Titre : L’art de la miniature  Niveau : primaire : A1, cycle 3, CM La séquence peut être adaptée pour les premières années de collège (6e, 5e). Langue : arabe
|
|
Objectifs
Langagiers – Expression et interaction orale : mémoriser un échange bref, présenter, décrire, émettre des hypothèses. – Compréhension de l’écrit : reconnaissance globale de mots connus à l’oral. – Expression écrite : construire des phrases en réorganisant des éléments connus ou à recopier. Légender un dessin. Linguistiques Noms d’animaux, adjectifs servant à décrire. Expression au futur. Culturels et interculturels Quelques musées du monde arabe. Livres arabes anciens. L’art de la miniature. Contes et fables (Ésope, Kalila wa Dimna, La Fontaine…). Illustrations de contes par la miniature. Quelques contes de Kalila wa Dimna.
|
|
Documents supports
Les documents suivants sont donnés à titre d’exemples. Ils peuvent être remplacés par tout document iconographique représentant un musée ou une pièce de collection du monde arabe. Les sites indiqués présentent des collections très riches. L’enseignant veille à choisir des œuvres représentatives et en provenance de divers pays arabes. Il choisit les documents en fonction des réalités de sa classe (implantation géographique, programmes, projets…).
1. Une image ou une affiche d’un musée local ou, par exemple, de l’Institut du monde arabe portant l’inscription 
2. Carte du monde arabe, de préférence en arabe
3.1 Musée du Caire Sur le site « L’Égypte éternelle » : sur la page d’accueil, cliquer sur « sites et musées » puis sur « musée égyptien ». www.eternalegypt.org/
3.2 Statue du musée du Caire Toujours sur le site « L’Égypte éternelle » : utiliser le moteur de recherche en page d’accueil : taper « Toutankhamon ».
3.3 Masque de Toutankhamon : idem.
3.4 Musée du Bardo à Tunis On choisit, par exemple dans « la collection », des pièces de monnaie ou la célèbre mosaïque de Virgile écrivant l’Énéide. www.di.com.tn/museebardo/
3.5 Musée national de Beyrouth
3.6 Meubles peints au Maroc www.meublepeint.com/
3.7 Peintures orientalistes Sur le site du musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt http://orientaliste.free.fr/
4. Livres arabes anciens Dans l’exposition en ligne « L’art du livre » disponible sur le site de la BNF, voir en particulier les chapitres « Supports et formes », « L’art de la reliure » et la géographie d’al-Idrîsî dans « L’art de la miniature ». http://expositions.bnf.fr/
5. Enluminures Toujours sur le site de la BNF : dans l’exposition « L’art du livre » : « L’art de l’enluminure ». http://expositions.bnf.fr/
6. L’art copte Sur le site « L’Égypte éternelle », dans la partie consacrée au Musée copte : page 4, des icônes, et page 5, des manuscrits dont certains sont illustrés. www.eternalegypt.org/
7. Miniatures Toujours sur le site de la BNF : dans l’exposition « L’art du livre » : « L’art de la miniature » http://expositions.bnf.fr/
8. Le mi’râj Dans l’exposition « L’art du livre », sur le site de la BNF, les pistes pédagogiques proposent une page consacrée à « La question des images dans la tradition islamique ». Cliquer sur « Le mi’râj de Muhammad ». http://expositions.bnf.fr/
9. Kalila wa Dimna Toujours sur le site de la BNF, une partie est consacré aux « livres illustrés » ; cliquer sur « Kalila wa Dimna ». http://expositions.bnf.fr/

Mise en œuvre
Séance 1
Présentation de la situation
L’image du musée portant l’inscription est fixée au tableau (Document 1).
Les enfants répondent en arabe et en français. L’enseignant montre, sans les afficher, les images correspondantes aux réponses données (Documents 3 et autres images) et reformule en arabe les réponses données en français. Il fait répéter les mots arabes nouveaux.
Il utilise et fait utiliser aux élèves le lexique vu dans d’autres séances et s’appuie sur les affichages de la classe : Il note le lexique au tableau au fur et à mesure. Puis il invite chaque élève à produire une phrase qui ne répétera pas ce qui aura déjà été dit par un camarade. Il est donc préférable d’interroger d’abord les élèves les moins avancés, qui auront ainsi davantage de choix.
Lorsqu’il s’agit de lexique déjà étudié, l’enseignant invite à plus de précisions :
Quelques musées du monde arabe
L’enseignant affiche la carte du monde arabe (Document 2). Il désigne un élève comme meneur de jeu et lui montre, en faisant de sorte que les autres ne les voient pas, les photos des musées « disponibles ». L’élève demande à un camarade :
Le meneur de jeu montre les photos correspondantes (Documents 3), ou : L’échange doit être mémorisé. On continue jusqu’à ce que toutes les photos aient été découvertes.
