REPÈRES

Deux langues différentes : les difficultés d'une langue accentuelle 
Compréhension
de l’oral
en anglais

Lycée


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La différence entre une langue syllabique et une langue accentuelle déroute le francophone.

Soit l'énoncé : « Mais c'est I-NÉ-VI-TABLE ! », avec montée sur la dernière syllabe du groupe de souffle, ici TABLE. Le francophone sera déconcerté par l'énonciation anglaise : « But it's inEvitable ! » : on n'entend distinctement que E, et la fin du mot disparaît, ce qui brouille un peu plus les repères du francophone pour qui « ça va trop vite ».
Ce jeu accentuel va d'autant plus perturber les élèves qu'il touche profondément à la mise en place du système morpho-syntaxique.
Le rôle du professeur est de veiller à ce que tous les éléments de l'énoncé soient en place, à l'écrit comme à l'oral. L'élève doit apprendre à placer les déterminants, les auxiliaires, les négations, les mots de liaison, les bonnes prépositions, autant de formes indispensables dans l'énoncé mais non accentuées la plupart du temps, voire tellement estompées qu'on ne les entend plus.
Deux cas de figure se présentent :
soit l'élève appliqué « sur-prononce » ce qui doit être atténué (mais présent tout de même) : d'où son désarroi à l'écoute quand il ne reconnaît plus les formes grammaticales qu'il a étudiées ;
soit l'élève ne prononce plus aucune forme faible absent dans « She listening », par exemple), confond a et the (« She is a teacher » = « She is the teacher », prononce ,et omet ces formes lors du passage à l'écrit.
Dans ces deux cas, l'apprentissage est perturbé à cause de la contradiction fondamentale entre la mise en place des structures à l'écrit, d'une part, et les caractéristiques d'une langue accentuelle, d'autre part. En effet, l'élève soucieux d'appliquer une grammaire que l'on qualifiera, pour plus de rapidité, de « générique », prononcera toutes les syllabes de l'énoncé en leur donnant une valeur accentuelle égale, d'où la nécessaire élaboration d'une grammaire de l'oral*.



 
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