Rencontre avec
Anne Ruhlmann
professeur de mathématiques
 
Anglais et problèmes de maths

Anne Ruhlmann enseigne au collège Martin-Luther-King à Liffré, dans l’académie de Rennes. Elle raconte ses débuts sur eTwinning, avec enthousiasme malgré les quelques difficultés qu’elle a rencontrées.

Comment avez-vous découvert eTwinning ?
Il y a deux ans, les élèves de mes deux classes de 5e ont échangé des problèmes mathématiques écrits par eux-mêmes. L’an dernier, un échange similaire a eu lieu avec une classe de 5e d’un autre collège breton. C’est donc tout naturellement que j’ai voulu trouver un partenariat européen lorsque j’ai découvert le portail eTwinning. Cette idée de permettre à tous les enseignants – même ceux de mathématiques ! – de proposer ou de trouver de manière simple des projets d’échange, même très modestes, m’a vraiment « emballée ».

Quel projet avez-vous développé ?
Le projet que j’ai proposé sur le portail eTwinning en mai 2005 consiste à faire écrire, par des jeunes de 15-16 ans, une histoire en anglais d’une dizaine de lignes qui permette de découvrir une particularité de la vie de leur pays avec, en arrière-plan, un problème de mathématiques à résoudre. Il me semble indispensable que nos élèves de collège, de zone mi-rurale, prennent conscience que l’anglais est devenu une langue incontournable. Deux élèves français ont par exemple écrit en anglais une histoire très bretonne sur la forêt de Brocéliande. Un travail interdisciplinaire mathématiques-anglais n’est pas chose courante au collège ! Mais dans ce cas, la frontière entre matières « scientifiques » et matières « littéraires » a momentanément été oubliée, tant par les enseignants que par les élèves, ce qui est bénéfique pour tous.
Le projet permet également aux élèves de se rendre compte que les mathématiques utilisent un langage international, comme dans cet exercice écrit par des élèves lituaniens.
Mais il arrive parfois qu’il y ait des variantes, comme dans cet autre texte écrit par des élèves lituaniens où le « billion » représente le milliard, ou quand 1,235,678.978 s’écrit en France 1 235 678,978, par exemple.
http://matoumatheux.free.fr/

Vous êtes donc très enthousiaste et positive sur l’expérience ?
Bien sûr, tous les aspects positifs que j’ai évoqués sont bien là. Toutefois, pour l’instant, je suis un peu déçue car le projet n’a pas fonctionné comme je le souhaitais. Tout d’abord, on peut parfois rencontrer des problèmes de structures : l’éclatement de ma classe de 3e en quatre groupes d’anglais avec quatre enseignants différents, éclatement qui n’était pas prévu au départ, ne permet pas de travailler sur les textes écrits en anglais en classe entière. Heureusement, j’ai maintenant l’assurance pour la rentrée prochaine que ma classe de 3e ne sera pas éclatée pendant les cours d’anglais. D’autre part, on est parfois déçu par les partenaires : début septembre 2005, deux établissements étaient partants pour cette aventure, dont un établissement espagnol et Kauno Nemuno vidurine mokykla de Kaunas (Lituanie) qui a seul participé jusqu’à présent.

Pensez-vous continuer ?
Bien sûr ! J’aimerais de plus trouver deux ou trois enseignants européens prêts à un véritable échange : quand les élèves envoient quelque chose, une réponse assez rapide de la part des correspondants me semble indispensable pour que la motivation subsiste. Comme je suis invitée à un atelier de développement eTwinning à Prague à la fin du mois de mars 2006, il se pourrait que j’abandonne le projet en cours et que j’adhère à un autre projet avec des enseignants que j’aurai rencontrés ou avec lesquels j’aurai été mise en contact sur place.



© SCÉRÉN - CNDP
Créé en avril 2006  - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.