Trace écrite
Chaque élève écrit et illustre une phrase :
Une partie de la phrase est notée au tableau :
L’enseignant lit ces morceaux de phrases, il fait bien prendre conscience aux élèves de la différence entre l’oral et l’écrit. Le lexique vu au cours de la phase de présentation figure également au tableau, en colonne :
Enfin, les élèves disposent des affichages muraux et de leurs cahiers (noms de vêtements, jours de la semaine, instruments, …). On devrait obtenir des phrases comme : L’enseignant incite les enfants à étiqueter les objets reproduits dans leur dessin :
Il corrige les fautes et fait ajouter les tanwîn nécessaires. Il peut expliquer aux élèves que « c’est parce que le nom est COD », sans donner de plus amples détails.
Séance 2
Révisions
Musées du monde arabe
La carte du monde arabe est affichée au tableau. Les villes dont on peut « visiter » les musées sont cette fois repérées (gommettes, punaises de couleur). Par groupes de deux ou trois, les élèves doivent se remémorer en arabe les différents musées et les objets que l’on peut y voir. On a tout intérêt à constituer des groupes hétérogènes dans lesquels les élèves les plus avancés aideront leurs camarades à retrouver et à mémoriser le lexique. Toutes les photos sont ensuite affichées en désordre au tableau. C’est l’occasion pour les élèves de compléter leur travail puis de présenter oralement un musée :
Au tableau, un élève montre et réorganise les photos au fur et à mesure de la présentation faite par ses camarades. On s’arrête lorsque toutes les photos ont été présentées.
Présentation des dessins des élèves
Les dessins réalisés lors du cours précédent sont distribués de manière à ce qu’aucun élève ne reçoive son propre dessin. Chaque élève présente oralement le dessin qu’il a reçu :
Il peut solliciter l’aide de ses camarades :
Une collection de livres anciens
L’enseignant présente les documents de la BNF (Documents 4). Il peut également apporter ou demander aux élèves d’apporter de vieux livres en classe, si possible en arabe mais aussi en français.
Les documents présentés sont décrits un par un. Bien faire prendre conscience aux enfants de l’âge de ces documents, des matériaux utilisés (cuir pour la couverture notamment), des sujets abordés (corans et livres religieux : hadîth, sîra… littérature, contes, géographie, médecine, poésie : la célèbre Burda dont on remarquera la présentation). Les photos des documents de la BNF, d’une grande qualité, gagneront à être projetées. L’enseignant donne le nom des auteurs en arabe et les titres, dont il fait remarquer aux élèves les assonances (« ») et qu’il leur fait répéter pour le jeu des sonorités. À propos de la carte extraite de la géographie d’al-Idrîsî, il est intéressant d’apporter d’autres reproductions de cartes, de faire remarquer aux élèves, en arabe et à l’aide de gestes, que le nord est au bas de la carte, que le monde connu à cette époque n’était pas celui que l’on connaît aujourd’hui, que la représentation à plat à une époque où l’avion n’existait pas était difficile…
Écritures
Projection des Documents 4 (« supports et formes » et « l’art de l’écriture »). On compare les écritures, on évoque l’apparition des points diacritiques, l’utilisation des couleurs. On remarque la couleur du papier, de l’encre…
Trace écrite
Jeux d’écriture
Il s’agit de retrouver un mot connu dont tous les points ont été effacés ; les mots sont proposés par les élèves à leurs camarades. Même chose par équipes : une liste de mots sans points est distribuée à chaque équipe ; il faut retrouver les mots le plus vite possible… L’enseignant adapte la difficulté au niveau de la classe : – très facile : tous les mots, en désordre, figurent au tableau ; – plus difficile : les mots sont tous affichés dans la classe ; – encore plus difficile : les mots figurent dans les différents outils (cahier, affichages muraux…). Ils sont ou non classés par thèmes, qui peuvent être indiqués (famille, école, jours de la semaine…). Dans tous les cas, on choisit des mots déjà vus et que les élèves pourront assez facilement retrouver. Correction.
Faire une carte
On va dessiner la carte de sa ville, de son quartier. On se met d’accord au préalable sur les éléments qui devront impérativement figurer sur la carte et dont les noms devront être écrits :
… Ces noms sont écrits au tableau et les élèves devront les recopier sur leur carte.
Séance 3
Révisions
Illustrations : enluminures
Projection des Documents 5.
Bien faire à cette occasion la différence entre l’interdit religieux et la loi, au besoin en français. Si aujourd’hui la représentation du visage du prophète Mohammed reste illicite du point de vue religieux, elle n’est pas, en Europe notamment, interdite par la loi. On peut faire référence à ce propos au film ar-Risâla, bien connu de la plupart de nos élèves, et projeter des représentations du mi’râj (Document 8). On compare aux enluminures figurant sur les manuscrits chrétiens (Document 5), coptes en particulier (Documents 6).
