Bérénice 2001
Si nous avions été Bérénice, qu'aurions-nous dit ?


Rencontre avec les élèves de seconde 11 du lycée Voillaume d'Aulnay-sous-Bois, le 6 février 2001, en compagnie de leur professeur, Marie-Laure Basuyaux.


Acte I, Scène 4
Antiochus annonce son départ à Bérénice et lui avoue son amour secret.

Texte de Racine
Antiochus : Et je viens donc vous dire un éternel adieu.
Bérénice : Que me dites-vous ? Ah ! ciel ! quel adieu ! quel langage !
Prince, vous vous troublez et changez de visage ?
Antiochus : Madame, il faut partir.
Bérénice : Quoi ? ne puis-je savoir / Quel sujet ...


Texte de Véronique et Mamadou
En prose. Niveau de langue : courant.

Bérénice : Bonjour, Antiochus. Ca va ?
Antiochus : Oui.
Bérénice : Tu voulais me voir, non ?
Antiochus : Oui.
Bérénice : Et bien ? Parle, vas-y. Qu'est-ce que tu voulais me dire ?
Antiochus : Je voulais simplement te dire au revoir. Je pars. Je retourne chez moi.
Bérénice : Partir ? Et pourquoi tu veux partir ?
Antiochus : Je pars parce que je souffre.
Bérénice : Comment ça, tu souffres ? Tu es malade ? C'est ça ? C'est pour ça ?
Antiochus : Tu n'y es pas du tout ! Je pars parce que je ne veux plus te revoir.
Bérénice : Ah bon ! C'est de ma faute ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que je t'ai fait ? Je ne comprends pas. Explique-moi.
Antiochus : Ecoute-moi pour la dernière fois, je t'en prie...
Bérénice : Mais qu'est-ce que tu veux me dire ? Vas-y. Parle. Continue.
Antiochus : Ecoute, je souffre parce que je t'aime depuis cinq ans. Et toi, tu m'aimes comme un ami. Je voulais simplement que tu le saches. Mais ne t'inquiète pas, tu ne me reverras plus jamais.
Bérénice : Comment est-ce que tu peux me dire une chose pareille alors que Titus est ton meilleur ami ? Et que tu sais qu'on est ensemble ?
Antiochus : C'est pour ça que je me suis tu aussi longtemps. Mais je ne supporte plus de vous voir ensemble. Alors je pars, tu comprends ?
Bérénice : Antiochus, je t'aime bien, c'est vrai. Mais ce que tu me dis arrête tout entre nous. Je crois que tu as raison et je préfère que tu partes. Adieu !


Acte III, Scène 3

Antiochus, Bérénice, Phénice : Antiochus refuse tout d'abord d'avouer à Bérénice que Titus va la quitter, puis il cède à sa demande pressante. Bérénice est blessée, puis elle refuse de croire Antiochus.

Texte de Racine
Bérénice : Hé quoi ? Seigneur ! vous n'êtes point parti ?
Antiochus : Madame, je vois bien que vous êtes déçue,
Et que c'était César que cherchait votre vue.


Texte de Joanna, Mawaheb et Élodie
En prose. Niveau de langue : courant.

Bérénice : Tu n'es pas parti ? Antiochus : Tu es déçue ? Tu cherchais Titus ? Ce n'est pas de ma faute si je suis encore ici : il m'a retenu.
Bérénice : C'est toi qu'il cherche ; moi, il m'évite.
Antiochus : Pourtant il veut toujours me voir pour parler de toi !
Bérénice : De moi ?
Antiochus : Oui.
Bérénice : Et qu'est-ce qu'il t'a dit ?
Antiochus : Je n'ose pas te le dire.
Bérénice : Comment ça ?
Antiochus : Je ne veux pas te le dire car je tiens trop à toi et je ne veux pas que tu souffres.
Bérénice : Si tu tiens vraiment à moi, dis-le.
Antiochus : N'insiste pas. Si je te le dis, tu me détesteras.
Bérénice : Arrête ! C'est vraiment idiot ce à quoi tu joues. Parle ! Maintenant que tu as commencé, finis !
Antiochus : Bon ! C'est toi qui l'auras voulu. Titus veut te quitter car ses parents ne veulent pas qu'il soit avec une juive.
Bérénice : Quoi ? Après tous les moments qu'on a passés ensemble, il veut me quitter ! Pour ça ?
Phénice : Je t'avais prévenue, Bérénice, il ne fallait pas trop espérer. Maintenant, tu sais ce qu'il te reste à faire.
Bérénice : Après tous ces moments... Non, je ne peux pas y croire. Ça n'est pas possible. C'est toi qui mens, tu dis ça parce que tu m'aimes encore.
Antiochus : C'est vraiment ce que tu penses ? Tu crois que je pourrais te faire souffrir volontairement, alors que je t'aime encore, c'est vrai...
Bérénice : Allez, va-t'en ! Va-t'en Antiochus. Sors de ma vie ! Et ne m'adresse plus jamais la parole !
Antiochus : Bon, c'est toi qui l'as voulu.

Même texte. Joanna, Mawaheb et Élodie
En prose. Niveau de langue : familier.

Bérénice : Wech, Antiochus ! Tu t'es pas encore téjeu ?
Antiochus : T'es goutte dé ? Tu cherchais Titus ou quoi ? Oh smendau ! C'est pas de ma faute, c'est à cause de la wisse si j'suis al.
Bérénice : C'est toi qu'il cherche. Moi, il me calcule pas.
Antiochus : Il m'a dit de venir pour parler de oit.
Bérénice : De oim ?!
Antiochus : Ouais, Ouais.
Bérénice : Qu'est-ce qu'il t'a guélar ?
Antiochus : J'sais ap. Je peux pas te le dire.
Bérénice : Comment ça tu sais ap ? Vas-y ! Accouche...
Antiochus : Prends pas la tête : si j'te le dis, tu vas répleu.
Bérénice : Si tu me kiffes, dis-le oim.
Antiochus : Arrête de me soûler, si je te le dis, t'auras la haine contre moi.
Bérénice : Arrête de jouer au gamin : t'as commencé, tu finis.
Antiochus : Vas-y, j'me lance : Y a pas moyen, c'est mort avec Titus. Il veut te téjeu parce que t'es une feuj.
Bérénice : Comment ça « c'est mort » ? T'entends ça, Phénice ?
Phénice : J't'avais dit, miss, fallait pas te faire des films et tout. C'est à toi de jouer.
Bérénice : Sale mytho ! Tu me feki, c'est pour ça que tu dis ça...
Antiochus : Arrête de t'enflammer, c'est pas parce que j'ai dit que je te kiffais que je vais le mitonner.
Bérénice : Allez, tu prends tes cliques et tes claques, et tu te tailles.
Antiochus : Vas-y, vas-y ! Tu crois que j't'ai attendue pour le faire. Y a longtemps que je voulais me téjeu ! Allez, bye, bye !

 

Photo © CNDP, Jean-Marie Beaumont

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