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« ... De l'euro à l'Europe » : c'est avec un sous-titre contenant ces mots que Jean Boissonnat présentait son livre, La Révolution de 1999, sur l'euro comme catalyseur des changements fondamentaux de notre société. En effet, l'image de l'euro comme remplaçant des monnaies nationales par un calcul de conversion est simplificatrice. L'euro nous impose de revoir non seulement nos relations financières dans la zone euro, mais aussi celles avec les citoyens de l'ensemble de l'Union européenne et du reste du monde. L'euro n'est évidemment pas la cause des profonds changements de société que nous vivons : il nous aide à nous y adapter.
 Jean-Jacques Schul |
Pour sonder la profondeur de cette révolution, il convient d'abord de connaître les étapes de la construction monétaire européenne : on ne peut apprécier l'avenir de quelque chose dont on ignore le passé. Or cette construction fait de l'euro une pièce maîtresse d'un futur ordre monétaire et économique mondial. On ne peut comprendre, par exemple, la relation de 1 à 1 entre l'euro et le dollar américain sans connaître les ancêtres de l'euro issus de la première unité de compte européenne créée en 1950 pour faciliter la distribution du plan Marshall après la seconde guerre mondiale. C'est ce qu'expliquent les trois premiers thèmes qui proviennent du manuel de Promeuro qui connut deux éditions en français et fut traduit en quatre langues. Ce manuel, publié par les éditions de Boeck Université, que complétaient une vidéo et des illustrations aujourd'hui intégrées dans le texte, était le produit d'une équipe de spécialistes qui ont participé à cette fabuleuse histoire et à des tests dans des écoles européennes. Ce matériel aida plusieurs milliers de personnes à se préparer à l'euro. Les thèmes 4 et 5 résument ces mesures préparatoires qui ont conduit au plébiscite de l'euro fiduciaire en janvier 2002.
« Une monnaie unique, ça se mérite », rappelait régulièrement un chef de gouvernement européen. On ne peut acquérir les privilèges d'une monnaie internationale sans satisfaire à certaines obligations. Ce sont les fameux critères de convergence expliqués dans le thème 6. Ces sacrifices en valent-ils la peine ? Le thème 7 examine donc la performance de l'euro en fonction des « quatre coins du carré magique » : sa stabilité interne, sa stabilité sur les marchés des changes, son impact sur la croissance économique et sur l'emploi. Sans doute la plus grande victoire des citoyens européens à la fin du siècle dernier est-elle d'avoir enfin acquis une monnaie dont la valeur intrinsèque sera préservée grâce à l'institution d'une banque centrale indépendante. Mais, sans résultats probants sur l'ensemble des quatre coins, la politique monétaire de la zone euro risque de ne pas être durable.
Encore faut-il que la création de l'euro ne reste pas un exploit isolé et qu'elle soit soutenue par une infrastructure adéquate. Pourquoi les paiements transfrontaliers restent-ils si chers ? Faut-il accélérer l'harmonisation fiscale ? Comment peut-on faciliter la compensation et le transfert des valeurs mobilières dans l'Union européenne, qui restent aujourd'hui prisonnières des « silos » nationaux ? Le thème 8 analyse les progrès accomplis et les mesures encore à prendre pour réaliser le grand marché financier européen.
Durant tout 2001, les médias ont abondamment traité des questions pratiques de l'euro : la méthode de conversion, les modifications comptables et informatiques, etc. Mais qu'en est-il des autres conséquences ? Combien de dirigeants ont intégré dans leur schéma de pensée l'abandon des dévaluations compétitives de leur monnaie qui dans le passé compensaient les hausses exagérées de salaire ? Fini aussi l'endettement public excessif qui faisait porter par les générations futures le poids d'un train de vie difficile à tenir alors que ces générations devront supporter le poids de nos systèmes de pension mal adaptés au vieillissement de la population. L'euro va-t-il aggraver ou réduire les disparités de revenus entre régions ou couches sociales ? Le thème 9 développe les implications socio-économiques de l'euro et explique l'importance du Pacte de croissance et de stabilité.
Peut-on avoir un euro sans gouvernement européen ? Que vaut sur les marchés internationaux une monnaie qui n'a pas de gouvernement pour la soutenir ? Le thème 10 analyse les implications politiques de l'euro en rappelant qu'aucune des unions monétaires européennes du XIXe siècle faisant l'impasse d'une union politique n'a survécu et que la faiblesse de certaines monnaies nationales européennes était bien plus le fait du manque de confiance dans leur gouvernement que dans leur économie. Ces aspects de l'euro prennent une dimension particulière à la lumière de la Déclaration de Laeken et des travaux de la Convention européenne. Pour faciliter la tâche de l'enseignant, le thème 11 donne une brève description des institutions européennes et les adresses informatiques pour trouver des éléments plus précis sur chacune d'entre elles.
Enfin, quel est l'impact de l'euro sur les pays de l'Union qui ne l'ont pas encore adopté, sur ceux qui cherchent à rejoindre l'Union et sur les pays qui ont des relations privilégiées avec elle, notamment en Méditerranée et en Afrique ? Le thème 12 donne quelques éléments de réflexion sur ce vaste sujet.
Ce matériel didactique n'est pas simple, mais les questions monétaires et économiques sont complexes. Les changements de société que nous vivons sont déroutants, comme en témoigne l'opposition à la mondialisation, pourtant inventée et développée par les Européens depuis le XVe siècle. Par sa dimension historique, l'euro est une clé essentielle de compréhension des défis qu'affronte le jeune citoyen européen. Promeuro et Intelvidéré espèrent qu'avec ce nouveau matériel didactique, l'enseignant pourra lui faire prendre conscience de ses nouvelles responsabilités devant ses partenaires européens et étrangers, dans un monde où la recherche d'hégémonie est remplacée par le partage de souveraineté, condition d'une paix durable dans l'ère post-moderne.
Jean-Jacques Schul
« L'Union monétaire est une question de paix et de guerre. »
Helmut Kohl, ancien chancelier de la République d'Allemagne.
« L'euro n'est pas un simple gadget futuriste. Il assurera, grâce à la cohésion et à la solidarité des pays membres de l'Union européenne, ce surcroît de productivité, de potentiel économique et financier, qui garantira une saine croissance, donnant de nouveaux espoirs à la jeunesse qui monte. »
Pierre Werner, Premier ministre honoraire du grand-duché de Luxembourg, septembre 1997.
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