand dans l'académie de Versailles, évoque le pourquoi et le comment du nouveau Portfolio européen des langues à paraître en 2007.

Pourquoi un nouveau Portfolio pour le lycée ?
Le premier Portfolio européen des langues, publié en France par le CRDP de Basse-Normandie et les éditions Didier, a été conçu et expérimenté dans le cadre de l’Éducation nationale et en concertation avec le Conseil de l’Europe, entre 1998 et 2000. Il était destiné aux lycéens ainsi qu’aux adultes. Homologué en 2000 et diffusé à partir de 2001, il avait besoin d'une actualisation ! En effet, il y a eu beaucoup d'évolutions dans le domaine de l'enseignement des langues depuis cette date. À l'école primaire, de nouveaux programmes en 2002 ; au lycée, de nouveaux programmes ont été mis en application progressivement : depuis la rentrée scolaire 2005, les derniers, ceux de la classe terminale sont en vigueur ; au collège enfin, le palier 1 sera introduit en septembre 2006, le palier 2 est en train d'être rédigé.
Bref, tous les domaines, qu'ils soient didactique, pédagogique ou réglementaire indiquent une rénovation de l'enseignement des langues vivantes. Il était donc logique que le Portfolio suive le mouvement.

Quel est le rapport entre le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) et le Portfolio ?
Le CECRL (PDF, 947 ko) a été publié en France en 2001 ; ses échelles de niveau (A1 à C2) ont servi de base à l’élaboration des descripteurs pour les cinq activités langagières du Portfolio. D'autre part, les paliers du cadre ont été intégrés dans les nouveaux programmes d’enseignement des langues vivantes. Aujourd'hui, les textes officiels fixent les objectifs d’apprentissage avec ces paliers : pour la fin de l’école primaire, niveau A1, pour la fin du collège A2 ou B1, et la fin du lycée, B1 ou B2. De plus, ces nouveaux programmes (école, collège, lycée) font fréquemment référence aux concepts du CECRL, par exemple dans les domaines de l’évaluation et l’auto-évaluation, du pilotage par la tâche, des compétences sociolinguistiques et pragmatiques, ou encore de l’autonomie de l’apprenant. De fait, le Portfolio, qui développe les capacités d'auto-évaluation et d'autonomie des élèves, s'inscrit parfaitement dans cette dynamique.
www.culture2.coe.int/

Quelle est l’approche privilégiée ?
D’abord le Portfolio permet à l’élève de faire le point sur ses compétences en langue. Mais il donne aussi l’occasion à l’élève de réfléchir à la découverte et aux contacts qu’il entretient avec les langues et les cultures qu’il rencontre à l’intérieur et à l’extérieur de l’école. Nous souhaitons également favoriser la réflexion des élèves sur l’utilisation qu'ils font des langues dans leur vie quotidienne, et leur indiquer les stratégies qu'ils déploient, ou peuvent déployer, dans des situations de médiation. Par exemple, lorsqu’ils renseignent quelqu’un qui ne comprend pas la langue, lorsqu’ils donnent une explication à un touriste dans la rue ou qu’ils expliquent un mode d’emploi à quelqu’un, ou encore qu’ils aident à faciliter la communication dans un groupe lors d’un échange ou d’une rencontre internationale.
Enfin, nous avons tenté de développer une approche interculturelle afin de faciliter le dialogue avec d’autres cultures.

Quelles modifications essentielles de contenus vont intervenir dans cette nouvelle édition ?
Aujourd'hui, tous les professeurs connaissent le Portfolio ou en ont entendu parler : la réception de l’outil pose moins de problème qu’auparavant. Toutefois, il s’est avéré nécessaire d’apporter certaines améliorations au Portfolio destiné aux lycées afin qu’il puisse pleinement jouer son rôle dans le cadre de la rénovation de l’enseignement des langues vivantes. Si la structure en trois parties (biographie langagière, passeport et dossier) a été conservée, bien sûr, puisqu'il s'agit du concept fondateur, il était nécessaire de refondre l'outil existant, en le ciblant davantage. Le nouveau Portfolio permettra de mieux répondre aux besoins spécifiques des jeunes entre 15 et 20 ans ; il sera ainsi susceptible d'aider les élèves à réfléchir à leurs stratégies d’apprentissage. Nous avons également voulu faciliter la compréhension par les élèves des descripteurs des niveaux de compétences en les accompagnant d’un ou de plusieurs exemples qui font référence à des activités fréquentes, qu'il s'agisse d'activités de classe ou de la vie quotidienne. Nous désirons aussi les inciter à mieux utiliser la partie « Dossier », les engager à y insérer leurs travaux personnels en liaison avec les thématiques traitées en classe. Nous avons établi des liens avec les différentes rubriques de la partie « Biographie langagière », ce qui devrait permettre de renforcer l’approche réflexive et de valoriser les parcours individuels.
Rencontre avec Pierre Auboiron
eTwinning, mesure phare du programme eLearning

Pierre Auboiron explique le projet eTwinning et le replace dans le cadre plus vaste du programme eLearning.

Vous êtes en charge du développement de l’action européenne eTwinning en France. De quoi s’agit-il ?
Il s’agit d’une vaste opération de jumelage électronique d’établissements scolaires des premier et second degrés en Europe. Programmée sur trois ans, elle est en quelque sorte la mesure phare du programme eLearning qui vise à intégrer efficacement les technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les systèmes éducatifs européens.
Les deux objectifs principaux en sont, d’une part, l’aide à la coopération entre écoles et établissements scolaires d’au moins deux pays membres dans un projet pédagogique, et d’autre part, la sensibilisation des acteurs éducatifs aux méthodes et pratiques d’échanges européens par les TIC à l’occasion d’ateliers académiques, nationaux et européens.

