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La collection « l@ngues_en_ligne »
 
Titre : L’argumentation
Niveau : lycée, première / terminale – niveau B1 vers B2
Langue : arabe
Objectifs
Activités langagières et discursives
– Comprendre une argumentation complexe destinée à convaincre : la thèse soutenue, la nature et la portée des arguments utilisés, la construction de l’argumentation.
– Énoncer une thèse et la défendre à l’aide de quelques arguments et exemples (à l’oral et à l’écrit) – niveau B1.
– Construire une argumentation claire et nuancée pour défendre un avis, une opinion, une thèse (à l’oral et à l’écrit) – niveau B2.
Compétences linguistiques
– Connaître les moyens linguistiques mis en œuvre pour argumenter.
Grammaire :
– phrases nominales commençant par إنّ ou par كما أنّ
– négation de la phrase verbale suivie d’une restriction 
– complétives précédées de.
Lexique : champs lexicaux du nationalisme unitaire, de la nécessité, de l’exclusion.
Stylistique : style journalistique ; tournures servant à conclure ; figures de style utilisées pour persuader (déduction, métonymie, anaphore, hyperbole,…).
Compétences culturelles
– Découvrir l’espace géopolitique du monde arabe.
– « Le mythe de la nation arabe » (Première : mouvements politiques ; Terminale : Interdépendances / Ligue arabe… ; les courants idéologiques transnationaux).
– Connaître quelques aspects des médias arabes. (Première : révolte, opposition à l’État – la caricature politique – les organisations de critique du pouvoir dans le cadre institutionnel).
– Découvrir un « genre », le manifeste.
Méthodologie
– Repérer les moyens mis en œuvre dans le cadre d’une propagande.
– Solliciter l’éveil et l’esprit critique.

Pré-requis
Connaître la géographie des pays arabes et les 22 pays membres de la ligue des États arabes.

Contenu de la séance proposée
Documents principaux
1. La plume ensanglantée
Caricature : argumenter pour dénoncer.
www.hanaa.net/

2. Journaliste arabe et démocratie
Caricature
www.hanaa.net/

3. Les unionistes arabes
Texte d’après un extrait du manifeste des unionistes arabes : argumenter pour convaincre.

4. Le point de vue d’un écrivain (PDF, 30 ko)
Un texte de l’écrivain féministe égyptienne Nawal Saadaoui, utilisé comme support à la session du baccalauréat 2004.
www2.ac-lyon.fr/
Documents secondaires
1. Une carte du monde arabe
http://ar.wikipedia.org/

2. Anna Politkovskaïa, Tahar Djaout et Samir Kassir
Des articles en arabe contenant des informations sur ces journalistes.
www.amnesty-arabic.org/
http://ara.amnesty.org/

3. Union des États arabes
– Le site de la Ligue des États arabes
www.arableagueonline.org/
– Un site sur le président égyptien Gamal Abdel Nasser
http://nasser.bibalex.org/
– Une chronologie des unions réalisées par des pays arabes

4. Lexique thématique

5. Photos de trois journalistes
Le professeur utilise des photos de journalistes assassinés, par exemple, Anna Politkovskaïa, Tahar Djaout et Samir Kassir.

Mise en œuvre (6 séances)
Séances 1 et 2
Activités de communication langagière : prendre part à une conversation / écrire 

La caricature « La plume ensanglantée » (document n° 1)
Travail oral. Demander aux élèves de :
– décrire la caricature (très sobrement comme le dessin) ;
– réagir face à la caricature ;
– faire des hypothèses sur ce qu’elle représente (l’implicite) ;
– lui donner un titre.
S’interroger sur :
– le symbole de la plume ;
– le pourquoi du sang ;
– l’opinion de l’auteur (le caricaturiste) ;
– les moyens mis en œuvre pour exprimer son avis (métonymie).
Faire repérer le nom de l’auteur du dessin.

