Les métiers d'art
Fiches d'activités pédagogiques  > Niveau lycée 
Titre : La grande tradition artisanale au Maroc
Niveau : lycée, B1 vers B2
Langue : arabe
Objectifs
Culturels
– Les maîtres artisans (l’exemple des menuisiers ébénistes).
– La désintégration des relations de pouvoir qui structuraient les corporations.
– La variété des métiers manuels au Maroc et le rôle de grands maîtres artisans dans la perpétuation d’une tradition ancestrale.

Ces points permettent de concrétiser les orientations des contenus culturels des programmes.
En seconde :
1. Mémoire : les villes arabes, témoins du passé (les métiers traditionnels).
2. Échanges : les échanges économiques (activités artisanales et industrielles, mutations technologiques).
3. Lien social : les inscriptions du lien social dans l’espace géographique.
En première :
Les relations de pouvoir (organisation pyramidale des corporations, relation maître apprentis, solidarité horizontale entre maîtres artisans).

Linguistiques
– Lexique : les métiers manuels, leur organisation en corporations ou guildes. Les matériaux transformés et produits, leur utilisation et les formes de décoration.
– Compréhension de l’oral : écoute d’enregistrements en arabe marocain. Témoignages d’un Amîne et d’un maître artisan, tous deux lettrés, utilisant un parler proche de l’arabe standard.
– Expression orale : usage du dialecte comme levier pour développer l’expression orale en arabe standard, en interaction et en continu.
– Expression écrite : production de courts énoncés, rédaction de textes à partir de notes éparses (notices).
– Repérage et identification des variétés de registres d’un locuteur (en réception) et sensibilisation à l’emploi d’un registre moyen (en situation de production).

Méthodologiques
– Recherche et documentation au CDI ou en salle informatique.
– Développer l’autonomie de l’élève.
– Apprendre à faire une synthèse à partir de matériaux multiples.
– Favoriser l’usage des TICE dans l’enseignement.

Le travail proposé se fait à partir de documents projetés par vidéoprojecteur. Il est donc recommandé de travailler en salle informatique ou multimédia.
Documents supports
1. Photographies (10 photos)
La vitalité du travail artisanal dans les médinas.
Des métiers durement éprouvés par la concurrence des produits industriels.

2. Portail de la ville de Fès
Aller sur la rubrique « Plan de la ville », cliquer sur l’image 4 du plan de la médina.
http://www.fes-city.com/

3. Photographies (4 photos)


4. Enregistrement (MP3, 1,9 Mo) : témoignage d’un Amîne sur la désintégration de l’organisation en corporations.
La réussite des maâllem (maîtres artisans) qui perpétuent un savoir-faire ancestral (l’exemple des menuisiers ébénistes).

5. Enregistrement (MP3, 1,1 Mo) : « Qui sont les maâllem (maîtres artisans) ? »

6. Photographies
– A (6 photos)

– B (4 photos)

– C (4 photos)

7. Enregistrement (MP3, 1,1 Mo) : « La grande tradition de l’ébénisterie »

8. Photographies (4 photos)

Mise en œuvre
Séance 1
Expression libre à partir des photographies
Au cours de cette première séance, les élèves découvrent la multitude des métiers manuels grâce à une série de dix photographies (Document 1) dont ils vont devoir rédiger les légendes.
Les photographies «  » sont projetées. Dans une première phase, on laisse les élèves réagir sur la variété des métiers, mais aussi sur les points qui leur sont communs.
Dans un deuxième temps, le professeur intervient pour aider à cibler l’objectif de l’activité.
– Nommer les activités / évoquer leur diversité :
– Citer des exemples de matières premières transformées et d’articles produits :
– Sensibiliser au fait qu’il s’agit de métiers manuels :
À la fin de séance, les élèves sont invités à rédiger l’étiquette-légende de chaque image.
Exemples d’étiquettes légendes :

Distribuer la fiche élève 1. L’exercice de compréhension de l’écrit récapitule le contenu de cette première séance.
Séances 2 et 3
Au cours des deux séances suivantes, les élèves abordent le fait que les métiers sont durement éprouvés par la concurrence des produits industriels. L’objectif est de leur permettre une prise de parole en continu à la fin des deux séances. On les aide en leur fournissant un plan d’ensemble qui s’articule autour des questions suivantes :

Le travail se fait à partir de supports multiples :
– le plan de Fès (Fiche élève 2A) ;
– les quatre photographies du document 3 ;

– un enregistrement (Document 4) : un Amîne témoigne sur la désintégration de l’organisation traditionnelle.