Quel rôle le CNDP joue-t-il exactement dans ce projet européen ?
Le CNDP est l’opérateur français de l’action eTwinning. Il travaille en étroite collaboration avec les vingt-quatre autres opérateurs nationaux et European Schoolnet (EUN) qui assure la coordination centrale du projet. Notre tâche première est d’identifier et de présenter des exemples français de travail collaboratif s’appuyant sur les TIC susceptibles d’inspirer de nouvelles collaborations européennes. Nous offrons également un « Bureau d’assistance national » dont les missions sont d’aider les écoles, collèges et lycées dans leur recherche de partenaires, de leur apporter l’aide méthodologique afin de réinvestir l’expérience acquise lors de cette opération dans d’autres projets européens débouchant sur des échanges de type Comenius.
Cette action est relayée sur tout le territoire grâce à l’implication de tout le réseau SCÉRÉN : les CRDP et CDDP relaient notre action aux niveaux régional et départemental et nous aident à organiser, deux fois par an, des regroupements académiques au cours desquels les porteurs de projet peuvent se rencontrer. Nous proposons également des interventions pour présenter l’action dans de nombreuses villes de France grâce au réseau SCÉRÉN.

Vous venez d’évoquer le programme Socrates/Comenius. Quelle différence existe-t-il entre ce programme et l’action eTwinning ?
Si l’esprit est le même, il existe cependant deux différences capitales. D’une part, pour participer à l’action eTwinning, un partenariat bilatéral est possible alors qu’un projet Comenius implique, forcément, au moins trois partenaires. D’autre part, les partenariats inscrits dans le cadre de l’eTwinning ne reçoivent aucune aide financière ; en contrepartie, ils sont accompagnés dans leurs projets par le Bureau d’assistance national. Nous espérons que les partenariats inscrits dans l’opération eTwinning donneront, par la suite, naissance à des projets Comenius.

Vous mettez l’accent sur la participation des professeurs. L’action eTwinning s’adresse-t-elle uniquement au corps enseignant ?
Non. Certes, tous les partenariats doivent s’appuyer sur un projet pédagogique impliquant les élèves. Mais l’objectif de la Commission européenne est de jeter les bases d’une véritable collaboration entre professeurs et établissements européens : un partenariat peut instaurer un échange entre deux professeurs ou équipes de professeurs, deux documentalistes, deux chefs d’établissement. C’est pourquoi nous incitons les chefs d’établissement et les documentalistes à participer activement à l’opération.
Les projets pédagogiques désirant recevoir le label eTwinning doivent impérativement s’appuyer sur une utilisation interactive et raisonnée des TIC tout en s’inscrivant dans le cadre des grandes orientations du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Au travers de l’usage des TIC, qui permettra de renforcer l’autonomie des élèves et des enseignants, cette opération représente pour les écoles et les établissements scolaires une opportunité d’acquérir et de développer, à l’échelle européenne, des pratiques d’échanges favorisant le dialogue interculturel, la pratique d’une citoyenneté européenne concrète et la prise de conscience d’un modèle de société européen multilingue et multiculturel.

Concrètement, que doivent faire les établissements désirant participer à l’eTwinning ?
Ils peuvent visiter le site Internet eTwinning(www.etwinning.fr/). Ils y trouveront de nombreuses informations, scénarios et idées pouvant les aider à structurer leur réflexion. Ce site est doté d’un premier outil permettant de trouver des partenaires pour un projet d’échange. Une fois les partenaires trouvés et les bases de l’échange définies, un autre outil permet d’enregistrer le partenariat, de recevoir le label eTwinning et de bénéficier d’un espace virtuel de travail. La mise en place d’un partenariat eTwinning offre une très grande flexibilité dans le choix des thèmes et disciplines impliqués, des objectifs pédagogiques, de la durée du projet (de un mois à plusieurs années), du calendrier, du niveau et du type de production finale.

Quels sont vos objectifs au niveau national ?
L’objectif de cette action est double. D’une part, il s’agit de familiariser les élèves européens au dialogue interculturel et de jeter ainsi les bases d’une véritable citoyenneté européenne. Il est important de faire comprendre aux jeunes générations que le plurilinguisme et l’extraordinaire diversité culturelle de l’Europe ne constituent pas un frein à son développement, mais au contraire en sont la plus grande richesse. D’autre part, il s’agit de développer les échanges entre établissements scolaires européens par le biais de projets pédagogiques intégrés aux programmes et offrant des ouvertures interdisciplinaires. Si l’intérêt de ce type de jumelage électronique paraît évident, voire naturel, dans l’apprentissage des langues, il est primordial de faire comprendre à tous les professeurs que ces pratiques sont transférables à toutes les disciplines. Les TIC jouent ici pleinement leur rôle d’outils de communication et facilitent le dialogue, le partage de ressources et la découverte d’autres cultures.
La Commission européenne a fixé comme objectif le jumelage de 35 000 établissements européens d’ici 2007. J’espère qu’à l’issue de ces trois années, les apports de eTwinning seront manifestes !

Contact etwinning.drt@cndp.fr
Rencontre avec Claire Bertrand et Nelly Mok
eTwinning : The European Touch
Claire Bertrand
Nelly Mok

Claire Bertrand et Nelly Mok, professeurs d'anglais au lycée Louis-Armand d'Eaubonne (95), expliquent ici leur trajectoire avec eTwinning.

Dans quel lycée travaillez-vous ?
Le lycée Louis-Armand est situé dans le Val d’Oise, à Eaubonne. C’est un lycée polyvalent qui abrite des sections générales et des sections professionnelles. Les sections générales y sont récentes, elles ont moins de dix ans. L’établissement est actuellement en cours de rénovation et les sections générales ont été déplacées sur un autre site, dans le (tout) petit village de Montlignon. D’où la nécessité de créer des projets qui fassent sortir les élèves de ce cadre très restreint !

Que représente eTwinning pour vous ?
L’action eTwinning contribue à construire une passerelle entre les pays d’Europe, au-delà des normalisations et harmonisations scolaires. Un projet eTwinning permet aux élèves de mieux apprécier les similitudes et les différences culturelles au sein de l'espace européen et d'appréhender la notion de citoyenneté européenne. C'est avant tout un cadre souple d’échanges et de communication interculturels, un jumelage plus linguistique et humain qu'électronique, une opportunité pour les élèves comme pour les enseignants de collaborer vers la réalisation d’un projet commun.
C'est aussi une façon de travailler totalement différente. Nous fonctionnons sous forme de club : les seize élèves de classes de 1re et de 2nde ont été recrutés sur leur motivation. Les rôles des élèves et des professeurs ont été redéfinis.

