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| L'autobiographie ou l'écriture de soi |

Collège/Lycée
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Confrontations
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Niveau 3e, 2de ou 1re
Une fois que les élèves ont pris connaissance des textes, on leur demande de les regrouper en ensembles cohérents selon les analogies qu’ils découvrent et d’identifier, à l’aide du texte et du paratexte, le lien qui les unit. Cette activité n’est pas sans difficulté, puisque les textes ont justement été choisis pour faire émerger des questions.
Deux regroupements s’imposent généralement aux élèves. S’ils s’appuient sur un critère énonciatif, ils réunissent d’un côté les textes de Catherine Pozzi, Marivaux, de Gaulle et Rousseau qui sont écrits à la première personne, de l’autre les textes de Georges Forestier et Marguerite Duras qui sont à la troisième personne. S’ils s’appuient sur un critère thématique, ils réunissent les récits de vie de Pozzi, Forestier, de Gaulle et Rousseau. L’extrait de Duras, qui semble mettre en valeur le personnage masculin et qui est écrit à la troisième personne, n’entre pas dans ce classement. Pas plus que l’extrait de Marivaux qui, bien qu’écrit à la première personne, leur paraît être un roman. Entre ces deux textes, les élèves distinguent rarement un point commun, sauf peut-être le thème de la rencontre amoureuse.
On s’appuie alors sur leurs réponses et leur repérage pour mettre en évidence le fait qu’il s’agit bien de récits de vie dans tous les cas. Le texte de Duras offre une certaine résistance à l’analyse sauf, et cela arrive, si un élève connaît déjà L'Amant. Si cet extrait est, en effet, à la troisième personne du singulier, il s’agit néanmoins du récit de la vie de l’auteur elle-même, qui alterne d’ailleurs les troisième et première personnes dans l’œuvre. On pourra lire aux élèves un court passage situé quelques lignes après cet extrait : « Je ne ferai plus jamais le voyage en car pour indigènes. Dorénavant, j'aurai une limousine pour aller au lycée et me ramener à la pension. Je dînerai dans les endroits les plus élégants de la ville. Et je serai toujours là à regretter tout ce que je fais… ». C’est donc le contexte qui éclaire ici l’aspect autobiographique du texte. Les élèves sont fondés à se demander pourquoi Marguerite Duras écrit certains passages à la troisième personne puisqu'il s'agit de son histoire. La question est bien entendu pertinente, mais on en reportera la réponse à plus tard, le tableau qui suit étant l’occasion d’aborder la notion de « roman autobiographique » et la distanciation qu’un auteur instaure par rapport à ses propres souvenirs.
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