On fournit aux élèves le fond muet du plan du centre de la médina de Fès. Ils doivent le compléter en allant sur le portail de cette ville (www.fes-city.com/). Aller sur la rubrique « Plan de la ville », cliquer sur l’image 4 du plan de la médina. Le site est en français. Les élèves auront à transcrire en caractères arabes les noms à trouver qui sont écrits en caractères latins. Exemple : haddâdîne, voir le corrigé de la fiche élève 2.
Les renseignements à relever concernent la toponymie. Les noms de lieux correspondent aux activités artisanales ou commerciales qui s’y pratiquaient ou se pratiquent toujours.
On peut confier aux élèves avancés deux tâches supplémentaires :
– chercher des informations sur la fonction et le rôle du Amîne dans chaque corporation, sur le site Couleurs-Marrakech (www.couleurs-marrakech.com/) ;
– travailler sur l’organisation interne de chaque corporation, sur le site de Fès.

On passe à la projection du plan avec correction collective. Un point est fait à partir des éléments relevés sur le plan.
– Les différents artisans se regroupaient par métiers dans des souks spécifiques :
– Avec les commerces, ceux-ci constituaient le cœur battant de la médina.

Prolongement possible :
Travail sur les fonctions des quartiers qui constituent le tissu urbain de la médina (espace commercial, espace résidentiel, centralité des lieux de culte, fonction culturelle et intellectuelle de Fès : Medersa).

On travaille ensuite collectivement sur le tableau des noms qui constitue la deuxième partie de la Fiche élève 2. Ce tableau permet d’étoffer la liste des métiers et leur diversité (travail possible en morphologie sur les métiers).
– La toponymie témoigne de la disparition de beaucoup de corps de métiers :
– Marque de l’effet dévastateur de la concurrence des produits industriels.

Pour terminer, on écoute le témoignage (Document 5) et on l’exploite.
Script de ce témoignage (Document professeur) :


– Organisation des métiers en « corporations » ou « guildes ».
– Regroupement des métiers au sein d’un même espace qui favorisait l’existence de liens sociaux et humains très forts entre maîtres artisans «  » et entre ceux-ci et leurs «  » (artisans) et «  »
(apprentis) : c’est dans ce cadre que se faisait la transmission du savoir-faire.
– Au sein de chaque corporation, le Amîne jouait le rôle de médiateur, de référent défenseur de la qualité des produits :
– Cette organisation a volé en éclat du fait des difficultés que connaît l’artisanat. Le Amîne n’est plus rien.
Conclusion
L’artisanat a beaucoup souffert de la pénétration des produits industriels. Beaucoup de métiers ont disparu ou tombent en désuétude. Seuls les artisans qui ont su s’adapter à la nouvelle donne ont retrouvé un certain dynamisme. Le tourisme a joué un rôle important dans la reconversion des artisans. Mais il existe des réussites plus spectaculaires : c’est le cas du calligraphe Nja Mahdaoui et d’un maître artisan céramiste «  » installé aux États-Unis.

Pour la séance suivante, les élèves sont invités à faire des recherches afin de réunir des éléments qui vont dans le sens d’une reconversion réussie. C’est le cas des grands maâllem qui perpétuent la tradition artisanale ancestrale, et c’est à eux que l’on va s’intéresser au cours des séances suivantes. On peut indiquer des sites, par exemple :
– Nja Mahdaoui www.nja-mahdaoui.com/
– Couleurs-Marrakech www.couleurs-marrakech.com/
Séance 4
La réussite des maâllem qui perpétuent un savoir-faire ancestral : l’exemple des maîtres artisans menuisiers ébénistes. On s’appuie sur deux enregistrements : « Qui sont les maâllem ? » (Document 5) et « La grande tradition de l’ébéniste » (Document 7), et sur deux séries de photographies (Documents 6 et 8).
Compréhension orale
On écoute en continu, deux ou trois fois, l’enregistrement (Document 5).
Script de ce témoignage (Document professeur) :
L’objectif, dans cette première phase, est d’amener les élèves à comprendre :

Dans une deuxième phase, une écoute fractionnée vise à affiner la compréhension et donc à amener les élèves à saisir l’articulation du texte, à la reproduire et à en formuler le contenu en arabe standard.