C'est l'occasion pour les élèves de faire appel à leurs ressources propres (connaissances et compétences scolaires comme extrascolaires) et de les mettre en œuvre sans la perpétuelle pression de l'évaluation. Pour les professeurs (nous sommes deux collègues professeurs d’anglais), il s'agit plutôt d'encadrer le groupe, de guider et de conseiller les élèves dans leurs démarches et actions, et non d'imposer des choix de thèmes, de supports, d'activités et de formats d'évaluation comme lors d'une séance de cours.

En quoi consiste exactement votre projet ?
L'idée de départ consistait à créer un magazine web pour ados, The European Touch, avec d'autres élèves européens. Le premier objectif est de publier trois numéros par an, avec des articles et reportages sur supports variés – de l'écrit mais aussi de la vidéo et des podcasts.

Le magazine comprendra un article phare par numéro, dont le thème permettra aux différents élèves partenaires de croiser leurs points de vue, d'enrichir leur réflexion des références culturelles de leur pays. Il y aura aussi quelques rubriques récurrentes plus « fun » (mode, culture et actualités, cuisine, courriers du cœur, humour, etc.) pour qu’ils échangent sur leurs préoccupations du moment, les choses qu'ils aiment au quotidien, ce qui les tracasse. Sont également prévus des affiches et des « flyers » pour promouvoir les numéros dans le lycée et les établissements voisins. Les élèves ont même repéré une station de radio qui pourrait les inviter pour parler de leur initiative. Dans un second temps, quand le projet sera bien avancé, nous voudrions partir à la rencontre de nos partenaires et organiser un voyage dans un pays d'Europe.

Quel bénéfice pensez-vous que les élèves puissent en tirer ?
C'est pour eux l'occasion de découvrir comment vivent et pensent d'autres citoyens européens de leur âge, et de mettre en avant leur propre culture et leur langue puisque le magazine sera publié en deux versions : anglaise et française.

Par ailleurs, ils réinvestissent concrètement et activement des savoirs et des compétences acquis en classe (utilisation de l'anglais dans un contexte de communication authentique, recours à leurs connaissances dans d'autres matières, comme l'histoire par exemple, pour traiter leurs différents sujets) ou en dehors de l'école (particulièrement concernant les TICE). Ils acquièrent aussi de nouvelles compétences, avec la création d'un site web, les démarches vers les imprimeurs, les institutions, les agences de voyage, etc. En réalité, l'occasion leur est fournie de réaliser des activités qui ont du sens : la langue étrangère, au lieu d'être envisagée comme un objet d'étude, est ici utilisée comme un réel outil de communication ; en outre, la pratique des TICE (courriels, logiciels de présentation et de création d'un site web avec des supports textes, audio et vidéo) est au cœur de l'échange et de la réalisation de la tâche finale.
Les élèves considèrent le club comme un foyer d'autonomisation, un espace où l'initiative individuelle ou collective est primordiale et fortement sollicitée. Ils sont contents de pouvoir s'émanciper d'un guidage parfois trop pesant.
La diversité des profils (les élèves ont été recrutés en fonction de leurs compétences linguistiques et/ou techniques, de leur dynamisme et de leur motivation) est un atout pour une collaboration fructueuse. Cette complémentarité a notamment contribué à la bonne entente et à la solidarité entre les membres de l'équipe.

Quel rôle particulier peut, à votre avis, jouer un chef d'établissement ?
Il est à nos yeux essentiel, car du chef d'établissement dépend la mise en œuvre et le bon fonctionnement du projet. C'est en effet à lui que revient le choix d'attribuer des heures aux enseignants, de mettre à la disposition du groupe certaines infrastructures du lycée (lieux et matériel) et d'autoriser une certaine marge de manœuvre dans les démarches des membres de l'équipe.
Une action eTwinning permet à l'établissement d'inscrire son projet dans une perspective d'ouverture à l'Europe, et ainsi de répondre aux attentes institutionnelles.
Enfin, comme nous l'avons dit plus haut, eTwinning offre un cadre souple pour l'élaboration de projets disciplinaires, interdisciplinaires et transculturels intégrés à la progression d'une classe dans une matière, ou développés au sein d'un club. Autant d'atouts que le chef d'établissement peut mettre en avant dans un discours visant à convaincre l'équipe pédagogique tout entière – et pas uniquement les professeurs de langue – de participer ou de mettre en place ce type de projet.

Justement, les autres collègues participent-ils ?
Il est à souhaiter que cette expérience, du fait de la motivation des professeurs comme des élèves, encourage d'autres collègues à tenter l'aventure avec leurs classes ou sous forme de club.

Les élèves du lycée auront ainsi l'image d'enseignants travaillant en équipe, éventuellement en interdisciplinarité –lutter contre le cloisonnement entre les matières – et dans une atmosphère conviviale. Ce serait leur montrer une représentation positive de la vie en communauté et souligner les bénéfices d'un travail en collaboration.

