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Titre : Sur les traces de l’âge d’or arabe à Grenade
 Niveau : collège A1 (en tout début d’apprentissage) La séquence peut être adaptée pour des niveaux différents (6e LV1, 4e LV2, ou pour une séance d’initiation). Langue : arabe
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Objectifs
Linguistiques – identifier et différencier les lettres (reconnaissance graphique) – savoir exploiter les ressources de la transcription et reconnaître les emprunts à l’arabe – travailler la graphie selon la calligraphie arabe – organiser le lexique urbain – décrire oralement un parcours – s’initier à l’écoute d’une chanson Culturels – Grenade d’al-Andalous et royaume arabe de Grenade (découverte à travers les mots et les images) – l’organisation urbaine basique d’une medina – muwashshaha : poème chanté, avec strophes et refrain, de l’époque classique – les échanges entre les langues – la calligraphie arabe Méthodologiques – utiliser des indices pour se repérer sur un plan de ville – situer des lieux sur un plan de ville – s’initier à la recherche documentaire
NB : cette séquence aboutit à un jeu de piste sur un plan de l’Albaicin à Grenade : elle gagnera à être mise en œuvre en collaboration avec un professeur d’espagnol.
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Contenu de la séquence proposée
Documents principaux
Cliquer sur les photos ci-dessous pour les agrandir.
1. Photographies « reconnaissance graphique » |
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2. Photographies « calligraphie » |
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3. Photographies « transcription » |
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4. Muwashshaha (texte) Texte de Lamma bada :
5. Photographies illustrant la fiche élève 1 |
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6. Photographies illustrant la fiche élève 2 |
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Documents secondaires
Géographie
Visualiser la géographie des conquêtes arabes en al-Andalous à l’aide d’une carte www.ac-versailles.fr/ Carte et cartographie http://vialupo.jcldb.com/
Muwashshaha : pour écouter « Lamma bada »
En arabe
Nous recommandons particulièrement la version « classique » d'Alep par Sabah Fakhri, qu’on ne trouve malheureusement ni en ligne ni en CD. La version de Juan Martin est très intéressante aussi, d’autant que c’est un Espagnol contemporain qui l’interprète en arabe. Attention cependant, le second vers de la strophe est omis. Disponible en CD : Juan Martin, Musica alhambra, Espagne 1998, Flamencovision/Night & Day. www.sefronia.com/
En espagnol
L’adaptation de Lamma bada par le groupe espagnol Radio Tarifa est un autre exemple de l’appropriation par l’Espagne contemporaine du patrimoine arabe andalou. La Muwashshaha est interprétée en espagnol avec un chant d’inspiration flamenco sur une instrumentalisation d’inspiration berbère. Disponible en CD : Radio Tarifa, Rumba Argelina, Espagne 1995, Ariola.
À écouter en ligne ou à télécharger
1) par Fayrouz, très rapide www.altarab.com/ 2) par Hamza El Din, plus lente que celle de Fayrouz, présente des variantes dans la mélodie www.orientaltunes.com/ 3) par Cheikh Sayyid es-Sufti, intéressante mais difficile pour des collégiens www.zeryab.com/ 4) par un chanteur turc, mais avec un accent turc ! http://hberteaux.free.fr/

Mise en œuvre (5 séances)
Séance 1
À travailler sous forme d’atelier durant la seconde partie d’un cours, dès que les élèves connaissent les lettres en jeu dans cette séquence, ou même avant s’il y a des élèves avancés parmi eux.
On observe les tags sur les photos A, B, C (reconnaissance graphique), depuis l’ordinateur à l’aide d’un projecteur multimédia, et on repère ce qui ressemble à de l’écriture arabe. – Photographie A : le tag ressemble à une écriture-palindrome lisible de droite à gauche. Si on suppose une inspiration de l’écriture arabe quelles lettres décèle-t-on ? هـ et ـقـ . – Photographie B : en quoi les deux tags font-il penser à de l’arabe ? Facilité à balayer de droite à gauche, formes cursives montantes ou descendantes, un point, des « cannes », traits horizontaux évoquant le lâm et le alif- lâm. À comparer avec l’inscription en arabe qui surplombe le tag de droite. – Photographie C : comparer le tag en noir précédé d’une flèche et le tag en bleu. Le premier évoque un mot manuscrit en caractères latins (il est orienté gauche-droite par la flèche) et le second évoque un mot en arabe. Si on suppose une inspiration de l’écriture arabe quelles lettres décèle-t-on ? حـ ـمـ ـلـ et هـ.
