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Études de cas : défense militaire >Le sens des symboles identitaires de la Nation 

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La cérémonie de la présentation au drapeau
À la fin de l'année 2002, dans une caserne de pompiers, à Paris, un colonel, chef de corps, a rassemblé tous ses personnels disponibles, bien alignés au milieu de la cour. C'est la « présentation au drapeau » pour les jeunes recrues.

Discours aux jeunes recrues
« Officiers nouvellement affectés, jeunes sapeurs-pompiers des contingents 2002/07, 2002/09 , dans quelques instants vous allez être présentés au drapeau de la brigade, votre drapeau.
Il a été confié, en 1869, par décret impérial, au régiment de sapeurs-pompiers de Paris, trois ans près sa création.
Comme tous les drapeaux, il est un symbole :
par ses trois couleurs, il est le symbole de la patrie, de la France, c'est-à-dire d'un patrimoine commun de civilisation, de valeurs morales et spirituelles que tout citoyen peut être appelé à défendre, y compris au péril de sa vie.
Il est le symbole de l'armée française à laquelle vous avez l'honneur d'appartenir.
Par l'inscription « sapeurs-pompiers de Paris », brodée sur son avers, il est le symbole de notre formation et du prestigieux passé des pompiers de Paris.
Il porte dans ses plis la synthèse de la règle de vie et d'action des sapeurs-pompiers de Paris.

Honneur et patrie
Dévouement et discipline

Les pompiers de Paris n'ont jamais failli à leur devoir et ont payé un lourd tribut de sang, en temps de guerre, notamment au cours de la première guerre mondiale et dans les combats pour la Libération de Paris, en août 1944.
La Brigade mérite et conserve l'estime, l'affection et la confiance des populations qu'elle secourt en cas d'incendie et dans toutes les circonstances mettant en péril les personnes et les biens.
Officiers nouvellement affectés, jeunes sapeurs-pompiers, en rejoignant nos rangs, vous avez choisi un métier magnifique mais difficile et dangereux.
C'est pourquoi, comme vous avez déjà pu vous en rendre compte au cours de votre première phase d'instruction, il vous sera beaucoup demandé pour acquérir :
- La force morale qui animera en vous le sens du devoir, l'amour du prochain et l'esprit de discipline, indispensable en intervention pour maîtriser vos émotions et agir sans hésitation et avec célérité.
- La compétence professionnelle, gage de votre efficacité au service des autres.
- La condition physique qui vous donnera le cran, la précision et la résistance dans toutes vos actions.
La route sera longue, mais je vous fais entière confiance. Je sais que vous aurez à cœur de tout faire pour être digne de tous ceux qui vous ont précédés sur cette voie.
En voyant paraître votre drapeau et en lui rendant les honneurs, ayez une pensée pour tous les sapeurs-pompiers qui ont donné leur vie et ont été gravement blessés dans l'accomplissement de leur mission.
Prenez l'engagement d'être, à votre tour, des hommes et des femmes de dévouement et de discipline, comme il est écrit sur notre drapeau, dans tous les actes de votre vie de pompier mais aussi tout simplement dans votre vie personnelle.
« Présentez armes »
Officiers nouvellement affectés, jeunes sapeurs-pompiers des contingents.
Voici votre drapeau !

Cette allocution est suivie de la sonnerie « Au drapeau » puis de l'hymne national.

Les prises d'armes
Elles sont destinées à rappeler aux militaires et aux civils présents le sens de l'engagement et de l'attachement à la Nation. Pour cela, elles doivent être comprises et décryptées.
Disposés en forme de U sur un ou plusieurs rangs, les hommes, rigoureusement alignés par rang de taille et regroupés par unités aux ordres de leur chef, droits, immobiles, le regard posé devant eux, sont au « garde-à-vous ». Ils attendent les autorités civiles et militaires qui vont rendre hommage à la Nation, à leur unité, ou à l'un des leurs. Auparavant, leur commandant les a rassemblés pour rendre les honneurs à l'emblème national, c'est-à-dire pour rappeler à tous, civils et militaires, que la vie de l'armée et celle de ses membres ne sont pas dissociables de celle de la Nation. La garde au drapeau s'avance en position centrale, face aux troupes qui présentent les armes. La musique sonne « au drapeau ». La garde rejoint ensuite sa place réservée en tête du dispositif. Lorsqu'elles arrivent, quelques minutes après cet hommage, les autorités civiles et militaires vont toutes ensemble saleur le drapeau au son de La Marseillaise. Les soldats sont toujours au garde-à-vous et la revue des troupes peut commencer.

