Une faible dose reçue préalablement peut protéger la victime. Cette constatation a pu être faite sur l'homme suite à un accident survenu récemment à Istanbul. Des ferrailleurs cherchaient à récupérer le métal d’un conteneur dans lequel une source médicale de cobalt 60 avait été oubliée. Pendant quatre heures, ils ont essayé d'ouvrir le conteneur, subissant tout au long de l’intervention une faible dose d'irradiation à faible débit. Puis, ils ont réussi à l'entrouvrir, subissant cette fois un débit de dose élevé. Enfin, ressentant des malaises, ils ont heureusement cessé leur tentative. Les examens ont montré que la dose réelle subie, évaluée en fonction de la chute des leucocytes et des plaquettes, se situait entre 3 et 4 Gy. En revanche, le nombre des lésions génétiques subies par l'ADN conduisait à une dose de 1 à 2 Gy, montrant une atteinte beaucoup moins importante de l'ADN et des cellules souches appelées à remplacer les globules du sang.
« Ce qui est accepté à l’heure actuelle est la réalité d’une réponse "adaptative" : une dose faible (quelques dizaines de mSv), délivrée quelques heures avant une irradiation à dose plus élevée, diminue l’effet (en particulier mutagène) de cette seconde dose, et pourrait donc faire décroître le risque de cancérisation. L’interprétation serait que la dose faible initiale a entraîné une mise en route des processus de réparation, permettant de limiter les effets toxiques de la dose élevée délivrée dans un second temps. Dans quelle mesure ce phénomène peut-il entraîner une "protection" en clinique humaine ? La réponse n’est, à ce jour, pas connue avec précision. »
Source : CEA Synthèse pratique : radiobiologie, J. Balosso, P. Bourguet,
J.-M. Cosset, S. Laffont
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