REPÈRES

Nouveaux regards 
Les avant-gardes : la nouvelle photographie 

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De Lartigue
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Contrairement à l’Allemagne où la réflexion sur l’image s’accompagne d’ouvrages théoriques comme celui de Lazslo Moholy Nagy, Malerei Fotografi Film (1925), de livres manifestes comme ceux d’Albert Renger-Patzsch, Die Welt ist schön (1928), et de Karl Blossfeldt, Urformen der Kunst (1928), ou d’enseignement comme au Bauhaus, la photographie est, en France, l’œuvre de créateurs tributaires des lois du marché, mais suffisamment ouverts à de multiples influences.
Ouvrage de C. Cahun. Aveux non avenus, 1930.
D.R.
La circulation des idées, des thèmes et des sujets s’opère par la médiation de publications d’avant-garde consacrées aux arts graphiques et à la littérature, comme La Révolution surréaliste, Documents, Cahiers d’art, Bifur. Proche des surréalistes, la photographe Claude Cahun y sera publiée avant la parution en 1930 d’un essai autobiographique illustré de photomontages et d’autoportraits, Aveux non avenus.

La diffusion de la Nouvelle Photographie est amplifiée par des revues professionnelles comme Synthèse, Arts et médecine, Fiat, La Revue Ford, La Gazette Dunlop, Le Professionnel photographe (Kodak-Pathé).
Le secteur est neuf, toutes les libertés sont permises et les commanditaires disposent de moyens financiers.


Ouvrage de G. Krull. Métal, 1927.
D.R.
Des journaux et magazines plus populaires comme Marianne, Vu, Voilà offrent leurs colonnes hebdomadaires et font de la Nouvelle Photographie un argument publicitaire.

L’édition, extrêmement prospère, permet aux photographes de rassembler leurs travaux dispersés et pas toujours signés dans la presse. Si les expositions personnelles sont rares, les livres d’images abondent et sont soutenus par une critique photographique qui se constitue autour de la revue L’Art vivant.
Les photographes ne couvrent pas l’actualité immédiate. Ils privilégient les reportages sur le monde moderne avec ses paquebots, ses avions et ses trains qui réduisent les distances. Ils sacralisent les objets dont la publicité se fait le chantre et développent l’image d’une femme moderne que diffusent de nombreuses publications consacrées à la couture et à la mode. Ils passent d’une technique à l’autre au gré des commandes, d’une influence surréaliste à la Nouvelle Objectivité allemande. Ils procèdent également à des études plus personnelles qu’ils exposent ou recyclent selon l’opportunité du marché.



F. Henri. Composition nature morte, 1929.
D.R.
Florence Henri, comme Germaine Krull, est bien représentative des photographes de sa génération. Toutes deux seront présentées comme les pionnières françaises lors de l’exposition FiFo de Stuttgart (Film und Foto). Florence Henri, née à New York d’un père français et d’une mère allemande, peintre de formation, suit les cours du Bauhaus en 1927 et 1928. Ses compositions au miroir lui permettent de transposer ses recherches cubistes et de créer un nouvel espace qui correspond à l’abandon de la prise de vue horizontale et frontale. Ce type d’approche en rupture avec la vision de l’espace linéaire est décliné par André Kertész, Brassaï et par François Kollar dans ses reportages pour La France travaille.



Pour aller plus loin
Florence Henri
Quelques photographies
www.martini-ronchetti.com/
Germaine Krull
Présentation d'une exposition au Moma
www.sfmoma.org/
Claude Cahun
Quelques photographies
www.nyu.edu/
The Object Photographed
Une sélection thématique d’œuvres (George Eastman House)
www.geh.org/

 
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