EN PRATIQUE

Peurs enfantines 

L'autobiographie ou l'écriture de soi

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Les manifestations de la peur

Niveau 3e

Les manifestations de la peur sont très semblables chez Jules Renard et Charles Juliet. Pour ne pas rester pétrifiés, « les fesses collées, les talons plantés, [tremblant] dans les ténèbres » comme Poil de Carotte, l’un comme l’autre se lancent dans un véritable plongeon dans l’obscurité : Poil de Carotte « se [précipite], au juger, vers les poules, la tête en avant, afin de trouer l'ombre » et Charles Juliet parle de « plonger dans la ténèbre », de « dévaler les escaliers » et traverse la cour « en trois bonds ». La peur se lit encore à travers quelques symptômes physiques caractéristiques : les tremblements, les battements de cœur, l’essoufflement. Poil de Carotte « se met à trembler », il rentre « haletant ». Mais c'est chez Juliet qu’ils sont les plus violents et les plus précisément décrits : « le sang qui bat aux tempes, les oreilles qui bourdonnent », la « main qui tremble », la nécessité de « reprendre haleine, laisser le cœur se calmer », et surtout, la perte de « la possibilité d'entendre et de parler ». Cet état de panique culmine dans la phrase finale : « dans un tel état que tu t'approchais de la folie ». Les choses sont différentes chez Sarraute, puisqu'elle est dans son lit. La fuite paniquée trouve son pendant dans un repli terrorisé : « me recroqueviller, me rouler en boule, me dissimuler tout entière ».

 
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