Cela a-t-il changé quelque chose dans votre vie de professeur ?
L'existence de tout un dispositif d'accompagnement des professeurs à l'élaboration d'un projet eTwinning (carnet de route, site, bureaux d'assistance européen et nationaux) peut rassurer l'enseignant, notamment l'enseignant débutant, et l'encourager à se lancer.
De plus, notre club nous a placées dans une nouvelle posture face aux élèves du groupe : les échanges ont lieu également à l'intérieur de l'équipe, que ce soit entre les élèves eux-mêmes ou entre les professeurs et les élèves. Là aussi, une situation de communication authentique s'est créée et le dialogue s'est instauré entre des gens d'origines sociales ou ethniques différentes. Le rapport professeur-élève a laissé place à un rapport adulte-adolescent fondé sur la confiance et le respect mutuels.
Étant professeurs d'anglais, nous sommes nous aussi heureuses de pouvoir faire utiliser la langue étrangère aux élèves dans sa fonction première, qui est de faire communiquer des personnes d'origines et de langues différentes entre elles.
Animer le club eTwinning, c'est pour nous, outre l'encadrement des élèves lors de nos séances, coordonner les échanges avec les partenaires étrangers : deux activités fondamentalement différentes du travail que nous effectuons quotidiennement. Nous rompons ainsi avec nos tâches récurrentes de professeur, et pour nous aussi, eTwinning est un nouveau souffle dans notre travail ! Notre motivation se nourrit également de l'enthousiasme des élèves.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
Nous avons rencontré quelques difficultés dans les contacts et échanges avec nos partenaires européens. En effet, il s'avère parfois difficile de s'entendre véritablement sur les attentes respectives et sur la planification du travail quant à l'élaboration du « produit final ».
Les élèves n’ont pas toujours les mêmes désirs dans les différents pays : par exemple, des élèves danois, qui paraissaient pourtant très désireux de communiquer, ne répondaient que de façon épisodique – voire pas du tout – aux courriels de nos élèves, qui étaient fort déçus de la situation. On s’est rendu compte à quel point la communication par voie électronique n'est pas toujours aisée et peut prêter à des malentendus entre élèves comme entre professeurs.

Comment pensez-vous faire évoluer votre projet à plus long terme ?
Un partenariat a été validé avec les Pays-Bas à notre retour d’un atelier eTwinning consacré aux professeurs de langue à la fin du mois de février. Nous avons commencé à travailler ensemble, notamment en utilisant un ENT (moodle) et l'espace de travail mis à notre disposition sur le portail eTwinning. Nous sommes aussi en contact avec des enseignants d'autres pays qui souhaiteraient rejoindre notre projet. Nous sommes chargées de coordonner les équipes partenaires. Par ailleurs, l'idée du magazine web a séduit des enseignants de collège qui ont décidé de créer une version 11-15 ans du même magazine. Notre collègue néerlandaise, qui travaille avec des élèves âgés de 11 à 18 ans, se charge de la coordination de la version collège du European Touch.
En collaboration avec le Bureau d’assistance nationale, nous voulons définir une démarche utile aux collègues qui souhaiteraient monter un projet eTwinning sous forme de « club » (implication du chef d'établissement, recrutement des élèves, fonctionnement, activités, relations avec les partenaires, etc.).
Nous souhaitons faire promouvoir l'action eTwinning par les élèves eux-mêmes. C'est un point qui nous tient particulièrement à cœur : les faire devenir de vrais « ambassadeurs » de l'action eTwinning dans le Val d'Oise, voire dans l'académie ? Pour leur faire investir pleinement ce rôle, nous pensons organiser un court séjour à Bruxelles (qui reste à confirmer), où les élèves pourraient rencontrer leurs homologues belges ainsi que des membres de la Commission et du Parlement européen. Ils partiront avec caméscopes, appareils photos numériques et baladeurs mp3 pour créer des reportages qu'ils pourront ensuite montrer et commenter dans les autres établissements.
Rencontre avec Véronique Guillemot
Un partenariat basé sur les sciences

Véronique Guillemot enseigne au lycée Joliot-Curie de Rennes. Elle expose sa découverte d’eTwinning et les deux expériences qu’elle a déjà menées.

Comment êtes-vous venue à eTwinning ?
Je crois que le contact s’est établi tout naturellement. En effet, le lycée Joliot-Curie a une section européenne, dont les disciplines non linguistiques sont physique-chimie et mathématiques. Dans le cadre de la section européenne, j’ai donc cherché des partenariats avec d’autres établissements scolaires, basés sur les sciences.

Pouvez-vous décrire le projet avec lequel vous vous êtes lancée ?
Au départ, je ne savais pas trop dans quelle direction aller, ni comment présenter un projet attrayant. Je voulais que les élèves jouent un rôle moteur dans son élaboration. J’ai lancé un texte d’appel à partenariat via eTwinning en juin 2005. C’est un collègue anglais de Liverpool qui m’a suggéré de travailler sur le thème des statistiques. Son idée était de bâtir une sorte de « portrait robot » d’un élève de 15-16 ans de part et d’autre de la Manche. Nous avons donc commencé à travailler en ce sens. Nous avons récolté des dizaines de données concernant le poids, la taille, l’année de naissance et le sexe. Certains de nos élèves ont travaillé sur ces données en choisissant eux-mêmes leur(s) thème(s) d’étude. Tout cela a permis de donner du sens aux notions de statistiques préalablement étudiées.

Où en êtes-vous maintenant ?
L’idée de ce premier travail avait été entièrement initiée par nous, les professeurs. Je souhaitais davantage d’implication de la part des élèves dans la conduite de leur projet. Par ailleurs, grâce au portail eTwinning, j’avais de plus en plus de contacts avec d’autres professeurs de mathématiques de nombreux pays, et tous très désireux de communiquer. J’ai donc demandé à un autre groupe d’élèves d’élaborer sa propre enquête. Ces élèves de seconde ont mis au point un questionnaire (PDF, 120 ko) rédigé en anglais, sur les modes de vie scolaire dans des pays européens. Nous l’avons expédié à de nombreux collègues et nous avons reçu des réponses exploitables de plusieurs pays, comme la Belgique, la Grande-Bretagne, la Grèce et la République Tchèque. Nous sommes deux à conduire ce projet qui concerne un groupe de douze élèves. En effet, je bénéficie de l’aide déterminante d’une assistante anglaise, par ailleurs diplômée en mathématiques.

