
Lycée, 1re L :
histoire des arts
Collège, 5e
Classes à PAC
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 F. Kollar. Les lumières dans la ville, publicité pour Ovomaltine, Paris, 1932.
© Ministère de la Culture - France |
La ville focalise à elle seule l’essentiel des signes de la modernité en même temps qu’elle est le lieu d’expérimentation des photographes. Elle s’approprie les structures géométriques d’un univers constructiviste et demeure un inépuisable réceptacle de scènes où la vie offre au flâneur un pittoresque des rues toujours renouvelé. L’édition multiplie les publications d’ouvrages. En 1927, Germaine Krull dans Métal, l’un des livres cardinaux de la période, érige les structures des grues portuaires en ouvrages d’art et leur confère par ses cadrages le rang d’icônes du XXe siècle. Dans 100 fois Paris (1929), elle affirme à nouveau une vision moderniste par le choix de ses sujets où elle privilégie le mouvement par des vues en plongée des carrefours, des rues où les automobiles se pressent dans les premiers embouteillages. Paris donne lieu à une quantité de publications : Atget photographe de Paris (1930) ; Paris, par Moï Ver (1931) ; Paris ville d’art, par Emmanuel Sougez (1931) ; Paris vu par Kertész (1934) ; Le Louvre la nuit, par Laure Albin-Guillot (1937) ; Paris méconnu par Émeric Feher (1937) ; Envoûtement de Paris, par René Jacques (1938).
L’électricité transforme la nuit, transforme la ville, offre de nouveaux points de vue, permet de capter un espace redessiné par l’ombre et la lumière, laisse apparaître un peuple noctambule où se côtoient les clochards et les gens du monde.
 Revue « Arts et Métiers graphiques » - Photographie - (numéro annuel consacré exclusivement à la photographie), 1930.
© Denoyelle |
Brassaï publie Paris de nuit (1933), Roger Schall Paris de jour (1937) et Bill Brandt Londres de nuit (1937), trois livres commandés par Charles Peignot, un fondeur de caractères mais également l’un des principaux artisans du rayonnement de la photographie en France. Avec sa revue Arts et Métiers graphiques dont les numéros spéciaux annuels entièrement consacrés à la photographie deviennent une référence internationale, avec sa maison d’édition qui accueille les photographes les plus notoires, avec son studio de prise de vue consacré à la publicité photographique pour les magazines de luxe, Charles Peignot s’inscrit dans cette euphorie en faveur de la photographie que traduit le photomonteur et rédacteur en chef de Vu, Carlo Rim : « La photographie a été inventée deux fois. D’abord par Niépce et Daguerre, il y a environ un siècle, ensuite par nous 1 ».
La ville, expression du mouvement, s’accorde aux prouesses que permet le Leica, le dernier appareil en vogue. Appareil mythique des années vingt et trente, son prix élevé et sa technique très éloignée des standards en cours 2 le réservent à une élite, mais André Kertész et Robert Capa l’adoptent immédiatement, leurs confrères choisissant des appareils similaires mais moins onéreux. Le Leica permet de saisir ce qu’Henri Cartier-Bresson appellera ultérieurement « l’instant décisif ».
La pellicule de petit format produit des négatifs qu’il faut agrandir pour obtenir un positif tandis que jusqu’alors le positif est réalisé par simple contact du négatif sur le papier sensibilisé.
 A. Kertész. Les ombres de la Tour Eiffel, Paris, 1929.
© Ministère de la Culture - France |
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