L'hymne national
La Marseillaise est l'hymne national français, écrit et mis en musique par le capitaine du génie Claude Joseph Rouget de l'Isle, en avril 1792.
La Marseillaise fut probablement composée à Strasbourg la veille du départ de l'armée du Rhin sous le nom de « chant de guerre pour l'armée du Rhin ».
Ce chant fut adopté par les volontaires marseillais qui, en juin 1792, quittèrent leur ville pour Paris afin de participer à l'insurrection du 10 août. Durant leur longue marche à travers la France, ils répétèrent ce chant, entendu à Marseille, à l'issue d'un banquet. C'est ainsi que l'hymne, aux sons duquel ils pénétrèrent dans Paris, se répandit sous le nom d'hymne des Marseillais, puis de Marseillaise.
La Marseillaise fut proclamée hymne national, le 14 juillet 1795, tomba en disgrâce sous l'Empire et fut interdite de 1815 à 1870 ; elle fut rétablie officiellement comme hymne national le 1er février 1879.
Il y eut plusieurs orchestrations de la Marseillaise dont celle de Berlioz.

Le drapeau tricolore
Bien avant l'ère chrétienne, en Chine, le drapeau avait pour fonction de symboliser l'autorité publique et le ralliement : chaque commandant d'unité possédait une oriflamme différente dont la grandeur variait avec l'importance de la troupe commandée. On le retrouve ensuite chez les Grecs et les Romains. Dans la Chanson de Roland (1080), le nom d'oriflamme apparaît pour la première fois, signifiant « petite flamme », bannière, de couleur rouge. Au Moyen Âge, seul subsistera le port d'étendards pour la reconnaissance des troupes, les unités se ralliant à l'enseigne du chef sous les ordres duquel elles combattent.
Jusqu'à la Révolution, chaque régiment, bataillon ou escadron avait son drapeau de couleurs, de dessin, de forme et de dimensions différentes. Après la bataille de Fleurus, en 1690, où les bataillons français avaient tiré sur des régiments d'infanterie française dont ils n'avaient pas identifié les couleurs, tous les drapeaux reçurent comme signe distinctif commun une écharpe blanche nouée au sommet de la hampe à l'usage du roi : le blanc a été, de 1638 à 1790, la couleur du drapeau royal et du pavillon de la Marine.
Après 1789, l'emblème national devient un enjeu politique de premier ordre. En 1789, La Fayette fait mettre du blanc à la cocarde bleue et rouge de la garde nationale de Paris. Le drapeau tricolore aura des difficultés à s'imposer, en particulier sous la Restauration. Officiellement devenues le symbole de la République, et de son principe souverain, la Nation, les trois couleurs finissent par rassembler tous les Français après le 14 juillet 1880. Ce jour-là, Jules Grévy amnistie les communards et remet aux unités le drapeau bleu, blanc, rouge, propriété de tous, qu'ils soient civils ou militaires.

Outre les couleurs tricolores, le drapeau que possèdent les unités porte sur une face, en lettres brodées « République française » et le numéro du régiment, et sur l'autre face, au revers, la devise « Honneur et Patrie », suivie des noms de batailles au cours desquelles le corps s'est distingué. L'armée, délégataire de la Nation, s'est appropriée son emblème.
Thèmes
La force des symboles comme catalyseur de la capacité à tenir sa place au sein d'une collectivité organisée.
L'engagement, conscience d'un choix.
Faire la guerre pour défendre la paix.
Problématique
Quelle est la signification de la cérémonie de présentation au drapeau qu'ont connue les conscrits et que connaissent les engagés ?
Enseignements
Toutes les activités militaires peuvent être observées pour ce qu'elles montrent ; elles doivent l'être surtout pour ce qu'elles sont. En effet, tous les gestes et caractéristiques des relations constituent en réalité des codes et des repères qui ont parfois valeur de symbole et toujours un sens social. Seuls les responsables politiques auxquels la Constitution a donné autorité sur les armées (le président de la République, le Premier ministre, le ministre de la Défense et éventuellement son secrétaire d'État) sont habilités à passer les troupes en revue. En cela, les cérémonies rappellent le pacte passé entre l'armée et la Nation par l'intermédiaire de l'État, son Parlement et son gouvernement.


 
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