Quel bilan pouvez-vous en tirer ?
Il est trop tôt pour tirer un véritable bilan de ce travail. Les données sont à ce jour dépouillées, et les élèves commencent tout juste leur projet statistique. Ils devront commencer par cibler leur champ d’étude et par se familiariser avec la manipulation d’un tableur-grapheur. Mais il est certain que ce type de projet motive les élèves dans leur apprentissage. Ce travail les met en situation réelle d’utilisation des outils statistiques étudiés en cours. Le dépouillement des données a déjà permis de montrer des différences intéressantes entre les pays et c’est une ouverture culturelle certaine pour les élèves.
D’un autre côté, ce projet ne permet pas réellement un échange direct entre les élèves eux-mêmes : je souhaiterais l’an prochain développer d’autres idées, peut-être à partir de petits défis mathématiques ou de jeux…, mais c’est plus compliqué à mettre en œuvre ! J’espère cependant y parvenir.

Rencontre avec Anne Ruhlmann
Anglais et problèmes de maths

Anne Ruhlmann enseigne au collège Martin-Luther-King à Liffré, dans l’académie de Rennes. Elle raconte ses débuts sur eTwinning, avec enthousiasme malgré les quelques difficultés qu’elle a rencontrées.

Comment avez-vous découvert eTwinning ?
Il y a deux ans, les élèves de mes deux classes de 5e ont échangé des problèmes mathématiques écrits par eux-mêmes. L’an dernier, un échange similaire a eu lieu avec une classe de 5e d’un autre collège breton. C’est donc tout naturellement que j’ai voulu trouver un partenariat européen lorsque j’ai découvert le portail eTwinning. Cette idée de permettre à tous les enseignants – même ceux de mathématiques ! – de proposer ou de trouver de manière simple des projets d’échange, même très modestes, m’a vraiment « emballée ».

Quel projet avez-vous développé ?
Le projet que j’ai proposé sur le portail eTwinning en mai 2005 consiste à faire écrire, par des jeunes de 15-16 ans, une histoire en anglais d’une dizaine de lignes qui permette de découvrir une particularité de la vie de leur pays avec, en arrière-plan, un problème de mathématiques à résoudre. Il me semble indispensable que nos élèves de collège, de zone mi-rurale, prennent conscience que l’anglais est devenu une langue incontournable. Deux élèves français ont par exemple écrit en anglais une histoire très bretonne sur la forêt de Brocéliande. Un travail interdisciplinaire mathématiques-anglais n’est pas chose courante au collège ! Mais dans ce cas, la frontière entre matières « scientifiques » et matières « littéraires » a momentanément été oubliée, tant par les enseignants que par les élèves, ce qui est bénéfique pour tous.
Le projet permet également aux élèves de se rendre compte que les mathématiques utilisent un langage international, comme dans cet exercice écrit par des élèves lituaniens.
Mais il arrive parfois qu’il y ait des variantes, comme dans cet autre texte écrit par des élèves lituaniens où le « billion » représente le milliard, ou quand 1,235,678.978 s’écrit en France 1 235 678,978, par exemple.
http://matoumatheux.free.fr/

Vous êtes donc très enthousiaste et positive sur l’expérience ?
Bien sûr, tous les aspects positifs que j’ai évoqués sont bien là. Toutefois, pour l’instant, je suis un peu déçue car le projet n’a pas fonctionné comme je le souhaitais. Tout d’abord, on peut parfois rencontrer des problèmes de structures : l’éclatement de ma classe de 3e en quatre groupes d’anglais avec quatre enseignants différents, éclatement qui n’était pas prévu au départ, ne permet pas de travailler sur les textes écrits en anglais en classe entière. Heureusement, j’ai maintenant l’assurance pour la rentrée prochaine que ma classe de 3e ne sera pas éclatée pendant les cours d’anglais. D’autre part, on est parfois déçu par les partenaires : début septembre 2005, deux établissements étaient partants pour cette aventure, dont un établissement espagnol et Kauno Nemuno vidurine mokykla de Kaunas (Lituanie) qui a seul participé jusqu’à présent.

Pensez-vous continuer ?
Bien sûr ! J’aimerais de plus trouver deux ou trois enseignants européens prêts à un véritable échange : quand les élèves envoient quelque chose, une réponse assez rapide de la part des correspondants me semble indispensable pour que la motivation subsiste. Comme je suis invitée à un atelier de développement eTwinning à Prague à la fin du mois de mars 2006, il se pourrait que j’abandonne le projet en cours et que j’adhère à un autre projet avec des enseignants que j’aurai rencontrés ou avec lesquels j’aurai été mise en contact sur place.

Rencontre avec Dominique Chandesris
eTwinning : une ouverture bénéfique

Dominique Chandesris, proviseur adjoint au lycée Jean-Macé de Vitry-sur-Seine (94), donne ici le point de vue d’un chef d’établissement.

Que représente eTwinning pour vous et votre lycée ?
Le lycée Jean-Macé compte 1400 élèves et offre une très large palette de filières : classique, technique, tertiaire et industrielle, professionnelle. S’y trouvent en outre cinq sections de brevets de technicien supérieur.
Pour moi, eTwinning représente une opportunité majeure pour nouer des liens entre élèves et entre professeurs de lycées venus de toute l’Europe. Grâce au portail d’eTwinning, il est possible de trouver des entrées multiples avec les adresses des établissements et leurs projets. L’échange de courriels est facilité.

Quel rôle particulier peut, à votre avis, jouer un chef d'établissement ?
En tant que chef d’établissement, nous pouvons soutenir ces partenariats, ou les initier. Les équipes ont parfois besoin d’éléments facilitateurs pour démarrer, un lieu, un moment, et il est de notre responsabilité de pouvoir les aider.

Quel bénéfice pensez-vous que les élèves puissent en tirer ?
Nos élèves cultivent souvent une image dévalorisée d’eux-mêmes. Toute ouverture nous paraît donc pouvoir leur être bénéfique car elle provoque une prise de conscience de leurs richesses et de leurs capacités. Quand ils démarrent un projet eTwinning, ils mesurent un certain nombre de choses qu’ils savent faire et qui sont fondamentales dans cette démarche, par exemple la pratique des technologies de l’information où ils sont souvent relativement experts. Cette valorisation de leurs capacités en ce qui concerne les TIC est aussi de nature à stimuler leur appétit de connaissances et d’échanges ; elle les rend plus actifs et autonomes. Ensuite, ils viennent naturellement à la communication avec d’autres lycéens d’horizons divers.

