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 Collège Louise-Michel d'Alençon

Ce reportage au collège Louise-Michel d'Alençon a été réalisé par le département Ville-École-Intégration du CNDP, avec l’appui du CDDP de l'Orne.

Édito de la principale


Arlette Lemarchand
Le collège Louise-Michel est implanté dans le quartier de Perseigne d’Alencon depuis 1981 et est classé Ambition réussite depuis 2006.

Après une ouverture complète sur le quartier, il a été reconstruit depuis 2003 et entouré de grilles de 2 mètres de haut. Des caméras de surveillance ont été installées après un incendie de la cantine. Et pourtant, élèves et professeurs apprécient le cadre de travail de l’établissement où « il se passe toujours quelque chose ».
La dénomination Ambition réussite a redynamisé les équipes. Les élèves et les familles ont apprécié l’arrivée des pôles d’excellence « CHAM » et « Sciences et technologie ».
Grâce à ces dispositifs, les élèves dont les progrès sont trop modestes peuvent être valorisés par l’art et la culture. Ils apprennent que la perspective d’un avenir à Bac + 3 ans leur est ouverte, même sur Alençon.
Valoriser, remotiver, donner une image positive, croire en l’avenir de nos élèves, telles sont les ambitions du collège pour la réussite du plus grand nombre.

Arlette Lemarchand
Un collège, un quartier


Géolocalisation du collège

L’histoire du collège est intimement liée à celle de son quartier qui se confond elle-même avec celle des employés de Moulinex.
Perseigne est, comme beaucoup, un quartier construit à la fin des années 1960 pour loger dans des barres et des tours, à proximité de leur lieu de travail, les employés de l’usine Moulinex. Puis, la crise économique est passée par là et le quartier en porte encore les stigmates. Les violences urbaines de 2002 auxquelles il n’a pas échappé témoignent du bien-fondé de la mise en œuvre, depuis 6 ans, d’une politique de « requalification » du quartier : destruction des tours, rénovation du centre commercial et reconstruction du collège en 2001.
La fermeture du site Moulinex a fait très sensiblement évoluer la sociologie du quartier et donc celle du collège.
Précédemment ouvert à un public plus large provenant de communes périphériques, le recrutement du collège s’est resserré sur le quartier ; l’établissement est de plus en plus fréquenté par des enfants dont les parents appartiennent à des professions et catégories socioprofessionnelles défavorisées (80,2 % au lieu de 75 % en 2001). Il comporte une communauté étrangère importante et variée (16 nationalités différentes).
Les stratégies mises en place par le collège sont plurielles ; elles prennent en compte la diversité du public en proposant notamment les ouvertures culturelles qui font défaut du côté de la langue française, mais aussi du côté des sciences ou de la musique.

Les bâtiments de l’ancien collège
Perspective sur l’entrée de l’ancien collège
Le collège
Le nouveau quartier


Fiche d'identité


Localisation
Le quartier de Perseigne (classé en ZRU) à Alençon, dans l’Orne, est particulièrement marqué par les difficultés socio-économiques de la population (80,2 % enfants du collège issus de parents de professions et catégories socioprofessionnelles défavorisées et 67,7 % de boursiers) que la fermeture définitive du site Moulinex en 2002, dont Alençon est le berceau historique, a encore accentuées. Même si le site fait actuellement l’objet d’une requalification sociale et urbaine, le quartier est en crise (60 % de logements sociaux, 55 % de chômeurs…). Les perspectives d’avenir pour les élèves y sont donc peu encourageantes.

Effectif
338 élèves inscrits à la rentrée 2008 pour 17 classes, issus essentiellement du quartier de Perseigne.
L’effectif est composé à 19,5 % d’élèves étrangers : 16 nationalités sont représentées (les jeunes Turcs étant majoritaires, avec 25 % des élèves issus de l’émigration). Parmi ceux-ci, 23 élèves non francophones (6,8 % de l’effectif total du collège). À ces jeunes rencontrant d’importantes difficultés d’adaptation, notamment langagières, on peut ajouter, dans une moindre mesure, une vingtaine d’élèves mahorais.

