REPÈRES

Le portrait 
 
De Niépce aux frères Lumière

Lycée,1re L :
histoire des arts, TPE
Classe à PAC


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De Lartigue à Man Ray

 
SCÉRÉN-CNDP

 

Dans les années 1850, le portrait ne pose plus de problèmes techniques, son prix et sa qualité évoluent. L’attrait narcissique pour sa propre image se double d’un intérêt pour des personnalités en vue qui génère le commerce prospère de studios renommés. Les élites du monde des arts, des lettres mais aussi de la politique, du théâtre et même de l’Église se font tirer le portrait.
Nadar. Sarah Bernhardt, ca. 1860.
© BnF
Les libraires, les papetiers commercialisent ensuite leurs visages sous forme d’estampes, puis de photographies au format de carte de visite.
Les ateliers focalisent une clientèle avide de regarder « les binettes contemporaines » et de « se faire tirer » chez Disdéri, le photographe de l’Empereur, ou bien chez Nadar, celui de l’opposition ou bien encore chez Etienne Carjat1 , le journaliste caricaturiste dont les portraits rivalisent avec ceux de Nadar. Les images publiques et privées sont intégrées dans des albums photographiques, « nouveau musée familial2 », et confortent ainsi l’appartenance à la même classe sociale. La carte de visite signe le glas du daguerréotype et perdurera jusqu’à la première guerre mondiale.


G. Le Gray. L'impératrice Eugénie, 1856.
© BnF
Nadar. George Sand, 1864.
© Denoyelle
Nadar. Sarah Bernhardt, 1864.
© BnF
Carjat. Baudelaire, ca. 1866.
© BnF
É. Carjat. Rimbaud, 1872.
© BnF
Bisson frères. Napoléon III, ca. 1860.
© Denoyelle


Nadar. Portrait d’une femme coiffée de pampres, s. d.
© BnF
Les ateliers s'agrandissent et prospèrent, la concurrence entre les photographes redouble. De très grands studios émergent (Nadar, Carjat, Disdéri, Mayer et Pierson) et drainent la clientèle la plus aisée. Si quelques photographes de talent produisent des portraits d'une grande qualité, la production de masse se standardise. Alors que la banalité, voire la médiocrité, s'installe, les photographes revendiquent des prétentions artistiques pour dynamiser leur commerce dont l'équilibre financier reste précaire en raison des investissements engagés.

Nadar. Portrait, s. d.
© BnF
L'uniformisation des canons de représentation est dénoncée par des peintres et surtout des écrivains comme Gustave Flaubert et Théophile Gautier qui reprennent la diatribe engagée par Charles Baudelaire contre le daguerréotype. Nadar, écœuré par l'évolution de la production raille Mayer et Pierson, ses concurrents, qui se contentent « d'un format à peu près unique, singulièrement pratique pour l'espace de nos logements bourgeois. Sans s'occuper autrement de la disposition des lignes selon le point de vue le plus favorable au modèle, ni de l'expression de son visage, non plus que de la façon dont la lumière éclaire tout cela. On installait le client à une place invariable, et l'on obtenait de lui un unique cliché, terne et gris à la va-comme-je-te-pousse3 ».

Anonyme, d'après une épreuve de Nadar. Ambassadeurs japonais, ca.1865.
© BnF




 
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