| Microscopes électroniques, acoustiques et autres |

Lycée
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Travail sur texte
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Fiche professeur
Niveau
Lycée, terminale S en sciences physiques pour les connaissances théoriques mises en jeu, et en SVT pour certaines applications.
Compétences mises en œuvre
Lecture et exploitation d’un texte scientifique. Réinvestissement des connaissances du cours dans des situations voisines.
Situation
Cette activité fait appel à des connaissances relatives essentiellement à la partie A (ondes) du tronc commun de physique. Ainsi peut-elle être proposée assez tôt dans l’année scolaire. Elle s’inscrit également dans le thème « Images » des TPE de terminale.
Objectifs
Comprendre le principe du microscope acoustique et son intérêt dans de nombreuses applications. Réinvestir des notions rencontrées dans le programme de physique.
Travail à réaliser
Fiche élève imprimable Après une lecture attentive du texte sur la microscopie acoustique, répondez aux questions proposées.
La microscopie acoustique
La microscopie acoustique est la seule méthode de visualisation à fournir des images du cœur de la matière, à l’échelle du micromètre. C’est donc une technique d’imagerie de l’infiniment petit.
Un microscope acoustique utilise la propagation des ultrasons, ondes de vibrations mécaniques longitudinales de fréquences supérieures à 20 kHz, faisant partie du domaine des vibrations acoustiques, qui comprend par ailleurs les infrasons pour les fréquences inférieures à 16 Hz et les sons audibles entre 16 Hz et 20 kHz. |
1. Historique
En 1883, Galton fabrique un sifflet qui produit des ultrasons juste au-dessus des fréquences audibles, et qui est connu sous le nom de « sifflet à chien ».
Depuis, on a produit des ultrasons de fréquences de plus en plus élevées grâce à la piézoélectricité et aux progrès de l’électronique, de quelques mégahertz (MHz) en 1925 jusqu’à 100 gigahertz (GHz) en 1994 et à 10 terahertz (THz) de nos jours.
Les hypersons correspondent au domaine de fréquences de 200 MHz à 100 GHz et au-delà. Il s'agit de fréquences très élevées adaptées uniquement à la propagation dans les monocristaux, du fait de l'atténuation extrêmement forte dans les autres matériaux, à ces fréquences.
En 1934, le scientifique russe Sokolov montre que l’on peut utiliser les ultrasons pour détecter des défauts dans les matériaux denses, grâce à un microscope à ultrasons de résolution comparable à celle des microscopes optiques. En 1974, le premier instrument fabriqué à l’université de Stanford (Californie) par Quate et Lemons est un microscope acoustique à balayage (MAB) fonctionnant en transmission et à 160 MHz. Aujourd’hui les microscopes acoustiques à balayage fonctionnent aussi en réflexion et à des fréquences allant de quelques mégahertz à quelques gigahertz. |
2. Intérêts de la microscopie acoustique
- La microscopie acoustique fournit des « images » de la structure interne des matériaux opaques à la lumière mais transparents aux ultrasons. On peut obtenir des images acoustiques d’échantillons de quelques centimètres carrés de surface sur quelques dizaines de micromètres d’épaisseur.
- Les ultrasons, rayonnements non ionisants et non destructifs, permettent un contrôle non destructif (CND) des matériaux, par l’observation des solides ou des tissus vivants sans les endommager (ultrasons de faible intensité, de quelques milliwatts à quelques centaines de milliwatts), en particulier sans recourir à une attaque chimique.
- Les images acoustiques obtenues fournissent des informations sur les propriétés mécaniques (densité, élasticité, viscosité, porosité, etc.) et sur la structure (relief, micro-fissures, etc.).
Par exemple, le verre et le Plexiglas® donnent un contraste très faible en optique car ils sont aussi transparents l’un que l’autre, mais un contraste important en acoustique car le verre réfléchit mieux les ultrasons que le Plexiglas®. |
3. Principe d'un microscope acoustique : comment peut-on former une image microscopique avec des ultrasons ?
Un générateur d’ultrasons, constitué par un transducteur piézoélectrique, convertit un signal électrique en signal acoustique grâce à une mince couche d’oxyde de zinc (quelques micromètres) déposée sur la face plane d’un barreau de saphir (synthétique) métallisé.
La deuxième face du barreau de saphir forme un dioptre sphérique concave (de diamètre de quelques micromètres à 100 µm), ce qui constitue une lentille acoustique de focalisation (qui agit comme en optique lorsque la lumière traverse un dioptre sphérique séparant deux milieux d’indices différents).