Personnels
2 postes de direction. 37 enseignants, 10 personnels ATOSS, 1 CPE et 3 postes d’assistants d’éducation.
Au titre de l’Ambition réussite, le collège dispose de :
  • 2 coordonnateurs Ambition réussite : un demi-équivalent temps plein premier degré et un autre, second degré ;
  • 3 professeurs référents (deux enseignantes du second degré et une du premier degré), appelés localement « professeurs Ambition réussite », sous l’autorité de la principale ;
  • 9 assistants pédagogiques qui interviennent au collège et dans les écoles primaires du secteur.

Le réseau Ambition réussite
Le RAR de Perseigne est constitué des trois écoles primaires du secteur et du collège. Au total, ce sont près de 980 élèves et 110 adultes qui composent le RAR. Le collège est notamment caractérisé par l’implantation d’une classe-orchestre à chaque niveau. Il dispose dans sa dotation d’une enveloppe d’heures pour assurer aux élèves nouvellement arrivés en France un enseignement de français langue étrangère.

Projets et actions
Le contrat Ambition réussite fixe deux objectifs prioritaires :
  • contribuer à une meilleure maîtrise de la langue française ;
  • permettre aux élèves d’acquérir des méthodes de travail et l’autonomie nécessaires pour mener à bien leur travail personnel.
Ces priorités s’accompagnent de deux pôles d’excellence :
  • le pôle culturel musique-chant implanté au collège dans sa dimension « orchestre au collège » en partenariat avec le Conservatoire à rayonnement départemental ;
  • le pôle d’excellence technologique, concrétisé par un partenariat avec l’IUT d’Alençon.

Une action prioritaire : les classes à horaires aménagés musique (CHAM)


Face à un public en grande difficulté scolaire qui doit acquérir confiance en soi et le goût des apprentissages, le collège Louise-Michel a choisi, en partenariat avec le conseil général et la ville d’Alençon, de mettre en place en 2003 le pôle d’excellence CHAM autour de l’apprentissage d’un instrument.
Sur 338 élèves au collège, 78 bénéficient d’une CHAM en 2007-2008.
Le texte académique pour les CHAM (PDF, 30 ko)
www.ac-caen.fr/orne/

Un horaire aménagé
Tout élève entrant en 6e peut choisir l’apprentissage, jusqu’en 3e, d’un instrument de musique. Il bénéficie alors d’un horaire aménagé comprenant quatre heures (trois heures supplémentaires par rapport aux programmes) hebdomadaires d’apprentissage musical dont deux au Conservatoire national de musique à rayonnement départemental en centre-ville.

Le fruit d’un partenariat
Le pôle CHAM est construit sur la base d’une volonté commune et d’un partenariat entre l’Éducation nationale, la Ville d’Alençon et le Conseil général de l’Orne, organisé comme suit :
  • Éducation nationale : 1 heure d’enseignement musical supplémentaire ;
  • Ville : 2 heures en école de musique ;
  • Conseil général : fourniture des instruments, transport, inscription à l’école de musique.

L’organisation
À chaque niveau (sauf en 4e), les élèves en CHAM sont répartis sur deux classes pour permettre au plus grand nombre d’élèves de bénéficier de la dynamique positive de la CHAM. Ils sont conduits chaque jeudi, avec leur professeur de musique, Mme Lesimple, à l’école de musique. Ils y suivent, d’une part un cours d’instrument en petit groupe (2 ou 3) et, d’autre part, une formation collective à l’orchestre d’harmonie.
L’instrument de musique leur est prêté et ils peuvent l’emporter chez eux pour s’entraîner.
Étant donné la mobilité des familles, il est possible d’intégrer des élèves en cours de 6e ou en début de 5e ; au-delà, cela briserait l’homogénéité de l’orchestre.

