REPÈRES

Conclusions 

La radioactivité au quotidien

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Depuis quelques années, l’évolution de la recherche dans deux domaines permet d’envisager la caractérisation directe des effets des faibles doses :
  • la connaissance du génome, en particulier du génome humain et l’identification de tous les gènes et la mise en place de sondes qui permettent d’en suivre le fonctionnement.
  • les nouvelles technologies : pour effectuer l’analyse globale à un instant donné de l’activité d’une cellule, les « biopuces », couplées à une programmation informatique, permettent l’analyse simultanée de milliers d’informations.

Voici deux exemples d’outils d’analyse globale qui permettent d’avoir une vision d’ensemble de ce qui se passe dans une cellule à un instant donné :
– les biopuces à ADN permettent l’étude du transcriptome qui mesure individuellement le niveau d’activité de plusieurs milliers de gènes dans une cellule unique, à un instant donné. Sur une lame de quelques centimètres carrés, on peut disposer plusieurs milliers de sondes, chacune d’elles permettant de connaître le fonctionnement d’un gène. Le matériel de la cellule à tester est déposé sur chaque sonde et, après réaction, le niveau d’activité du gène, stimulation ou inhibition, est mesuré par l’intermédiaire de la fluorescence produite. Chaque spot correspond donc à l’activité d’un gène ;
– la protéomique, analyse du protéome, mesure à un instant donné la présence, l’absence et le niveau d’activité de milliers de protéines de la cellule.
Grâce à la bio-informatique couplée aux techniques, les variations d’activités sont mesurées quantitativement par rapport à un témoin. Ces techniques sont développées dans de nombreux laboratoires dans le monde. Elles sont complexes à mettre en œuvre avec fiabilité. Elles permettent d’aborder directement les effets biologiques de faibles doses, qualitativement (quels sont les gènes et protéines, les régulations impliquées ?) et quantitativement (quel est le niveau de la stimulation ou de la répression ? quelle comparaison par rapport à l’effet d’un autre type de stress ou sur d’autres cellules ?). Elles permettent de montrer que, dès les plus faibles doses, l’irradiation entraîne une réponse cellulaire quantifiable (effet biologique) qui peut être qualitativement différente de la réponse obtenue après une forte dose et incite donc à la prudence quant à l’extrapolation des résultats observés aux fortes doses vers les faibles doses. L’existence d’un effet biologique précoce ne signe pas l’apparition d’un effet ultérieur sur la santé.
Les effets des faibles doses
Un dossier complet établi par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) fait état des données les plus récentes sur les études épidémiologiques des rayonnements ionisants.
La radiobiologie des faibles doses reste complexe. Cependant, suite aux études approfondies réalisées depuis plus de dix ans sur les effets biologiques des faibles doses et faibles débits de dose de rayonnements ionisants, on peut avancer les conclusions suivantes :
  • pour des doses inférieures à 100 mSv (irradiation aiguë), il n'a pas été mis en évidence d’accroissement de la fréquence des effets génétiques ou tératogènes, ni des cancers et leucémies ;
  • l'organisme humain possède des moyens efficaces de défense contre les effets des rayonnements ionisants. Cette défense peut être assurée par la cellule lésée elle-même et aussi par les cellules jouxtant la cellule lésée.

« Cependant, compte tenu des connaissances actuelles, il est très difficile de définir une dose de rayonnement minimale en dessous de laquelle on peut affirmer que toutes les lésions sont réparées. Les mécanismes de formation et de réparation de l’ADN ne sont pas identiques pour les faibles et fortes doses… La relation dose-effet, utile à l’établissement de normes de radioprotection, n’en est que plus difficile à établir. » (ASN)

Quelques données sur d’autres risques menaçant la santé
Il est d’autres risques dont la fréquence d’apparition croît de manière très significative après exposition, entre autres :
  • le tabac, c’est 66 000 victimes par an en France (ministère de la Santé) ;
  • la concentration en CO2 était stable avant l’ère industrielle. Même si une partie (2.0 ± 0.8 Gt) est absorbée par les océans, une autre, (1.9 ± 1.9 Gt) par la végétation et les sols, ce sont en moyenne plus de 3 Gt de carbone qui, chaque année, s’accumulent dans l’atmosphère1.
Si l’on fait la comparaison des risques pour la santé des différentes énergies (nucléaire et autres modes de production), il ressort que :
  • le transport et le stockage du pétrole et du gaz naturel ont entraîné 6 500 décès depuis trente ans ;
  • les ruptures de barrages ont entraîné 260 000 décès depuis 1959, c’est-à-dire depuis 47 ans.
  • l’accident nucléaire de Tchernobyl du 26 avril 1986 a entraîné 43 décès dans les jours et semaines qui suivirent2, et, pendant les vingt dernières années, aurait causé, la mort de 4000 personnes, selon un rapport de l’AIEA (l’Agence internationale de l‘énergie).

Comparaison des déchets liés aux diverses sources d’énergie
Enfin, il convient de s’interroger sérieusement sur les effets des déchets liés aux différentes sources d’énergie. Le document Les déchets associés présente les déchets radioactifs produits par l’énergie nucléaire, les moyens de traitement et les stockages associés, les effluents gazeux chimiques produits par l’emploi des combustibles fossiles et l’importance de la pollution atmosphérique qui en résulte. Il ressort que :
– l’irradiation externe en limite du site d’une centrale nucléaire, due aux radioactivités ß et ? de gaz rares (krypton et xénon), est inférieure au centième de l’irradiation naturelle. Cette irradiation est du même ordre que l’irradiation interne due à la radioactivité naturelle des poussières rejetées par une centrale à charbon (uranium 238, thorium 232 et leurs produits de filiation, contenus dans le minerai de charbon) ;
– les déchets radioactifs, conditionnés en blocs de béton pour un stockage en surface du sol (déchets de moindre activité) et en blocs vitrifiés pour un stockage souterrain après dix années de décroissance (déchets de haute activité), n’entraîneront pas des irradiations sensibles. En effet, les réacteurs nucléaires naturels d’Oklo ont mis en évidence la faible migration des radionucléides de fission dans les sols pour les éléments alcalino-terreux, les terres rares et les transuraniens, éléments dont la radiotoxicité est importante et qui subsistent seuls après quelques centaines d’années de décroissance des déchets de haute activité ;
– le dioxyde de carbone et les produits toxiques résultant des combustibles fossiles sont directement rejetés dans l’atmosphère.

« Ce que les prêtres de la nature doivent faire et exiger, c’est que la rigueur de la protection appliquée contre les radiations ionisantes soit étendue à la protection contre les autres agents physiques ou chimiques qui menacent l’homme et dont tous ne sont pas par ailleurs à son service comme le sont les radiations. Je suis scandalisé par les négligences en ce qui concerne la pollution chimique, dont aucun facteur militaire ou industriel n’atteint d’ailleurs la nocivité du facteur suicidaire qu’est l’usage de la cigarette. » (professeur Georges Mathé, directeur de l’Institut de cancérologie et d’immunogénétique de Villejuif.)



 
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