Les ultrasons de très haute fréquence utilisés ne se propagent pas dans l’air. Le milieu de transmission acoustique entre le saphir et l’échantillon à étudier est donc un liquide, en général de l’eau. L’eau étant tout de même très absorbante pour les ultrasons, l’épaisseur de liquide doit être très faible. |
 Figure 1-a |
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 Figure 1-B |
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Le faisceau ultrasonore est focalisé en une petite tache située dans le plan de l’objet, puis est recueilli par réflexion (fig. 1-a) ou par transmission (fig. 1-b), après interaction entre l’onde incidente et les inhomogénéités du matériau. Les ondes acoustiques récupérées sont enfin reconverties par le récepteur en un signal électrique (effet piézoélectrique inverse).
L’image acoustique est obtenue par un balayage mécanique (en quelques secondes ou quelques minutes) en déplaçant la tache de focalisation à la surface de l’échantillon ou sous la surface, dans deux directions perpendiculaires X,Y. Le signal électrique recueilli à la sortie du récepteur est utilisé pour reconstituer une image sur l’écran d’un moniteur.
La résolution spatiale de l’instrument, c’est-à-dire la dimension des détails les plus petits repérables, est de l’ordre de la demi-longueur d’onde des ultrasons dans le liquide de couplage.
Le saphir est très transparent aux ultrasons, et leur vitesse y est de un à plusieurs milliers de mètres par seconde aux fréquences utilisées. Pour f = 1 GHz, la longueur d’onde est de l’ordre du micromètre.
L’eau a l’inconvénient de beaucoup absorber les ultrasons et la vitesse de propagation y est plus faible que dans le saphir (à 1 GHz, veau/vsaphir = 0,135). Il est donc difficile d’obtenir une résolution meilleure que 0,1 µm.
Pour diminuer la longueur d’onde afin d’améliorer la résolution, le milieu doit être refroidi, ce qui n’est pas possible pour tous les matériaux, en particulier en biologie.
En résumé, la résolution latérale (dans le plan de focalisation) n’est pas meilleure que celle de l’optique, mais cette technique est la seule qui permette d’obtenir des images en profondeur.
Le grandissement obtenu est le rapport entre la taille de l’image sur l’écran et la dimension de l’objet balayé. Les grandissements usuels vont de 1 à 2 000 mais peuvent atteindre 10 000 pour un objet de quelques dizaines de micromètres. |
4. Les applications
Les applications sont nombreuses dans la recherche et l’industrie, notamment pour détecter des défauts dans des matériaux multicouches optiquement opaques, avec des résolutions de 1 µm à 1 mm.
La microscopie acoustique est également utilisée dans les domaines médical et agroalimentaire.
a) En microélectronique
Les composants électroniques sont riches en structures géométriques et multicouches. L’inspection des microcircuits permet de détecter les nombreuses défaillances nuisibles à la fiabilité des composants (défauts, problèmes d’adhérence dans des zones soumises à de fortes densités de courant électrique, etc.).
b) Dans la métallurgie
On rencontre deux grands types d’applications : analyse en profondeur pour les problèmes de soudures, fractures, décollements ; analyse de la surface pour les revêtements, l’usure, etc.
On peut ainsi distinguer une couche adhérente d’une couche décollée.
Des microscopes acoustiques assistés de robots sont utilisés pour étudier en « environnement hostile » l’état d’endommagement des aciers soumis à des irradiations d’origine nucléaire (expérience en « cellule chaude »). L’instrument fonctionne à des fréquences de 15 MHz à 1 GHz, sur des épaisseurs de 3 à 600 µm, avec une résolution allant du millimètre au micromètre.
Ainsi, l’oxydation des tubes contenant le combustible au sein d’un réacteur nucléaire, soumis à des pressions de 30 à 150 bars, à 350 °C, a été étudiée à la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire).
c) Concernant les polymères
Il est possible de contrôler l’homogénéité de structure de nombreux polymères, la structure moléculaire locale, l’orientation des chaînes, etc.
Des études sont faites sur le passage monomère/polymère sous l’action du rayonnement ultra-violet (UV), ainsi que sur le vieillissement des matières plastiques, affectées par les UV. |
d) Concernant les matériaux poreux
La vitesse des ondes est fonction de la taille des pores par rapport à la longueur d’onde utilisée.
Il existe des matériaux poreux naturels (pierre, sédiments, etc.) ou synthétiques (brique, ciment, béton, verre fritté, semi-conducteurs poreux, etc.). Le CND intervient à trois niveaux : contrôle pour des utilisations mécaniques, contrôle de capteurs à base de matériaux poreux, contrôle de la protection de ces matériaux.