Illustrations : miniatures
Projection des Documents 7. L’enseignant choisit quelques miniatures qui feront l’objet d’un travail de description et d’émission d’hypothèses. Il sollicite les élèves :
On regarde en dernier la miniature illustrant le conte de Kalila wa Dimna, « Les corbeaux et les hiboux ». Après avoir aidé les élèves à identifier les protagonistes et la situation, et à émettre des hypothèses, l’enseignant raconte l’histoire en arabe. Il s’assure de la compréhension par tous de l’ensemble, en recourant au besoin au français de manière ponctuelle.
Trace écrite
Chaque élève illustre un passage au choix de l’histoire. Collectivement, on élabore en arabe des légendes que l’enseignant note au tableau. Il n’est pas nécessaire que toutes les phrases soient intégralement notées : certains mots, par exemple , et tous les mots récurrents dans l’histoire ne sont notés qu’une fois. Chaque élève élabore la légende de son dessin à l’aide des éléments notés au tableau.
Séance 4
Révisions : présentation des dessins des élèves et remémoration de l’histoire
Les dessins réalisés lors du cours précédent sont distribués de manière à ce qu’aucun élève ne reçoive son dessin. Chaque élève décrit oralement le dessin qu’il a reçu. Il peut solliciter l’aide de ses camarades (cf. séance 2). Collectivement, on met les dessins dans l’ordre de l’histoire, que l’on raconte.
Les fables : de « Kalila wa Dimna » à La Fontaine
L’enseignant choisit un conte de Kalila wa Dimna repris par La Fontaine, par exemple « La tortue et les deux canards », « Le lion, le chameau, le loup, le corbeau et le chacal » / « Les animaux malades de la peste », « L’ermite et la cruche de miel » / « Perrette et le pot au lait ». Il en présente une illustration aux élèves et leur demande d’émettre des hypothèses. Les enfants ne feront peut-être pas spontanément le lien avec les fables de La Fontaine, mais connaîtront sans doute en français des histoires dans lesquelles des animaux parlent. L’enseignant leur demande d’en raconter une ou deux en français et leur demande pourquoi, à leur avis, on fait jouer à des animaux le rôle d’hommes. Il raconte l’histoire en arabe, présente brièvement Kalila wa Dimna, le conte cadre, et le lien avec les fables de La Fontaine, éventuellement le Roman de Renart (au programme de français en 5e). Il lit la version de La Fontaine.
Les fables : mettre en scène des animaux
Projection des Documents 9. Kalila et Dimna, description des deux animaux
La description est reprise de façon systématique afin d’être maîtrisée par tous les élèves. On fait de même pour les images suivantes.
Au collège, on peut envisager, à partir d’une illustration et d’une fiche de lexique, de faire inventer une histoire en arabe aux élèves (à l’oral puis à l’écrit). Ce n’est généralement pas possible en école élémentaire. On peut toutefois, dans le cadre du cours de français, leur faire écrire l’histoire en français.
Trace écrite
À partir d’une illustration significative (le reflet du lion et du lièvre dans le puits, le lièvre et l’éléphant, le singe jetant des fruits sur la tortue…), les élèves imaginent et écrivent une histoire en français. Ils l’illustrent au moyen de miniatures (dont on aura repéré les caractéristiques esthétiques) légendées en arabes et réalisent ainsi un livret.

Ressources complémentaires
Fables
– N’importe quelle édition arabe de Kalila wa Dimna. Traduction française : MIQUEL André, Le Livre de Kalila et Dimna, Paris, Klincksieck, 1980. – Kalila wa Dimna, fables choisies, Paris, IMA, Ipomée-Albin Michel, 1997. Album bilingue, avec de nombreuses illustrations extraites d’un manuscrit syrien du XIIe siècle (collections de la BNF). – LA FONTAINE, IBN AL-MOUQAFFA, La Laitière et le Dévot. Quand deux fables se rencontrent, Paris, Arléa, 1997. Ces livres présentent parallèlement deux fables de La Fontaine et les deux fables du Livre de Kalila et Dimna d’Ibn al-Muqaffa dont elles s’inspirent (« Le berger et le roi » / « Le lion et le chacal » ; « La laitière et le pot au lait » / « Le dévot et la cruche »). – DUMAS Rachida, KHALDI Karima, RADOUANE Claire, Riyâd al-lugha 1, « al-nâsik wa l-jarra » et « La laitière et le pot au lait », p. 60-63, Rabat, Centre d’études arabes, 2003. Version arabe et version française et belles miniatures (collections de la BNF).
Animaux
– DUMAS Rachida, KHALDI Karima, RADOUANE Claire, Loto hadîqat al-hayawanât, Rabat, Centre d’études arabes, 2003. – LANDOULSI Mahrez, Jeu de loto al-hayawanât, Jedda, Dar al-Nabtah, 2000. – De nombreux albums arabes mettent en scène des animaux dans des contes traditionnels ou modernes.
Miniatures
RICHARD Francis, Les Cinq Poèmes de Nezâmî, chef-d’œuvre d’un manuscrit persan du XVIIe siècle, Paris, Bibliothèque de l’image, 2001.

|
|
|
|