L'autobiographie
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Les causes de la peur de l’enfant

Niveau 3e

L’obscurité à laquelle les trois enfants sont confrontés est bien entendu la première des causes de la peur pour chacun. Cette obscurité est totale dans le texte de Jules Renard : « [Les ténèbres] sont si épaisses qu’il se croit aveugle », et partielle dans celui de Nathalie Sarraute : « ... elle donne à cette lumière sa teinte verdâtre… », et celui de Charles Juliet : « ... la lumière avare qui n’éclaire qu’un faible espace… ». Un autre motif manifeste de la peur est la solitude. À celle-ci s’ajoute, pour Poil de Carotte et Charles Juliet, l’obligation de sortir, de quitter la sécurité de la maison, pour accomplir une mission à la demande d’un adulte.
Le texte de Sarraute est plus difficile à interpréter pour les élèves. En effet, tous conçoivent qu’un enfant ait peur la nuit, mais ils ne perçoivent pas ce qui est exactement à l’origine de la peur dans ce cas précis. Ils repèrent bien quelques éléments macabres : « teinte verdâtre », « allée d’arbres pointus, rigides et sombres, aux troncs livides », « procession de fantômes revêtus de longues robes blanches qui s’avancent en file lugubre », « flamme des grands cierges blafards », mais ne comprennent pas pourquoi ces éléments se trouvent dans la chambre de l’enfant. S’agit-il d’un cauchemar ? d’une hallucination ? d’un texte fantastique ? On attire alors leur attention sur le tableau : « On a oublié de recouvrir le tableau. » Cet oubli de la part des adultes est à l’origine de l’angoisse de l’enfant, qui disparaît aussitôt le tableau couvert : « Voilà, on ne voit plus rien… Tu n’as plus peur ? ». On montre ainsi que l’« enfant fou » imaginait que le contenu du tableau glissait hors de celui-ci pour envahir sa chambre. Un sentiment d’invasion bien angoissant, d’autant que les éléments sinistres du tableau, que les élèves ont préalablement repérés, sont amplifiés par la solitude, la nuit et l’angoisse jusqu’à devenir vivants. On peut aussi faire appel à leurs souvenirs d’objets dont la présence dans leur chambre la nuit a déclenché une angoisse similaire.
Dans Enfance, la peur est donc causée par des dangers purement imaginaires, même si le tableau est particulièrement effrayant. Or cette caractéristique des peurs nocturnes se retrouve également dans les deux autres textes. Ainsi, Poil de Carotte imagine « des renards, des loups même ». Juliet, lui, n’explicite pas ce qu'il imagine mais mentionne juste « la serrure qui […] risque de signaler [sa] présence ». La peur des enfants est une peur sans objet, c’est-à-dire une véritable angoisse.

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