EN PRATIQUE

Mathématiques

Le chaos déterministe

Lycée, prépa


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Comportement d’un processus itératif

Fiche professeur (classes préparatoires)
Cette fiche complète la page correspondante consacrée à la terminale.
Prérequis
Du point de vue des connaissances formelles, une très bonne connaissance du programme de terminale scientifique est nécessaire. On y ajoutera la notion de suite de Cauchy.
Objectifs
C’est la même philosophie que pour la terminale : montrer, « expérimentalement » d’abord, comment peut se comporter un processus itératif. Mais ici, on insistera davantage sur les calculs analytiques.
Explications
Il faut peut-être plus rapidement qu’en terminale reprendre « l’expérimentation » numérique, introduire et expliquer la notion de point fixe, sa différence éventuelle avec la limite et ensuite procéder comme suit à l’étude plus détaillée.
On pourra rajouter la résolution graphique des équations de type par intersection de la courbe avec la bissectrice.

Surtout, on pourra démontrer ici que si1 la fonction est telle que

alors
– le point fixe est unique,
– la suite converge vers ce point fixe.
En effet, supposons deux points solutions et à l’équation.
Alors

qui implique puisque.

On va maintenant montrer que la suite est une suite de Cauchy, donc convergente2 .


En multipliant ces inéquations positives entre elles, il vient


De l’inégalité triangulaire on tire



Ce qui démontre que peut être rendu arbitrairement petit.
Si, de plus, la fonction est dérivable, il résulte de la condition de Lipschitz que.
Étude de l’équation logistique
C’est l’équation (1)
On va d’abord montrer que si l’on veut que pour tout n, il faut que (étude du signe du trinôme du second degré).

Le point fixe de cette suite est manifestement

Calculons sa stabilité. On a. La condition de stabilité implique soit. Voilà pourquoi la suite convergeait (vers le point fixe) quand et divergeait pour.
L’étude précédente (avec) suggère que les suites paire et impaire sont convergentes (vers des limites différentes). On va montrer que ces deux suites admettent chacune un point fixe stable et trois autres instables. On a

Et les points fixes sont solutions de


Équation du 4e degré avec et comme solutions évidentes3. Reste donc une équation du second degré de racines


On remarque que comme, par passage à la limite.

Reste à vérifier que seules les deux dernières racines sont stables (numériquement, on retrouve d’ailleurs bien les résultats précédents). Le calcul de la dérivée de se simplifie si l’on remarque (dérivée de fonction de fonction) que :

On remplace maintenant par, il vient que


Et la condition de stabilité du point fixe de chacune des suites paire et impaire impose
Voilà pourquoi, pour, on trouvait que oscillait entre deux valeurs. Maintenant pour un peu supérieur à, on voit que, pour grand, se fixe sur 4 valeurs, qui correspondent à 4 points fixes stables pour l’application, puis quand on augmente un, il y a 8 valeurs, puis 16, etc. Ce « doublement de période » se manifeste jusqu’à une valeur Pour, la situation devient complexe et des périodes impaires apparaissent.
Pour, faire encore des expériences numériques et constater :
– pour un donné, les semblent totalement aléatoires, c'est-à-dire sans période finie ;
– pour un donné, et des valeurs de extrêmement proches, on trouve des  qui n’ont rien à voir.

Ici, on peut par une astuce exprimer comme fonction de et et exhiber le chaos. En effet, posons :

l’équation (1) s’écrit

qui se résout, à cause des limites de en

Soit


Montrer que si l’on écrit en base 2, le passage revient à décaler d’un cran vers la gauche l’écriture en base 2 de. D’où la sensibilité extrême aux conditions initiales : une modification de la n-ième décimale change complètement la n-ième itération. Une autre façon de voir, écrire


Puis tenter de dessiner la fonction pour grand et constater la dépendance en.
Moralité
Cette situation est caractéristique du chaos. Le système est régi par une loi très simple (l’équation 1) mais comme il est humainement impossible de connaître, dans un problème réel, toutes les décimales de la condition initiale, on ne peut rien prévoir à partir d’un certain rang.




 
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