La caricature « Journaliste arabe et démocratie » (document n° 2)
Travail oral. Demander aux élèves de :
– décrire la caricature (situation économique désastreuse du journaliste : tenue vestimentaire, table de travail, absence d’ordinateur,…) ;
– réagir face à la caricature ;
– faire des hypothèses sur ce qu’elle donne à voir, en particulier sur les personnes représentées (l’implicite) ;
– lui donner un titre.
Le professeur passe ensuite au texte figurant sur la caricature pour expliquer les phrases en arabe dialectal « oriental » :
– le sens des motsشو et بكره ;
– la présence du préverbal عمà comparer avec d’autres dialectes usant d’un préverbal, l’égyptien et le marocain, par exemple ;
– rapprocher عجبني de l’arabe dialectal du standard أعجبني .

S’interroger, en parallèle avec la première caricature, sur :
– le lien entre les deux caricatures (présence d’un personnage commun) ;
– la présence d’un échange verbal (les bulles) ;
– l’opinion personnelle de l’auteur ;
– les moyens mis en œuvre pour exprimer son avis ;
– le mode de raisonnement : la déduction استنباط / استنتاج sous la forme du passage d’une cause à une conséquence عاقبة ;
– les raisons de l’emploi du dialecte dans les bulles.
Formuler les répliques dans un autre dialecte. Le professeur les écrit sous la dictée et en profite pour donner quelques indications sur la manière dont on transcrit habituellement l’arabe dialectal à l’écrit.

Travail à faire à la maison : donner son avis, par écrit, sur les deux caricatures, dire celle qu’on préfère et pourquoi.
Travail à faire au CDI : trouver des exemples d’autres caricaturistes, d’auteurs, d’artistes, de cinéastes dénonçant une injustice, défendant une idée (monde arabe et ailleurs).
Séance 3
Activités de communication langagière : prendre part à une conversation, s’exprimer en continu à l’oral / écrire. 
Les journalistes assassinés
Revenir sur le lien entre les deux caricatures.
Donner les indications suivantes : le personnage commun s’appelle حنظلة . Il a été créé par le caricaturiste ناجي العلي qui est mort assassiné à Londres en 1987.
Demander alors aux élèves de faire des hypothèses nouvelles sur le lien entre les deux caricatures. Ils doivent noter que le document n° 1 date de 2002, qu’il est l’œuvre d’un autre dessinateur, et faire l’hypothèse que le personnage de حنظلة représente le dessinateur assassiné.
Se demander alors ce qui a pu conduire بلال بصل , l’auteur du document n° 1, à reprendre ce personnage et à le montrer ainsi, au centre d’une plume ensanglantée, quinze ans après l’assassinat de son créateur.

Présenter ensuite les photos de trois journalistes assassinés, par exemple dans le monde arabe : Tahar Djaout (1993) et Samir Kassir (2005) et, en Russie, Anna Politkovskaïa (2006).
Travail oral : demander aux élèves de trouver le point commun entre ces trois journalistes.
Les présenter. Si la séance a lieu au CDI, ou dans une salle multimédia reliée à l’Internet, les élèves peuvent faire eux-mêmes la recherche et en présenter le résultat.
Expression écrite (en classe) : donner la consigne suivante aux élèves « Vous êtes journaliste et vous écrivez un article sur cette question. Quel titre donneriez-vous à l’article ? Quelles légendes mettriez-vous sous chacune des trois photos ? »
Séances 4 et 5
Activités de communication langagière : prendre part à une conversation / lire 

Définition du manifeste : « Un manifeste est un exposé théorique qui prend la forme d'une déclaration écrite par laquelle un mouvement, un parti, un groupe, définit son programme. Plus généralement, le mot désigne la déclaration écrite et publique par laquelle on expose ses idées et ses objectifs. Ex. : le Manifeste du Parti Communiste (par Karl Marx), le Manifeste du Surréalisme (par André Breton). »

Compréhension écrite
Demander aux élèves de faire une lecture silencieuse du texte des « unionistes arabes » (document n° 3) en attirant leur attention sur son articulation (les titres ; la division du texte en paragraphes bien distincts). L’analyse du texte est menée de manière collective.

