
Lycée, 1re L :
histoire des arts
Collège, 5e
Classes à PAC
|
 |
|
|
|
 Brassaï. Paris de nuit, 1933.
© Estate Brassaï/BnF |
La première guerre mondiale met un terme à la vogue des grands studios dont la renommée était fondée sur la célébrité de leur photographe fondateur. La réelle démocratisation de la photographie qui touche les classes les moins favorisées, avec la vente massive d’appareils rudimentaires et la diffusion à grande échelle des images par la presse magazine, génère un autre type de photographes. Ceux qui arrivent sur le marché s’inscrivent dans une démarche totalement différente.
Des émigrés hongrois comme Brassaï ou Robert Capa s’installent à Paris dans le plus total dénuement 1. La photographie s’avère le palliatif d’une situation précaire. François Kollar échappe à la condition de tourneur sur métaux chez Renault (1924-1926) en rejoignant un studio de reproduction d’œuvres d’art et Émeric Feher celle de tourneur chez Citroën (1926-1930) en intégrant le studio d’art publicitaire Deberny-Peignot. Brassaï survit en écrivant pour la presse étrangère et André Kertész l’initie à la photographie afin qu’il puisse illustrer ses articles. Horst Paul Horst, après un stage dans l’atelier de Le Corbusier, devient le modèle puis l’assistant de George Hoyningen Huene, le chef du studio parisien de Vogue et, en 1932, commence une brillante carrière de photographe de mode. Peintres, journalistes ou architectes, ils apprennent sur le tas le métier de photographe, auquel ils ne se destinaient pas, et découvrent un nouveau mode d’expression.
 G. Freund. Jean Cocteau, 1939.
© Agence Nina Beskow |
|
 G. Freund. Portrait d'André Malraux, 1935.
© Agence Nina Beskow |
|
Ils travaillent dans de nouveaux studios dédiés à la mode ou à la publicité, mais presque tous, portés par un marché dynamique, deviennent photographes indépendants et travaillent avec les nouveaux appareils de petit format. Gisèle Freund photographie les écrivains les plus notoires avec son Leica : André Malraux, la mèche au vent sur la terrasse de son studio, ou Jean Cocteau « au milieu du décor surréaliste qu’il avait créé chez lui 2 ». Les photographes installent des laboratoires dans leurs appartements ou effectuent le tirage de leurs images chez des amis. Leurs occupations sont tributaires des commandes. Brassaï réalise les photographies de Paris de nuit pour une commande de Peignot qui mettra presque deux ans à se concrétiser.
Quelques photographes comme Man Ray, Madame D’Ora, Henri Lacheroy ouvrent des studios pour le portrait, la mode ou l’industrie mais ces structures restent artisanales et les photographes ne disposent pas de plus de un ou deux assistants.
|
|

|
|
|