Les équipes éducatives pourraient-elles bénéficier de ces jumelages ?
Oui, au moins autant que les élèves !

Pouvez-vous donner quelques exemples de ce qui se développe avec eTwinning ?
Cette année de découverte de eTwinning, j’ai participé, en tant que proviseur adjoint, avec un professeur de lettres du lycée, à un bref séjour de formation, en novembre 2005, à Budapest. Nous avons pu nouer de nombreux contacts, ce qui s’est avéré très enrichissant pour le lycée. Ce sont tout à coup de nombreuses portes ouvertes sur l’Europe. Par exemple, c’est la réalisation d’un voyage à Budapest pour les élèves français dans le cadre de relations initiales par courriel entre notre lycée et un lycée de Budapest (correspondance entre élèves) et des professeurs des deux lycées. C’est également une correspondance avec un lycée danois qui a abouti, le 6 mars, à la venue d’un groupe de jeunes Danois dans notre lycée. Nous sommes revenus avec les coordonnées d’établissements désireux de s’ouvrir à l’Europe (demandes d’établissements allemands auxquels j’ai fourni quelques adresses). Enfin, nous avons initié des recherches sur eTwinning de travaux communs : dossiers, thèmes d’études sur plusieurs lycées.

Rencontre avec Claude Beaudoin
Correspondance multimédia en classes d'accueil

Claude Beaudoin, coordonnateur pédagogique du Casnav1 de Paris, explique sa motivation à monter des partenariats eTwinning.

Que représente eTwinning pour vous ?
J'ai souhaité profiter de la plate-forme eTwinning du projet européen eLearning pour développer un projet de correspondance multimédia dans nos classes d’accueil. Il s'agit de proposer une correspondance entre des groupes classes d’élèves nouveaux arrivants dans l’espace européen. Il me semble en effet important de favoriser l’échange entre divers groupes classes européens constitués d’élèves nouveaux arrivants afin que leur représentation de l’Europe soit améliorée, et partant, leur intégration facilitée.

Qui sont les élèves dont vous parlez ?
Les élèves nouveaux arrivants du monde entier entrent en Europe, dans un espace pour eux désormais ouvert comme pour les autres résidents. Si leurs déplacements entre les différents pays sont toujours liés aux possibilités d’implantation offertes d’un point de vue économique ou aux motivations d’ordre politique ou culturel de leur famille, on constate depuis une dizaine d’années une modification des flux migratoires et des stratégies d’implantation liée en grande partie à l’ouverture du marché européen et à l’évolution des législations européennes en matière d’accueil des populations migrantes. La mobilité européenne dans l’espace communautaire est donc aussi fréquente pour eux que pour les autres ressortissants européens. Or l’harmonisation des systèmes éducatifs dans les vingt-cinq pays de la communauté n’existe pas encore, ce qui suppose pour ces migrants, à chacun de leurs déplacements, un travail d’adaptation préalable à toute intégration, comme le souligne le rapport Eurydice de la Commission européenne de 2004 concernant l’intégration scolaire des enfants immigrants en Europe.

Quel bénéfice pensez-vous que les élèves puissent en tirer ?
La mise en relation de groupes classes du type « clin » (classes d’initiation) ou « cla » (classes d’accueil) à travers l’Europe permettra aux élèves migrants de prendre conscience de la diversité des dispositifs d’accueil et de scolarisation en Europe, et donc des particularismes nationaux. Ils percevront aussi la volonté des États européens de conduire des politiques éducatives tournées vers le rapprochement et encourageant la mise en relation, l’échange et les liens culturels entre les populations d’Europe.
Une intégration de ces élèves dans le pays d’accueil doit se concevoir aussi dans le cadre plus large de l’intégration européenne, ce qui n’est pas aujourd’hui suffisamment pris en compte pour entraîner une mise en œuvre locale généralisée. Un projet comme eTwinning appliqué aux populations migrantes pourrait constituer un levier dans ce sens : les populations extra-communautaires accueillies dans l’espace européen et concernées par un tel projet trouveraient là un lien plein de sens dans leur préoccupation d’intégration.

Les équipes éducatives pourraient-elles bénéficier de ces jumelages ?
On peut estimer que ce rapprochement entre élèves se doublera d’un rapprochement entre enseignants et acteurs institutionnels par élargissement naturel des intérêts : dans un partenariat eTwinning, un élève nouvel arrivant scolarisé dans une classe d’accueil à Paris explique comment il est scolarisé, intégré dans le système scolaire français à des élèves de son même pays d’origine scolarisés à Rome ; les enseignants en charge de ces élèves s’interrogent mutuellement sur les dispositifs de scolarisation, sur la didactique de l’enseignement de la langue nationale, sur les méthodologies, les pratiques pédagogiques. Se crée ainsi une dynamique de réflexion comparative, d’analyse des dispositifs et de structures mises en place chez soi et chez l’autre.

Et à plus long terme ?
On peut penser qu’à partir d’expériences de ce type, la prise de conscience de la diversité se doublera rapidement d’expérimentations lancées à partir de ce qui existe ailleurs en Europe, ce qui pourrait entraîner à plus ou moins long terme une possible modification des habitudes de travail. Les projets de type Comenius mettant en relation les stratégies pédagogiques d’intégration des élèves extra-communautaires trouveraient ainsi plus de sens dans la mesure où ils seraient inscrits dans ce projet global d’échange.
Concernant les enseignements proposés à ces élèves migrants, il me semble que le projet eTwinning pourrait conduire à la production d’un « bagage » minimal commun aux systèmes éducatifs européens, leur permettant de s’intégrer plus aisément dans n’importe quel système éducatif européen en cas de mobilité.
Il suffirait dans un premier temps de déterminer les minima de savoirs et de savoir-faire communs en Europe, indispensables à acquérir et à maîtriser pour le transfert d’un système éducatif à un autre.

