
Lycée, 1re L :
histoire des arts
Collège, 5e
Classes à PAC
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 Anonyme. Groupe sur une échelle, s.d.
© BnF |
La démocratisation de la photographie s’est installée progressivement. Dans les années 1850-1870, l’élite intellectuelle et artistique ainsi que la bourgeoisie se font « tirer le portrait ». Vingt ans plus tard, leurs enfants privilégient la photographie amateur comme loisir. Cette démocratisation n’atteint pas les ouvriers et moins encore les paysans qui constituent l’essentiel de la population française.
L’arrivée de l'appareil Kodak opère une véritable révolution. En 1888, aux États-Unis, puis dans le monde entier, George Eastman commercialise le premier Kodak comprenant un rouleau de cent vues au prix de 25 dollars. Le succès est immédiat car l’appareil permet de se livrer aux joies de la prise de vue sans avoir la contrainte des travaux de laboratoire jusqu’alors réalisés par les photographes eux-mêmes. Il suffit d’envoyer l’appareil à Rochester où, pour dix dollars, les photographies sont développées et l’appareil rechargé avec une nouvelle bobine. Le slogan publicitaire « Appuyez sur le bouton, nous faisons le reste » circonscrit les nouvelles ambitions de la firme : conquérir un vaste marché au-delà des amateurs éclairés.
Le développement des amateurs stimule l’industrie des appareils photographiques et des surfaces sensibles et favorise les innovations. Le commerce et l’artisanat liés au portrait ne sont pas encore touchés, bien au contraire, les photographes de quartier se chargeant des travaux de laboratoire des amateurs. De nouvelles sociétés d’amateurs se constituent. Elles ne drainent que des photographes éclairés et ne sont pas représentatives d’un phénomène social, économique et culturel d’une plus grande envergure 1. Cependant, le fait que beaucoup d’entre elles disposent de bulletins qui font part de leurs activités, de leurs expositions locales, nationales ou internationales témoigne de leur rayonnement jusque dans les villes moyennes.
 J. H. Lartigue. Grand prix de l'ACF Automobile, Delage, 26 juin 1912.
© Ministère de la Culture - France/A.A.J.H.L |
Les amateurs inconnus ou célèbres comme Zola, Bonnard, Loti, Degas, Matisse ont laissé de nombreuses photographies parfois conservées sous forme d’albums qui témoignent de leur vie intime, de leurs travaux et de leur rapport au temps. Jacques- Henri Lartigue occupe une place très particulière. Par la constance de son intérêt pour le média, qui s’étend sur plus de soixante-dix ans, par la quantité et la qualité des images produites, par la diversité des supports employés Lartigue apparaît comme un grand professionnel. Refusant d’inscrire son travail dans le marché de l’image jusque dans les années 1950, il reste un amateur, jouissant de la vie, dressant le journal photographique de sa jeunesse dorée et oisive puis de sa maturité.
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