Premier paragraphe
L’identité des auteurs : commencer par un travail sur :
– le lexique : termes du nationalisme, ses sentiments, les idéologies ;
– la notion de pays arabe : comment le définit-on ? (pays appartenant à la Ligue des États arabes).
Observer les procédés mis en place : ce travail est conduit oralement, et le professeur consigne au tableau les éléments importants.
– La question من نحن ؟
est une question rhétorique ou oratoire dont la réponse, forcément connue de l’auteur, est donnée sous forme de profession de foi
نحن أبناء هذه الأمة الذين آمنوا ,
voire d’un programme
نحن أبناء هذه الأمة الذين عقدوا (à noter l’anaphore),
avant d’en identifier les auteurs :
نحن الوحدويون
– Les noms communs suivis de la coordination و sont
soit par trois بربهم وشعبهم وأمتهم ou الخنوع والذل والاستسلام (noter l’hyperbole),
soit par quatre الإقليمية والفئوية والطائفية والمذهبية.

Deuxième paragraphe
Le but des auteurs : faire remarquer le style elliptique qui gagne en clarté.

Troisième paragraphe
Observer la régularité des phrases selon la nature du premier mot :
a – lignes 1 à 4 إنّ
b – ligne 5 كما
c – lignes 6 à 9 لا
d – ligne 10 على
e – ligne 11 إنّ à nouveau
f – lignes 12 à 16 و.
Ces phrases peuvent être rassemblées en trois groupes (groupe 1 : a et b ; groupe 2 : c ; groupe 3 : d, e et f) ; elles expriment toutes la nécessité, l’inéluctable et l’obligation.
Dans le groupe 1, c’est l’emploi du mot ضرورة (phrases 1 et 4) qui indique la nécessité. Toutes les phrases auraient presque pu avoir la même signification sans les particules إنّ ni كما أنّ . Elles mettent davantage le مبتدأ en valeur et corroborent le sens.
On peut demander aux élèves de reformuler oralement ces phrases sans إنّ ni كما أنّ .
Dans le groupe 2, c’est la négation de l’inaccompli suivie d’une restriction دون ـ بدون (négation + négation = affirmation) qui exprime l’inéluctable.
On peut aussi demander aux élèves de redire ces phrases sans les deux négations.
Dans le groupe 3, trois éléments contribuent à renforcer l’idée d’obligation :
– l’ellipse de la phrase complétiveعلى ... أن يعلموا au lieu de يجب على ... أن يعلموا. ;
– le recours à إنّ à la ligne au lieu de أنّ qui est davantage attendu ;
– le fait d’aller à la ligne avant chaque coordination, qui accentue l’effet de répétition.
Un élève pourra reformuler la phrase complétive tout simplement avec يجب على ... أن يعلموا suivie de أنّ .

Dernier paragraphe
Les fondements de l’unité : syllogisme ou sophisme (قياس أو سفسطة) ?
Faire relever les connecteurs du syllogisme يكفي أنّ, que l’on pourrait traduire ici par « puisque » répété à trois reprises pour la première proposition ; من هنا ف... qui voudrait dire « or » pour la deuxième proposition ; ف et إذا qui veulent dire « donc, par conséquent » pour la conclusion.

Analyse 
Montrer que le raisonnement est discutable, idéologique et qu’il pourrait s’agir plutôt d’un sophisme.

Première proposition 
Les trois termes de l’unité (« langue », « histoire » et « espoir »), que la communauté arabe est censée avoir, posent problème.
1. La langue : tout le monde sait que chaque pays arabe a son dialecte et que de nombreux pays ont d’autres langues non arabes.
2. L’histoire : très peu de pays arabes ont une histoire commune avant l’islam et depuis la période coloniale (la vision de l’histoire est réduite à l’avènement de l’islam).
3. L’espoir commun « qui fait l’avenir et le destin communs » n’est pas une particularité d’un peuple, et appartient au domaine de la rhétorique.

