REPÈRES

Processus mentaux 
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La compréhension de l'oral ne relève pas d'une procédure linéaire : pour bâtir du sens, on ne se contente pas de juxtaposer des mots, de morceler un énoncé en unités de sens qui se succèdent. Il faut appréhender le message dans sa globalité, tenir compte de l'intonation et du contexte. C'est une opération complexe sous-tendue par l'interaction des processus de haut niveau* (« top-bottom processes ») et des processus de bas niveau* (« bottom-up processes »), comme le décrit Amos Paran sur le site de l'université de Reading www.rdg.ac.uk/ .
Les processus de haut niveau permettent de compenser l'inconnu. Ils s'appuient sur l'expérience de l'élève, sur les connaissances préalables liées à cette expérience, sur ce que l'on appelle les connaissances partagées (la reconnaissance d'une sirène d'ambulance, par exemple). Ils permettent, en fonction de ce savoir, d'anticiper, d'émettre des hypothèses à partir des bruitages ou de faire des prédictions en cours d'écoute. Les processus de haut niveau s'appuient également sur la logique de l'élève. Ainsi, dans l'exemple « He was too small, he couldn't get his kite in the tree », la discrimination could/couldn't est délicate. C'est en ayant recours au raisonnement logique que l'élève peut éliminer could.

Une simple sonnerie de téléphone, au début d'un document sonore, suscite un schéma formel chez l'auditeur : l'élève s'attend à une conversation téléphonique impliquant deux interlocuteurs, et qui se déroulera selon un certain protocole (présentation, objet de l'appel, etc.). L'écoute appelle une image mentale déjà constituée.
De même, en cours d'écoute, la reconnaissance des mots car, crash et hospital permet à l'auditeur d'émettre l'hypothèse d'un accident de la route et éveille chez lui un schéma mental, dit de contenu, lié à son vécu.
Les processus de bas niveau partent des formes pour trouver le sens. Ils s'appuient sur le repérage du connu.

Comprendre un document sonore ou un interlocuteur revient pour l'auditeur à émettre une succession d'hypothèses à partir :
- de son expérience, de son vécu ;
- de la reconnaissance de formes (indices) ;
- de la prise en compte de contraintes syntaxiques et logiques dans la mise en relation de ces indices.

La compréhension de l'oral est donc un processus cyclique et récursif, qui est aussi étroitement lié au travail de la mémoire :
- la mémoire échoïque, associée à la perception auditive ;
- la mémoire épisodique, qui permet de mémoriser à court terme des indices disparates relevés dans le support ;
- la mémoire sémantique, qui facilite la mise en réseau des informations recueillies.
Chaque élève est différent et a certainement recours à des moyens spécifiques de saisie et de traitement de l'information. Mais plus la mémoire est activée, plus le nombre d'indices recueillis est important. L'accès au sens s'en trouve largement facilité.
Dans une tentative de décomposition de l'acte de compréhension de l'oral, il est difficile d'établir une chronologie des processus mentaux mis en œuvre. Comme nous l'avons vu, processus de haut niveau et processus de bas niveau sont interactifs. De même, recueil d'indices, mémorisation et traitement des indices sont étroitement imbriqués dans la construction du sens, certains indices ne pouvant être perçus que si une partie du sens a été établie.

 
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Juin 2002 - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.