REPÈRES

Nouveaux regards 
Vers un humanisme 

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De Lartigue
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E. Sougez. Trois poires, 1934.
© BnF
En marge des avant-gardes représentées par Germaine Krull et Man Ray se développe un courant de « photographie pure », sous l’égide d’Emmanuel Sougez et de Marcel Amson, se réclamant d’Edward Weston et du groupe américain « f.64  1 ». Ils valorisent la qualité formelle, la parfaite maîtrise technique, la rigueur du métier et le retour à l’ordre face à ce qu’ils considèrent comme les excès du surréalisme et de la Nouvelle Objectivité.

En 1936, Emmanuel Sougez fonde avec René Servant et Pierre Adam le groupe Le Rectangle, une association de photographes illustrateurs et publicitaires français. Ils s’opposent à la photographie produite par des étrangers, jugée hégémonique, et revendiquent un retour à l’équilibre classique et à la tradition. Censé fédérer « les meilleurs éléments de la photographie française » le groupe est rejoint par neuf autres photographes plus jeunes  2. La plupart des participants poursuivront leurs activités pendant l’occupation et Le Rectangle sera discrédité.


Un autre courant s’inscrit dans le reportage humaniste. Marcel Bovis, Robert Doisneau et Willy Ronis, mais aussi Brassaï et Germaine Krull dans certains reportages sur la zone et les mendiants, traduisent la poésie d’un Paris populaire pris sur le vif où l’homme est valorisé dans une vision à la fois réaliste et idéalisée. Tous ces photographes ont des activités diverses de commande, mais n’en réalisent pas moins, « Sur le fil du hasard 3 » une œuvre personnelle, originale et complexe.

Brassaï. La Môme Bijou, 1933.
© Estate Brassaï/RMN
G. Krull. Bas de soie, s.d.
© Denoyelle

À la fin des années trente, dans un climat tourmenté où les tensions internationales ne sont que les prémisses d’un conflit qui va, pour la seconde fois, ensanglanter le siècle, des photographes comme Willy Ronis et Robert Doisneau entament une longue carrière.

W. Ronis. 14 juillet 1936, rue du faubourg Saint-Antoine, Paris.
© Willy Ronis/Rapho

Avec une grande générosité, ils traduisent les joies simples de la vie, reflètent les traditions ancrées dans les fêtes, les drames et les luttes qui ponctuent la vie quotidienne. Ce courant trouvera son apogée dans les années cinquante et plus particulièrement lors de la grande exposition « Family of Man » organisée par Edward Steichen au Museum of Modern Art de New York.


Pour aller plus loin
Mission du patrimoine photographique
Quelques photographies de Marcel Bovis, André Kertész, René Jacques, Roger Parry
www.patrimoine-photo.org/
Agence Rapho
Quelques photographies de Robert Doisneau, Willy Ronis
www.rapho.com/
The Family of Man
Présentation de l’exposition, désormais collection du château de Clairvaux (Luxembourg)
www.cna.lu/


 
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