Deuxième proposition 
1. La langue comme « premier pilier de la communication entre les membres de la communauté », nous avons vu ce qu’il convenait d’en penser. Quant à l’idée de « la première pierre de la culture commune », elle est également discutable car, outre les différents dialectes, il existe une culture « populaire » propre à chaque pays arabe. Les spécificités géographiques de chaque pays font qu’il est probable qu’un paysan tunisien du Cap Bon ou du Kef se sente plus proche du paysan de Sicile que de celui du Hadramaout au Yémen.
2. La terre commune « du Golfe persique [relever au passage que l’arabe dit « golfe arabique »] à l’océan Atlantique et des montagnes de Zagros [en Iran] et de Taurus [en Turquie] au nord jusqu’au plateau d’Abyssinie [Abyssinie / Ethiopie : à noter au passage et faire remarquer que ce n’est absolument pas un pays arabe] au sud » n’est nullement la preuve d’une unité quelconque. Sinon, pourquoi n’y aurait-il pas unité entre les pays allant de la mer Rouge, à l’est, jusqu’à l’océan Atlantique à l’ouest, et de la Méditerranée au nord jusqu’à l’équateur, par exemple ? 
3. L’histoire (voir ci-dessus, première proposition).
4. « Les traditions et les coutumes sociales et culturelles communes » ne sont là encore pas si évidentes que cela : il y a gros à parier que les mœurs et coutumes d’une ville du Maroc n’aient à peu près rien à voir avec celles de villes d’Oman, de Djibouti, de Somalie, des Comores, voire des Émirats arabes unis, du Qatar, du Bahreïn ou du Koweït.
5. « Les mêmes douleurs et les mêmes espoirs » ne constituent pas un ciment d’unité.

Malgré l’apparence de vérité, la conclusion pourrait être considérée comme fausse, les deux propositions n’étant pas avérées.

Table ronde
Organiser une table ronde entre quatre élèves : réussites et échecs de l’unité arabe. Chacun des élèves se voit attribuer un « rôle » : partisan de l’unité, adversaire, observateur neutre plutôt tourné vers le passé, observateur neutre plutôt tourné vers le présent. Chacun dispose d’un temps total de parole limité (quatre minutes maximum). Le meneur de jeu peut être un autre élève ou le professeur.
À l’aide du texte étudié et des documents secondaires, les élèves expliquent et discutent les points suivants :
– les éléments sur lesquels se fondent les partisans de l’unité,
– les difficultés auxquelles ils se heurtent,
– les tentatives de fusion ou de fédération que le monde arabe a connues,
– les réussites régionales partielles qui existent aujourd’hui.
Les autres élèves de la classe ne doivent pas se contenter d’écouter : ils notent les arguments de chacun. Deux élèves sont chargés de la synthèse orale.

Travail à la maison 
1. Expression écrite : « Vous avez assisté à la table ronde et vous en faites un compte rendu pour le blog de votre lycée (6 lignes maximum). »
2. Lecture : « Préparer pour la séance suivante la lecture du document n° 5 ». 
Séance 6
Entraînement à l’expression écrite (document n° 4)

Le texte a été lu préalablement à la maison par les élèves.
Choisir avec les élèves parmi les questions d’expression écrite proposées dans le sujet du baccalauréat ou en proposer une autre.
Travail collectif mené par le professeur :
– remue-méninges avec trace écrite organisée au tableau,
– révision rapide du lexique nécessaire,
– révision rapide des structures nécessaires,
– organisation du plan,
– rédaction collective de l’introduction au tableau,
– rédaction collective (ou par groupes d’élèves dans un premier temps) de tout le sujet.

Prolongements et ressources
On peut travailler au centre de documentation lors de la Semaine de la presse sur la presse arabe.
Des élèves avancés pourront faire un exposé sur les trois journalistes (en se basant sur les articles proposés) qui sont également auteurs de romans ou d’essais.
Sites
– Reporters sans frontières en arabe
www.rsf.org/
– Caricatures en arabe
www.arabcartoon.net/
– Le site de Naji Al Ali
www.najialali.tk/


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