On précise alors aux élèves que ces tags ont été photographiés récemment sur les murs du quartier Albaicin de Grenade. Ce quartier est l’ancienne médina arabe et date de l’époque d’al-Andalous. On propose un résumé historique et une visualisation sur une carte de la conquête musulmane de l’Espagne, référence à l’âge d’or arabe en Andalousie (voir documents secondaires). On en conclut qu’il y a forcément différentes sortes de traces de la présence arabe dans l’Albaicin, et que les tags que l’on vient d’observer en sont une des dernières réminiscences. On se propose pour toute cette séquence d’engager la classe sur les traces de l’âge d’or arabe dans la Grenade d’aujourd’hui.
On observe alors les photographies D, E, F (reconnaissance graphique) pour continuer de repérer sur les murs de Grenade des lettres arabes. – Photographie D : difficiles à repérer, les deux lettres نع en bas du visage. On révise au tableau l’écriture initiale/médiane/finale du ع. – Photographie E : ى et ق, on peut essayer d’imaginer ce qu’était le mot inscrit sous ى. On rappelle le rôle des points qui différencient ى et ي. On révise au tableau l’écriture initiale/médiane/finale de ي et ق. – Photographie F : les élèves notent individuellement toutes les lettres qu’ils reconnaissent sur le fond de l’affiche, et comparent oralement leurs résultats.
On projette alors la photographie G (reconnaissance graphique) et les élèves les plus avancés lisent les deux mots كلمة et صورة. On demande aux élèves de justifier l’écriture du ta marbouta pour chaque mot. On peut remarquer que ces deux mots indiquent le mode de notre séquence : un travail sur les mots à travers des photographies. Ne pas hésiter non plus à faire lire le mot azul tagué en caractères latins, à le traduire soi-même (« salut/bonjour ») s’il ne peut l’être par un élève berbérophone de la classe ; en profiter pour évoquer la coexistence de l’arabe et de la tamazight au Maghreb, éventuellement évoquer la question de la graphie de cette dernière.
Travail pour la séance suivante : recherche rapide en groupes au CDI (dictionnaires, encyclopédies et guides) sur Cordoue, Séville, Grenade à l’époque musulmane, l’Alhambra.
Séance 2
Toujours sous forme d’atelier en seconde partie de cours, après le compte rendu sur les recherches demandées à la séance précédente. Introduction aux principaux styles de la calligraphie arabe en observant les photos H à K (calligraphie). Les élèves observent les photos puis les comparent et déduisent eux-mêmes ce qui caractérise chaque style. – Photographie H : coufique – Photographie I : coufique et thuluthi – Photographie J : naskhi (plus lisible sur la photo J bis) – Photographie K : diwani
Distribuer aux élèves un document résumant ces différents styles (voir également la rubrique « Prolongements et ressources ») et souligner la fonction et l’importance de la calligraphie à l’âge d’or arabe. D’après les photographies prises à Grenade, le rôle de la calligraphie est-il le même aujourd’hui ? Distribuer des feuilles blanches et demander aux élèves d’écrire leur prénom au marqueur à pointe plate, en s’inspirant du style calligraphique de leur choix.
Pendant qu’ils dessinent, leur faire écouter une des versions de la muwashshaha Lamma bada (voir documents secondaires) en indiquant simplement qu’il s’agit d’une musique qui nous est parvenue de l’époque de la Grenade andalouse.
Travail pour la séance suivante : recherche rapide en groupes au CDI (dictionnaires et encyclopédies) sur la musique arabo-andalouse, Ziryab, le oud.
Séance 3
Introduction à la transcription en observant les photos L à U (transcription). L’objectif n’est surtout pas de découvrir l’alphabet phonétique, mais simplement d’apprendre à reconnaître un mot arabe orthographié d’une manière inhabituelle. On établit d’abord clairement la distinction entre transcription et traduction, à l’aide des photos L et M : – Photographie L : inscription bilingue, seul le mot Granada est une transcription, le reste est de la traduction. – Photographie M : trouver le mot de l’enseigne qui a été transcrit en arabe.
Consigne pour les photos suivantes : 1) Retrouver le mot arabe qui a été transcrit en espagnol. 2) Le noter en arabe sans modèle. Une piste : parmi les mots à reconnaître se trouvent des noms propres de villes marocaines ou de personnes. – Photographie N : zafra /صفراء – Photographie O : abad /عبد ouعابد – Photographie P : aben Humeya / بنو أميّة , En profiter pour mentionner que le dernier calife omeyyade a trouvé refuge en Andalousie. – Photographie Q : zoraya / ثريّة – Photographie R : aixa / عائشة – Photographie S : daral horra دار الحرّة / – Photographie T : deljarife / الخليفة et alhuceima / الحسيمة – Photographie U : eshavira / الصويرة beaucoup plus difficile à déchiffrer et à relier au nom arabe.
