 Mouvement brownien en dynamique moléculaire.
© J. -F. Colonna - J. Treiner. |
Ce deuxième volet d’Histoires de science est consacré au mouvement brownien dans les différents champs de la connaissance.
Le mouvement brownien n’est pas suffisamment enseigné dans les cursus scolaires et universitaires de base, alors qu’il constitue un phénomène fondamental d’une grande importance conceptuelle.
Il est souvent considéré comme une curiosité, et l’on mentionne les observations de Robert Brown comme des anecdotes sans prolongement. Combien sont les étudiants de sciences qui ont effectivement observé un mouvement brownien ? Il est actuellement proposé comme une activité du programme de physique de seconde, pour donner une vision microscopique préalable à l’étude sur les gaz. Mais les questionnements qui s’y rapportent méritent qu’on y revienne. À l’université, le mouvement brownien ne sert pas vraiment de support de cours pour une raison toute simple : on n’envisage de le traiter que lorsque l’on est en mesure d’en faire une théorie complète, c'est-à-dire en mastère. Mais arrivé là, va-t-on perdre du temps à montrer des petites particules qui s’agitent ?
L’Année mondiale de la physique a permis de corriger un peu la perspective, puisque ce fut l’occasion de rappeler, à travers un des articles d’Einstein de 1905, que la compréhension du mouvement brownien était à l’origine de l’acceptation générale de la discontinuité de la matière.
Nous prolongeons l’analyse ici, en explicitant comment les particularités de telle ou telle situation en physique, en chimie, en biologie ou en économie, permettent d’enrichir la notion initiale, généralisée par les mathématiques sous le terme de « processus markovien » dans lequel le futur ne dépend du passé que par l’intermédiaire du présent.
Jacques TREINER
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