On clôturera cette séance par un moment de prise de parole en continu : les élèves récapituleront les différents points.

La façon dont le témoignage se termine : «  »
sert de transition pour amener les élèves à réfléchir sur les autres attributs d’un grand « maître artisan », en l’occurrence la maîtrise d’un savoir-faire ancestral, facilement monnayable dans la conjoncture actuelle.

Les photographies du document 6 (A, B, C) donnent lieu à un moment d’expression orale en interaction, permettant de mettre en place le lexique nécessaire à la compréhension du témoignage d’un maître artisan menuisier ébéniste. Lexique :
Ceux qui réalisent ces ouvrages sont des menuisiers dépositaires d’un savoir-faire ancestral : ce sont eux qui ont perpétué l’ébénisterie, la peinture et la sculpture sur bois.
À la fin de cette quatrième séance, et pour préparer la séance suivante, les élèves doivent :
– lire le témoignage d’un najjâr (menuisier ébéniste) de Fès et revenir avec des informations sur ce maâllem sur le site Couleurs Marrakech (www.couleurs-marrakech.com/) ;
– prendre connaissance de la fiche d’écoute (Fiche élève 3). Elle comporte des erreurs que les élèves corrigeront à l’écoute pendant la séance suivante.
Séance 5
Compréhension de l’oral : enregistrement d’un maâllem ébéniste (Document 7).
Script de ce témoignage (Document professeur) :

Ce travail s’effectue dans une salle multimédia.
– Les élèves écoutent individuellement l’enregistrement et corrigent les affirmations erronées que comporte la Fiche élève 3 (phrases à corriger : 1, 3, 4, 5, 6, 7 et 9).
– La correction de cette fiche est faite collectivement.

Expression orale (prise de parole en continu).
Une nouvelle écoute fractionnée et guidée permettra aux élèves de rendre compte du contenu de l’enregistrement sous forme de prise de parole en continu.
Séance 6
Expression orale 
Phase 1
À partir des trois dernières phrases corrigées (6, 7 et 9) du questionnaire de la Fiche élève 3, on fait le point sur les éléments de décoration utilisés (dessins géométriques, floraux et calligraphiques) et l’école arabo-andalouse à laquelle ils appartiennent avec les photographies de synthèse sur l’art hispano-mauresque (Document 8).

Phase 2
On projette les neuf vignettes de la Fiche élève 4 dans un ordre aléatoire et on demande aux élèves de reconnaître le genre de décoration, le matériau et enfin de rédiger la légende de chaque vignette et d’en ordonner l’ensemble en fonction du type de décoration.
Les photographies de synthèse aideront les élèves à visualiser et à décrire l’organisation de cette décoration dans un édifice (Document 8).
Jeu de rôle
On constitue des groupes de 4-5 élèves. À l’intérieur de chaque groupe, les élèves jouent un rôle : le guide, un visiteur qui a lu un guide touristique, un autre qui a consulté les sites Internet, quelqu’un qui fait tout le temps répéter parce qu’il entend mal ou comprend mal, etc.

Fiches élève et corrigés
Fiche 1 : compréhension écrite – classement des informations
Fiche 2 (A-B) : recherche d’informations sur le plan de Fès
Corrigé de la fiche élève 2B
Fiche 3 : compréhension orale et écrite
Corrigé de la fiche élève 3
Fiche 4 : rédaction des notices des vignettes

Prolongements et ressources
– Splendeurs persanes
Une exposition à la BnF, panorama complet de l’art du livre persan
http://expositions.bnf.fr/
– Travail sur la survivance de l’art arabo-andalou au Maroc
Voir fiche sur la mosquée Hassan II de Casablanca ou la Mosquée de Paris.
www.ardds.org/
– Revue pédagogique publiée par l’association « Arabe et Pédagogie » : Textarab, n° 22, p. 12-17.
– Ouvrages en arabe :
– Films documentaires de Raymond Collet (Centre culturel français, Fès, Maroc)
L’Art du zellige (34 min), Le Bois à Fès, décor et tradition (26 min), La Médina de Fès (26 min)
www.1001images.com/


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