On corrige l’orthographe et on lit les mots en arabe en s’appliquant à bien prononcer tous les sons et à respecter le rythme. On traduit éventuellement les noms communs de l’arabe vers le français.
Compte rendu sur les recherches demandées à la séance précédente. Mise au point sur le genre muwashshaha, chant versifié à strophes et refrain en arabe mélangé dialecte-fusha. Présentation de Lamma bada Yatathanna : muwashshaha antérieure au XIVe siècle. Faire écouter une des versions de la muwashshaha Lamma bada, pas nécessairement la même que la veille (voir documents secondaires). Intégrer cette découverte musicale dans le cadre de la musique andalouse et de la musique d’Andalousie (notamment si les versions de Juan Martin et de radio tarifa sont écoutées), en précisant que le flamenco s’est nourri des muwashshahat, ainsi que des chants séfarades apportés par les juifs présents avant et pendant l'occupation arabe, sans oublier la tradition hindoue d'Inde du Nord apportée par les gitans.
La première écoute se fait sans le texte, pour repérer les instruments, les refrains et la complainte «أمان». À la deuxième écoute, on propose aux élèves de repérer les rythmes (voyelles longues) et consonnes redoublées. On distribue alors le texte (document 4) et à la troisième écoute les élèves y surlignent ce qui a été relevé juste avant et notent les shaddas.
Séance 4
On propose à la classe de se figurer une amie imaginaire qui vivrait à Grenade et s’appellerait Inès. Elle nous invite à la suivre dans différents lieux qu’elle fréquente. Grâce à un plan du quartier Albaicin de Grenade qui figure sur les fiches élèves 1 et 2 et à d'autres photographies (photographies 1 à 12 pour la fiche élève 1 et photographies 13 à 21 pour la fiche 2), les élèves vont la suivre et mieux connaître Grenade.
On distribue aux élèves la fiche élève 1 (« Promenade en médina avec Inès : جولة في المدينة مع إيناس »). Un élève lit progressivement le parcours de la promenade à haute voix tandis que le professeur fait défiler les photographies 1 à 12 correspondant aux lieux évoqués (au projecteur multimédia). On projette les photographies une seconde fois, sans lecture du texte, pour les commenter, bien comprendre la fonction de chacun des lieux, commenter l’architecture (par exemple l’arc outrepassé des portes ou des minarets…), les arts décoratifs (stuc…). Les élèves nomment en arabe les lieux qui leurs sont déjà connus.
On fait alors collectivement l’exercice 1 de la fiche, tout en projetant une troisième fois les photographies au fur et à mesure. Ne pas hésiter à enrichir l’exercice : évoquer par exemple le Guadalquivir de Séville (lorsqu’on lit « واد الدارّو »), et demander aux élèves de deviner comment on l’appelait en arabe. À la fin de l’exercice, les élèves surlignent tous les mots en arabe se rapportant à la ville (ساحة الدار – حمّام – قلعة – صور – قصر – مقهى – باب – منارة – فُندق – ساحة – دُكّان – مطعم – جسر – واد) : ils seront intégrés à une fiche lexicale sur la ville en fin de séquence.
Pour faire l’exercice 2, on relit la promenade d’Inès tout en reliant les chiffres rouges sur le plan. On peut également projeter le plan de l’Albaicin et de l’Alhambra qui figure sur la fiche (en l'imprimant sur transparent pour le professeur) à l’aide d’un rétroprojecteur. Puis les élèves décrivent oralement en arabe le parcours d’Inès en mobilisant : – les mots surlignés sur l’exercice 1 – le lexique du mouvement et de la localisation (أمام - وراء - اليسار - اليمين - شمال - جنوب - غرب - شرق - وسط - تحت - فوق - قبل - بعد - مقابل - داخل - خارج)
Pour clore la séance on peut projeter des photographies du palais de l’Alhambra à l’aide du projecteur multimédia : Site Accès direct www.vivagranada.com/ Ce diaporama peut aussi bénéficier d’un fond de musique arabo-andalouse ou andalouse.
Devoir à rendre pour la séance suivante : voir fiche élève 2.