Certains capteurs, qui associent le silicium poreux et des composants électroniques, peuvent être complètement contrôlés par ces méthodes.
Des mesures de porosité ont été effectuées sur du combustible nucléaire vierge ou irradié, tel le dioxyde d’uranium UO2, mesures importantes pour définir la qualité du combustible nucléaire et connaître ses propriétés mécaniques. Ces tests permettent de quantifier le vieillissement des éléments exposés aux radiations, ce qui aide à déterminer la durée de vie des centrales et a donc une grande importance économique.
e) Dans le domaine biomédical
L’intérêt majeur est de pouvoir observer des organes ou des tissus vivants sans les colorer et sans perturber leur fonctionnement (biopsies en salle d’opération). Les applications médicales les plus courantes utilisent des fréquences de 5 à 30 MHz, pour étudier par microéchographie les structures situées par exemple sous la peau (vaisseaux sanguins sous-cutanés).
En particulier, plusieurs techniques d’imagerie par ultrasons permettent de mesurer la vitesse d’écoulement sanguin dans les vaisseaux. On trouve d’une part des techniques utilisant l’effet Doppler (Christian Johann Doppler, 1842) : le décalage en fréquence entre l’onde incidente et l’onde réfléchie est proportionnel à la vitesse de déplacement des globules rouges. Une autre technique, appelée imagerie vasculaire couleur (IVC) permet, grâce à un traitement élaboré du signal échographique, de mesurer la vitesse des globules rouges indépendamment de la fréquence des ultrasons et avec une meilleure résolution spatiale.
A des fréquences de 400 MHz à 1 GHz, on peut explorer par microscopie acoustique des échantillons d’os ou de cartilage, étudier des pathologies telles que l’ostéoporose (par la mesure de la densité minérale de l’os) ou l’arthrose (mesure de l’élasticité du cartilage, constitué de fibres de collagène : voir «»polymères ” ci-dessus), ou même le mécanisme d’action de molécules thérapeutiques.
En archéologie, on a pu par exemple étudier l’émail de dents fossiles rares.
f) Dans le secteur agroalimentaire
On commence à utiliser ces procédés microscopiques dans le contrôle de produits frais soumis à des techniques de conservation et de stockage diverses. Ainsi on peut suivre l’élasticité de certains composants de la viande en fonction de son état de maturation, ou bien contrôler la torréfaction des grains de café ou de cacao.
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Questions sur le texte et autour du texte
Les questions en italique portent sur les connaissances du cours de terminale S. Les autres questions portent sur le document proprement dit.
1. Par qui et à quelle époque ont été découverts et utilisés les ultrasons ?
2. Dans un solide, les ondes mécaniques peuvent être longitudinales ou transversales. Qu’appelle-t-on onde longitudinale ? Qu’appelle-t-on onde transversale ? Citez un phénomène naturel dans lequel les deux types d’ondes se propagent.
3. Dans un fluide (air ou liquide) les ultrasons sont des ondes progressives mécaniques périodiques longitudinales. Pour une onde sonore ou ultrasonore, quelle est la grandeur physique liée au milieu de propagation qui varie alors de façon périodique en chaque point de ce milieu ?
4. Lors de la propagation d’une onde mécanique, y a-t-il transport de matière ? d’énergie ?
5. Qu’appelle-t-on des hypersons ?
6. La vitesse de propagation (ou célérité) d’une onde mécanique est une propriété du milieu de propagation. En particulier, plus un milieu est rigide, plus les ondes mécaniques s’y propagent rapidement. Expliquez pourquoi la célérité des ultrasons est plus grande dans les solides (saphir) que dans les liquides (eau) et que dans l’air.
7. Rappelez la relation liant la fréquence f d’une onde périodique et sa longueur d’onde ? dans un milieu où sa célérité est v. Précisez les unités de ces trois grandeurs dans cette relation. Calculez la longueur d’onde dans un cristal d’un hyperson de fréquence 1013 Hz (10 THz) sachant que sa célérité dans ce cristal est de 3,3 km.s-1.
8. Qu’appelle-t-on résolution spatiale de l’instrument ? Quel est l’ordre de grandeur de la meilleure résolution obtenue ? Que peut-on faire pour l’améliorer ? Cette solution est-elle applicable pour toutes les observations ?