La pratique
Les élèves sont mis d’emblée dans des situations d’apprentissage où l’on privilégie le plaisir de jouer avant d’aborder les aspects techniques.
Le travail en petit groupe leur permet de s’approprier rapidement leur instrument et de bénéficier d’un enseignement individualisé qui facilite la prise de confiance en soi. La pratique concomitante de l’orchestre, outre qu’elle donne du sens à l’apprentissage d’un instrument, développe le sentiment d’appartenance au groupe et des valeurs indispensables pour la socialisation et une scolarité réussie : l’écoute, le respect des autres, la patience...

Le choix d’un instrument
En début de 6e, une demi-journée est consacrée à la découverte des instruments. Les élèves font ensuite trois choix qui permettent à M. Fouqueray, directeur du conservatoire, de composer un orchestre d’harmonie.
L’orchestre comprend flûtes, hautbois, saxophones, cors, tubas, percussions et trompettes.

Les ateliers
Les élèves apprennent à jouer de leur instrument en atelier hebdomadaire sous la conduite d’un professeur musicien. Cet atelier de 45 minutes permet un travail individualisé et des progrès rapides. La motivation et la concentration des enfants y sont flagrantes pour un visiteur extérieur.

L’orchestre d’harmonie
L’orchestre d’harmonie est composé de 15 à 20 élèves par niveau. Il est dirigé par M. Delecour, directeur adjoint, en co-animation avec la professeur de musique du collège. Les enfants apprennent à jouer en orchestre « comme des professionnels ». Dès la première année, ils jouent des morceaux originaux avec partition.
L’intérêt des élèves à cette activité est manifeste, et ils sont fiers de tenir leur partition et une place au sein de l’orchestre.

    L’orchestre d’harmonie : les 6e au travail

 
Valorisation de l’activité
Les élèves « chamistes » sont régulièrement sollicités en cours d’année pour des manifestations où les parents sont invités. Lorsqu’elle a présenté ses vœux pour 2008, Madame le maire d’Alençon a remis au collège Louise-Michel pour ses CHAM la médaille de la Ville, offrant une véritable reconnaissance aux collégiens.

Bilan
Concert à l’auditorium d’Alençon le 22 mai 2008
On obtient rapidement des résultats probants du point de vue des apprentissages musicaux et des comportements. En orchestre, les élèves apprennent à jouer ensemble et à se plier à une discipline collective. Cela se traduit en classe par l’amélioration de l’ambiance de travail s’en trouve améliorée et la manifestation d’un esprit de groupe, y compris avec ceux qui ne participent pas à la CHAM.

On enregistre que des enfants, pendant leur scolarité, s’inscrivent en plus à des cours au conservatoire pour un autre instrument alors qu’ils n’auraient jamais osé en pousser la porte sans la CHAM.
L’image de la CHAM est très bonne, tant au niveau du quartier qu’au niveau du corps enseignant. Les volontaires en 6e sont nombreux à souhaiter s’y inscrire et la question se pose de trouver des solutions pour permettre à ces jeunes de poursuivre cet enseignement au-delà du collège.
 
 
Le CDDP de l’Orne
Le CDDP de l’Orne entretient des liens très étroits avec les établissements du second degré et tout particulièrement avec les collèges Ambition réussite. En concertation avec tous les acteurs, le CDDP a décidé de concentrer ses actions sur l’accompagnement des « assistants pédagogiques » à qui il propose des ressources méthodologiques et des aides à la mise en œuvre d’outils et de logiciels. Ces actions prennent la forme de moments d’échanges dans l’établissement ou au CDDP. S'appuyant sur cette expérience, le CDDP proposera prochainement ce service à l’ensemble des établissements du département.
 
 
Francis Delarue et Jean-Pierre Auclaire
Contact reportages : reportages.vei@cndp.fr


 
 

 
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