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La mode 

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De Lartigue
à Man Ray

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Dès l’invention de la photographie, le portrait joue un rôle de premier plan. Le vêtement fait partie intégrante du personnage. Pour autant, on ne peut parler de photographie de mode, mais plutôt d’images de gens à la mode. Dans les années 1880-1910, des studios comme ceux de Bissonas et Taponnier, Félix, Talbot ou Henri Manuel tirent le portrait d’élégantes de la même manière qu’on peut le faire chez Reutlinger ou chez Nadar. Puis apparaissent les premières photographies prises sur les champs de courses, hauts lieux des mondanités, où les élégantes, et bientôt les mannequins, portent les robes des grands couturiers, genre dans lequel Rol, les frères Séeberger et Taponnier vont se spécialiser.
La photographie de mode cesse d’être un document ou un portrait pour devenir une œuvre photographique avec le baron Adolf Gayne De Meyer, adepte du pictorialisme, mouvement en opposition avec le réalisme de l’épreuve. De Meyer suggère la ligne d’un couturier dans des ambiances floues et crée, par des effets de transparence, une impression de légèreté. Ses photographies sont publiées dans Vogue.

A. Durst. Sans titre, s.d.
© Denoyelle
Jusqu’au début des années vingt, si la photographie de mode existe, elle est peu présente dans les magazines qui privilégient le dessin. Entre 1920 et 1939, 151 publications françaises se consacrent exclusivement à la couture et à la mode. L’hégémonie de la haute couture parisienne et la présence à Paris d’un grand nombre de photographes vont favoriser le développement de la photographie de mode. Des revues comme Vogue, Harper’s Bazaar, L’Officiel de la couture et de la mode de Paris, Le Jardin des modes, Excelsior-modes ouvrent leurs colonnes aux photographies de Madame D’Ora, de Horst Paul Horst, d’Edigio Scaïoni, de Roger Schall, d’Edward Steichen et de Man Ray.




En 1929, le studio de Vogue est dirigé par un photographe d’origine balte, George Hoyningen-Huene dont le jeune Horst Paul Horst sera bientôt l’assistant. Ces deux photographes, par leur inventivité, leur référence aux civilisations antiques comme aux procédés utilisés par les avant-gardes, font de Vogue l’une des plus prestigieuses revues de mode. André Durst puis Erwin Blumenfeld imposent ensuite leur propre style. Le magazine américain Harper’s Bazaar n’est pas publié dans une version française comme Vogue. Il passe néanmoins de nombreuses commandes à des photographes résidant à Paris. La publication d’images dans ce magazine prestigieux constitue une véritable consécration artistique et commerciale.

Man Ray. Fashion by Radio, découpes de mannequin sur textes en forme d’onde, 1934.
© Man Ray Trust/Adagp/Telimage



Man Ray, qui a débuté sa carrière de photographe avec le couturier Paul Poiret, travaille pour plusieurs revues dont Fémina, Harper’s Bazaar et Vogue. Il bénéficie de mannequins exceptionnellement photogéniques, de robes toujours somptueuses et d’une mise en page qui valorise ses photographies où la solarisation, la surimpression, le gros plan et la mise en scène surréaliste témoignent de son imagination et de son génie créateur de peintre, de photographe, et de cinéaste. Il est sans conteste le plus doué de sa génération.

 
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Créé en juin 2004. Actualisé en avril 2007 - Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.