Séance 5
Correction du devoir (fiche élève 2) en procédant comme à la séance précédente (photographies 13 à 21). Au fur et à mesure que les lieux du parcours sont identifiés, on les observe en photographie et on commente. Les élèves surlignent tous les nouveaux mots en arabe se rapportant à la ville : مدرسة – المسجد الجامع – القصبة – شارع – نافورة De nouveau, les élèves décrivent oralement en arabe le parcours d’Inès en mobilisant les mots surlignés dans les deux fiches, ainsi que le lexique du mouvement et de la localisation.
On affiche les plans en arabe et les plaques de rue ou d’édifice réalisées par les élèves.
On peut alors comparer pour différents lieux leurs deux appellations en arabe et en espagnol. On aide les élèves à trouver trois emprunts : mezquita / مسجد, candil / قنديل, alminar / المنارة. Ces trois mots sont des emprunts en espagnol et en français (mosquée, chandelle, minaret). Si la séquence est travaillée en collaboration avec un professeur d’espagnol, travailler aussi sur les noms des rues Zenete, Almirante et Algibe laissés à cet effet sur le plan.
Distribuer aux élèves la fiche élève 3 (« Inès fait les courses en arabe ») et faire l’exercice collectivement, à haute voix.
Pour clore la séance et la séquence, on propose de réorganiser sous forme de fiche lexicale réutilisable les mots surlignés dans les fiches élèves 1 et 2. On peut éventuellement en ajouter selon les connaissances des élèves. Ce travail se fait collectivement et au tableau. La fiche sera mise au propre par un élève avancé en graphie ou par le professeur, et sera reproduite pour l’ensemble des élèves.

Fiches élève
Fiche 1 : promenade en médina avec Inès Fiche 2 : parcours d'Inès pour aller en cours d'arabe à Grenade Fiche 3 : Inès fait les courses en arabe

Prolongements et ressources
Ouvrages
Culture du Monde arabe
Le Monde arabe Kacimi Mohammed, Paris, Milan Encyclopes, 2002 (le souk, p. 16-17 ; les conquêtes p. 70 ; la calligraphie p. 105 ; la musique, p. 126-128, la médina, p. 178, l’Espagne musulmane, p. 228).
Le Prince d’Omeyya A. Fon Eisen Pocket Junior, 1998. Fiction (très appréciée des élèves de collège) retraçant la fondation du califat omeyyade en al-Andalous.
Averroès : un combattant de la pensée BT2, n° 26 : février 2000 / Mouans-Sartoux : PEMF, 2000. À travers la figure d’Ibn Rushd (connu en Occident sous le nom d’Averroès), philosophe, médecin et juriste andalou du XIIe siècle, c’est l’occasion de mieux connaître la richesse culturelle et intellectuelle de l’Espagne musulmane, et plus généralement de la Méditerranée à cette époque. Si cette collection s’adresse plutôt aux lycéens, certains chapitres pourront néanmoins être consultés avec profit au collège.
Calligraphie arabe : initiation Ghani Alani Fleurus, Paris, 2001. Manuel d’apprentissage pratique qui permet de s’initier à la calligraphie tout en la resituant dans ses dimensions artistique, culturelle et historique. On y trouve des échantillons de chacun des styles classiques.
Musiques du Maghreb Mortaigne Véronique Éditions du Chêne, Paris, 2002. Cet ouvrage présente un grand chapitre sur le genre musical arabo-andalou. Il souligne l’influence des diverses cultures qui s’entrecroisent. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un ouvrage jeunesse, sa présentation et son iconographie vivantes en font un ouvrage abordable dès le collège.
Les échanges entre les langues
Dictionnaire des mots français d’origine arabe Ben Smaïl Mohammed Tunis, 1994, Société tunisienne pour l’éducation récréative (STER) Ce dictionnaire présente quelques centaines de mots arabes introduits dans le français à travers le latin, l’espagnol, l’italien, l’anglais ou encore le provençal.
Arabesques. L’aventure de la langue arabe en Occident Henriette Walter et Bassam Baraké Éditions Robert Laffont, 2006. Ce livre à la fois sérieux et distrayant constitue une véritable introduction à la langue arabe à partir de l’héritage linguistique, culturel et artistique laissé par les Arabes en Europe. Il contient un glossaire des mots français venus de l’arabe, et un glossaire des mots arabes venus du français.
Sites
Grenade ; Andalousie Pour les images et l’histoire : site de Lorenzo Bohme www.vivagranada.com/
Calligraphie contemporaine Le travail de H. Massoudy http://perso.wanadoo.fr/hassan.massoudy/
Muwashshaha Partition musicale de Lamma bada pour faire chanter les élèves en collaboration avec le professeur de musique www.brianprunka.com/

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