Pouvez-vous donner quelques exemples par domaines ?
En sciences et mathématiques : les modalités de présentation et les codes de représentation ; en sciences humaines : les savoirs historiques et géographiques incontournables pour se repérer dans l’espace et le temps européen ; en ce qui concerne l'éducation citoyenne : les principes fondamentaux du droit européen appliqué au statut d’extracommunautaire. Pour les TIC, il pourrait s'agir des compétences prévues dans le B2I français, d'outils de traduction et de transfert.

Où en êtes-vous dans la mise en œuvre du projet ?
Nous sommes actuellement dans la phase de lancement du projet avec un premier travail d’information et de formation auprès des enseignants de nos dispositifs et en partenariat avec le Bureau national d’eTwinning, le CRDP de Paris et la Dafpen. Un groupe d’une quinzaine d’enseignants des 1er et 2nd degrés sont déjà inscrits pour ce projet et les compétences reconnues du Casnav de Paris dans les champs de l’intégration scolaire et des TIC en direction des publics ENA (élèves nouvellement arrivés) facilitent la mise en œuvre du projet. J’ai ainsi pu rencontrer des partenaires potentiels à Linz lors de la Conférence annuelle eTwinning, et j’ai pu mesurer l’intérêt réel porté par les responsables de ce projet pour notre proposition. Je suis donc très optimiste pour la suite du travail et surtout pour ce qui va se produire dans le courant de l’année 2006-2007 au niveau des échanges entre les groupes classes accueillant des enfants immigrés.


Guide de l'utilisateur
Le portail eTwinning regroupe l’ensemble des informations, outils, matériels et documents nécessaires pour préparer, planifier et développer un jumelage.

Si vous visitez le site pour la première fois, cliquez sur « Inscription » (en haut, à gauche). Vous pourrez remplir un formulaire en ligne, puis accéder à votre « tableau de bord ».

Une fois dans le « Tableau de bord », cliquez sur « Outil recherche de partenaires ».
Le site va vous proposer une liste de partenaires potentiels, générée à partir du profil que vous avez décrit dans votre formulaire d’inscription (la/les discipline(s) impliquée(s), l’âge des élèves, la/les langue(s) de travail, le(s) thème(s) du partenariat et la zone géographique désirée).
Une fois les partenaires trouvés, un second formulaire permet d’enregistrer le partenariat de manière officielle.
Votre partenariat est ensuite validé par les Bureaux d’assistance nationaux concernés.

Vous recevez alors le label eTwinning et « My Twinspace », qui est une plate-forme collaborative mise à disposition de votre partenariat.
Cette plate-forme comporte :
– un calendrier partagé entre les différents partenaires du projet (enseignants et élèves) ;
– un forum (possibilité de créer au sein de la plate-forme plusieurs forums sur des thèmes différents) ;
– une messagerie électronique interne ;
– une interface de tchat ;
– un tableau d’affichage, permettant la publication de brèves visibles par tous les membres du projet ;
– un module permettant de gérer les utilisateurs de « My Twinspace » (possibilité de créer un profil utilisateur par élève avec un identifiant et un mot de passe spécifiques).

Le Carnet de route pour élaborer un projet (d’échange à distance)
Suite à son inscription sur le portail, chaque porteur de projet français reçoit du Bureau d’assistance national un Carnet de route (en collaboration avec Micheline Maurice – CIEP) qui l’accompagnera dans sa recherche de partenaire(s) et la mise en œuvre de son projet d’échange.


Chaque projet d’échange à distance constitue une situation particulière dans un contexte singulier. L’objectif de ce Carnet de route est d’amener les porteurs de projet à se poser les bonnes questions aux bons moments.
C’est en élaborant successivement les réponses à ces questions que vous construirez votre projet d’échange. Pour vous aider dans ce travail, ce document vous propose une série d’éléments de nature différente : des informations pratiques, des pistes pédagogiques, des outils méthodologiques, des exemples, etc.

Le Carnet se développe en deux temps :
A. Élaborer une idée de projet
1. Besoins constatés / Raison d’être du projet
2. Quel est le contexte d’accueil et de développement du projet ?
3. Définir clairement les objectifs
4. Quel type de projet pour quel type de production ?
5. Quel(s) partenaire(s) ?
6. Soutien, accompagnement et financement du projet

B. Élaborer un projet commun
7. Pédagogie du projet d’échange
8. Planification du projet
9. Présentation du projet
10. Aspects techniques du projet
11. Comment transmettre le savoir-faire acquis ?

Nota bene : ce guide n’est pas disponible en librairie, il est destiné aux personnes participant à l’action eTwinning.

Pour en savoir plus :
Visitez le portail eTwinning www.etwinning.fr/
Contactez le Bureau d’assistance national etwinning.drt@cndp.fr
Contactez le Bureau d’assistance européen brigitte.parry@eun.org
Rencontre avec Marie-Héléna Taquet
Un projet régional original

Marie-Héléna Taquet travaille à la DARIC1 d’Orléans-Tours et nous invite à découvrir un projet original, Trans’Europe Centre, projet qui pourrait faire des émules.

Pouvez-vous expliquer ce qu’est Trans’Europe Centre et comment cette action est née ?
Cette action est née à l’initiative de la Région Centre qui s’est engagée à offrir à chaque lycéen un séjour éducatif en Europe de cinq jours consécutifs au minimum, hors déplacement.
Un comité de pilotage et un comité technique ont été constitués, associant des représentants des trois instances impliquées et une convention a été signée en novembre 2005 par la Région Centre, la Direction régionale de l’agriculture et des forêts (Draf) et le rectorat, officialisant le lancement de ce dispositif.
Toutes les catégories de lycées sont donc concernées : les lycées agricoles, les lycées d’enseignement général et technique et les lycées professionnels. Suite aux travaux menés par les comités, les premiers projets ont été déposés peu après la rentrée 2005.