9. D’après le texte, quel est l’ordre de grandeur de la longueur d’onde dans le saphir des ultrasons de fréquence 1 GHz ? En déduire leur célérité dans le saphir (vsaphir ) puis dans l’eau (veau). Que vaut la longueur d’onde de ces ultrasons dans l’eau ? En déduire la résolution spatiale d’un microscope utilisant ces ultrasons.
10. Lorsque l’onde ultrasonore traverse le dioptre saphir/eau, quelle grandeur reste constante : la célérité ? la fréquence ? la longueur d’onde ?
11. La résolution spatiale de l’instrument est limitée par la diffraction qui élargit la tache focale. Expliquez en quoi consiste le phénomène de diffraction d’une onde.
Réponses aux questions sur le texte et autour du texte
1. Les ultrasons ont été découverts par Galton en 1883. Il s’agissait de vibrations de fréquences juste supérieures aux fréquences audibles (c’est-à-dire juste supérieures à 20 000 Hz), produites par un sifflet dit « sifflet à chien ».
2. Une onde est dite longitudinale lorsque le déplacement local des points du milieu de propagation s’effectue parallèlement à la direction de propagation. Des exemples classiques sont les ondes de « compression-dilatation » des spires le long d’un ressort hélicoïdal ou les ondes sonores dans un milieu élastique (gaz, liquide ou solide). Une onde est dite transversale lorsque le déplacement local des points du milieu de propagation s’effectue perpendiculairement à sa direction de propagation. Il s’agit par exemple des ondes le long d’une corde tendue, ou à la surface de l’eau. Les ondes sismiques peuvent être transversales (ondes de cisaillement) ou longitudinales (ondes de compression).
3. Au passage d’une onde sonore ou ultrasonore dans un fluide, la grandeur physique affectée au cours du temps est la pression (du gaz ou du liquide), qui varie périodiquement à la même fréquence que la source sonore. Chaque point du milieu reproduit, avec un retard, la vibration de la source.
4. La propagation d’une onde mécanique correspond à une propagation d’énergie depuis la source. Il n’y a pas de transport de matière de la source jusqu’à un point atteint par l’onde.
5. Les hypersons sont des ultrasons de fréquences très élevées, comprises dans la bande de 200 MHz à 100 GHz et jusqu’à 10 THz depuis peu.
6. Les solides sont plus rigides que les liquides, eux-mêmes plus rigides que les gaz.
7. La relation entre la longueur d’onde ? , la fréquence f et la vitesse de propagation ou célérité v est : ? = v / f avec ? en mètres (m), v en m.s–1 et f en hertz (Hz) ? = 3 300 / 1013 = 3,3. 10-10 m = 0,33 nm (ordre de grandeur de la dimension des atomes).
8. La résolution spatiale du microscope est la dimension du plus petit détail observable grâce à l’instrument. La meilleure résolution est actuellement de l’ordre du micromètre (µm = 10-6 m). On peut l’améliorer en refroidissant le milieu de propagation (ce qui diminue la célérité, donc la longueur d’onde, donc la taille la plus petite « visible »). Cette solution n’est pas utilisable pour observer les milieux biologiques vivants.
9. Dans le paragraphe « Principes d'un microscope acoustique », on trouve que pour f = 1 GHz = 109 Hz ? ˜ 1 µm = 10-6 m. On en déduit vsaphir = ? . f = 10-6. 109 = 1 000 m.s-1 . On nous indique que veau/vsaphir = 0,135. Donc veau = 0,135. vsaphir = 135 m.s-1 . La longueur d’onde de ces ultrasons (hypersons) dans l’eau est ?eau = veau / f = 135 / 109 = 1,35. 10-7m = 0,135 µm. La résolution spatiale de l’instrument étant de l’ordre de la demi-longueur d’onde dans le liquide de couplage, elle est ici de l’ordre de ?eau/2 ˜ 0,07 µm, soit 0,1 µm pour l’ordre de grandeur .
10. A la traversée d’un dioptre, la fréquence f de l’onde ne change pas. Comme la célérité n’est pas la même dans deux milieux différents, la longueur d’onde ? change lors du passage d’un milieu de propagation à un autre (voir question 9).
11. Il y a diffraction d’une onde lorsque la propagation de cette onde arrivant sur un obstacle ou une ouverture est modifiée. Par exemple lorsqu’une onde plane est diffractée, on observe après l’obstacle une onde circulaire (ou sphérique). Le phénomène de diffraction est d’autant plus marqué que les dimensions de l’ouverture sont petites. Il devient en général observable pour des dimensions de l’obstacle voisines de la longueur d’onde de l’onde incidente.
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