
Lycée, 1re L :
histoire des arts
Collège, 5e
Classes à PAC
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 Man Ray. Portrait d’André Breton, 1929.
© ADAGP/BnF |
Attiré par le bouillonnement culturel, par cet espace de liberté dont s’auréole Paris depuis la révolution de 1789, un grand nombre de photographes étrangers s’installe dans la capitale. Man Ray arrive dès 1921, bientôt suivi par Germaine Krull et André Kertész. La montée du fascisme en Allemagne en contraint d’autres, comme Gisèle Freund et Robert Capa, à fuir leur pays d’origine ou d’adoption. Fervents de la Nouvelle Objectivité allemande, influencés par le Bauhaus ou tenants du surréalisme, adeptes du reportage ou de la photographie pure, ils trouvent dans la capitale un marché assez riche pour répondre à leurs exigences.
Paris s’affirme comme un espace de circulation des idées, un point d’ancrage pour des hommes d’origines et de conditions diverses attirés par une ville riche en galeries, en agences photographiques, en publications populaires et d’avant-garde, en expositions multiples et en communautés artistiques cosmopolites. L’émergence du surréalisme dans la capitale n’est pas sans répercussions. Man Ray explore un univers photographique qui se situe au cœur de la création et d’une vision inédite.
 A. Kertész. Danseuse burlesque, 1926.
© Ministère de la Culture - France |
Des liens féconds entre photographes, directeurs artistiques, hommes de presse et éditeurs s’instaurent à partir de collaborations ponctuelles ou plus longues dans les studios pour le portrait, la mode ou la publicité. Entre 1919 et 1939 se constitue « l’École de Paris de Photographie », terminologie assez vague pour un mouvement sans maître à penser et sans manifestes qui regroupe des créateurs, la plupart d’origine étrangère, dont l’œuvre a profondément marqué l’histoire de la photographie. Emmanuel Sougez, photographe, fondateur du service photographique de L’Illustration (1926) reste assez vague dans sa définition : « L’École de Paris s’est manifestée en France avec l’apport de photographes étrangers venus pour la plupart d’Europe centrale 1 ». Immigrés ou Français, grands voyageurs apatrides ou sédentaires, la plupart d’entre eux ne sont pas spécialisés et passent d’un genre à l’autre au gré des opportunités du marché.
La suprématie de Paris est affirmée dans la grande exposition internationale, organisée par Beaumont Newhall, au musée d’Art moderne de New York, en 1937. Parmi les 77 photographes contemporains exposés, 30 vivent et travaillent à Paris, la plupart viennent de l’étranger. Ce cosmopolitisme sera dénoncé à la veille de la seconde guerre mondiale alors que le modernisme s’essouffle au profit d’un retour à la tradition.
 E. Sougez. Exposition universelle, Paris, 1937.
© Arthothèque Evry |
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