Quel est l’objectif du dispositif ?
L’objectif est de permettre à chaque lycéen d’effectuer un séjour en Europe au cours de sa scolarité. La Région Centre finance donc à hauteur de 95 % maximum le montant du séjour. Pour les 5 % restants, on invite l’établissement scolaire à en rechercher le financement ou à compléter avec son propre budget. Un barème par pays a été fixé selon une estimation moyenne prenant en compte le coût du transport, de l’hébergement/restauration dans le cas d’un séjour sans échange, et des activités liées au séjour. Un forfait repas est demandé aux familles sur la base de deux repas par jour. C’est un gros effort de la Région qui a voulu s’engager dans l’Europe, et qui consacre près de 60 % de son budget à l’éducation. Il nous semble essentiel de favoriser l’ouverture culturelle et sociale des lycéens de la Région et de contribuer au développement d’une véritable citoyenneté européenne.

En quoi consiste un projet Trans’Europe Centre ?
Il s’agit d’un projet de séjour éducatif avec objectifs pédagogiques. Les établissements doivent compléter une « fiche identité projet », renseignée par un professeur coordonnateur qui explique les activités conduites en amont du voyage, celles prévues sur place, et enfin, ce qui sera fait au retour. Par ailleurs, les contenus doivent s’intégrer aux programmes des disciplines. Les projets doivent être pluridisciplinaires, et comporter trois disciplines au moins, ce qui permet d’apporter une perspective plus large à l’ensemble : un projet se construit autour d’un ou de plusieurs thèmes portant sur la citoyenneté européenne, l’économie, les arts, les sciences et techniques, le monde du travail, l’environnement, les techniques agricoles, le patrimoine, l’histoire et les traditions… Nous souhaitons ainsi que soient évités des séjours purement linguistiques : ce que l’on privilégie, c’est la découverte culturelle d’un pays européen.

Comment définiriez-vous la différence entre Trans’Europe Centre et les grands projets européens Comenius ou autres ?
Dans cette initiative du Conseil régional, tous les lycéens peuvent partir. Le seul programme européen qui puisse concerner des classes entières est le projet linguistique Comenius 1. Il s’agit d’un échange impliquant une mobilité de deux semaines dans le pays partenaire et réciproquement dans la même année scolaire, soit au total un mois, ce qui peut être long pour des lycéens. Les autres programmes européens touchent de petits nombres d’élèves. Un projet Trans’Europe Centre, au contraire, s’adresse à une classe entière ou à un regroupement de classes ayant des activités communes. Ces dispositifs sont cependant complémentaires.

Comment les dossiers sont-ils sélectionnés?
Les premiers retours sont très positifs. Certains lycées ont déposé jusqu’à trois projets. Le suivi pédagogique est assuré au rectorat ou à la Draf. Les dossiers qui ne satisfont pas aux exigences sont renvoyés pour être retravaillés selon les conseils prodigués. Nous nous sommes déplacés pour rencontrer les professeurs, ou nous les avons contactés par téléphone pour leur expliquer ce qui est attendu en termes d’objectifs européens. Nous sommes là pour conseiller les établissements à chaque étape. Sur un plan plus technique, le projet doit être soumis au conseil d’administration de l’établissement et validé puis transmis pour examen et avis au Conseil régional pour la partie administrative, organisationnelle et financière et au rectorat ou à la Draf pour la partie pédagogique et éducative. Le projet doit être soumis à la commission tripartite, composée de représentants du Conseil régional, du rectorat et de la Draf pour examen de la conformité au règlement et pour avis. Sur avis favorable, le projet est alors soumis pour validation aux instances compétentes du Conseil régional. Cette année, qui était l’année de l’expérimentation, avec quatorze établissements concernés, nous nous sommes réunis environ une fois tous les deux mois. Nous envisageons deux ou trois réunions par an par la suite.

Pourriez-vous donner un exemple de projet ?
Je pense par exemple à un des lycées expérimentaux qui organise un départ en Pologne sans aucune intégration linguistique. Les élèves ont été impliqués à toutes les étapes du projet intitulé : « Devoir de mémoire ». Ils ont pris l’initiative de faire visionner un film sur la seconde guerre mondiale (La Maison de Nina) dans un cinéma d’art et d’essai et d’organiser une rencontre avec l’historienne qui a contribué à la réalisation de ce film. Dans le périple qu’ils vont faire, il sera question de cinéma, d’histoire-géographie, de littérature, de citoyenneté européenne, de musique et de patrimoine mais pas de langue étrangère.
Les thématiques des projets présentés sont très variées. Par exemple : la découverte de l’archipel maltais et l’incidence de l’intégration dans l’Union européenne sur l’agriculture locale ; le nombre d’or et l’architecture grecque ; différents aspects de la transition vers l’économie de marché et vers l’Union européenne d’un pays de l’Europe de l’Est : le cas de la Pologne ; Islande, spectacle permanent de la genèse terrestre ; sur les chemins de la Renaissance italienne (comprenant un volet linguistique) ; À la poursuite des héros écossais (comprenant un volet linguistique).

Quel est l’avenir de ce projet ?
Nous espérons encourager la mobilité internationale en développant l'ouverture aux autres. Chaque séjour fait l'objet d'une évaluation précisant les activités effectuées et les compétences acquises qu’elles soient comportementales, culturelles ou européennes. Chaque lycéen participant se voit délivrer une attestation, qui pourra par exemple être intégrée au Portfolio européen des langues de l'élève, et un « visa européen individuel ». Il est certain que des projets de ce type contribueront, par une plus grande ouverture sur le monde, à une meilleure insertion professionnelle. Ils devraient constituer des atouts pour solliciter une entrée dans certaines formations ou accéder à certains emplois. En effet, favoriser la connaissance du monde économique, social et professionnel à l’échelle européenne participe au renforcement de l’égalité des chances dans l’accès à l’éducation et à la culture. Cette année expérimentale est une belle réussite puisque 37 projets ont été présentés et tous ont été validés. Au total, 1427 élèves auront bénéficié du dispositif Trans’Europe Centre d’ici la fin de l’année scolaire. Preuve que le Trans’Europe Centre a rencontré un vif succès auprès des lycées de la région et qu’il répond au besoin grandissant qu’éprouvent les professeurs de faire découvrir l’Europe à leurs élèves.



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