Ce reportage au collège Belle de Mai de Marseille a été réalisé par le département Ville-École-Intégration du CNDP.
Le collège Belle de Mai (3e arr. de Marseille) fait partie d’un réseau « ambition réussite » (RAR) et est intégré au programme ECLAIR depuis la rentrée 2010.
L’établissement, reconnu pour son expertise pédagogique et pour son dynamisme, bénéficie de son implantation dans le quartier de la Belle de Mai qui fourmille d’actions culturelles. Ainsi, beaucoup de projets se font en étroite collaboration avec nos partenaires (Maison Pour Tous, ADELIES, ADDAP13, IMAJE Santé, Les Têtes de l'Art, Les Pas Perdus, l’association de parents d’élèves très investie).
Le projet d’établissement s’articule autour de deux thèmes : la réussite des élèves (maîtrise de la langue et des autres compétences fondamentales, réussite en première1) et la réussite pour chaque élève (lutte contre le dérochage scolaire et amélioration du climat scolaire). Son enjeu principal est de rendre plus cohérent l’ensemble des actions en évitant leur simple empilement. Nous souhaitons créer une synergie afin de mieux accompagner individuellement chaque élève vers sa réussite.
Laurent Lucchini
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Le collège, réunion d'une école primaire de filles et d'une école primaire de garçons, se situe au cœur du quartier de la Belle de Mai de Marseille.
Ce quartier n’a cessé de se paupériser depuis les années 70, avec une accélération depuis la fermeture, en 1990, de la Manufacture des tabacs, rénovée depuis en pôle culturel Friche la Belle de Mai qui abrite une soixantaine de structures artistiques.
Si de nombreux commerces ont fermé boutique2, un certain nombre subsiste et des habitants s’investissent pour maintenir la richesse culturelle d'un quartier dynamisée par la Friche et la présence de théâtres. De plus, on assiste à l'arrivée d'une population plus aisée, à la recherche de logements d'un coût accessible. En conséquence, le quartier est en pleine mutation avec des zones rénovées relativement agréables mais aussi d’autres, très défavorisées, avec un habitat vétuste, voire insalubre.
![]() Le quartier entre tours, maisons |
![]() et petits immeubles... |
![]() Un bidonville aux abords du collège |
![]() Un carrefour très culturel ! |
Côté rue, le collège est bordé par un long mur gris qui cache des bâtiments disposés autour d’une cour, plantée de platanes, dégageant une atmosphère paisible.
Il accueille une population majoritairement très défavorisée (pauvreté, taux de chômage très élevé, logements petits et en mauvais état...) mais a pour ambition de permettre la réussite de ses élèves et de conserver une mixité sociale en développant un climat scolaire apaisé et attractif pour tous : projets et actions au sein du RAR en synergie avec les structures locales et les parents, suivi et accompagnement de chaque élève, classes bilangues, restauration de qualité gérée par le chef cuisinier, travail d'équipe favorisé par l'équipe de direction...
![]() Le collège derrière son mur |
![]() Entre ombre et lumière |
534 élèves issus des 4 écoles primaires « Révolution », « Edouard Vaillant », « Cadenat » et « National ».
Les enseignants du RAR (composition et coordonnées dans l’annuaire du site de l’éducation prioritaire), avec en ligne de mire la réussite des élèves, s'efforcent d'établir une continuité dans les apprentissages et d'atténuer les ruptures vécues lors du passage en 6e, notamment avec la mise en place :
L'association des parents d'élèves, affiliée à la FCPE, s'implique dans la vie du collège selon 2 axes :
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Fête au collège avec les parents |
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Les associations partenaires, fortement implantées dans le quartier, apportent un concours essentiel aux projets du collège et sont pleinement actrices de la synergie éducative qui se joue auprès des jeunes collégiens.
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Projet graphique pour la journée portes ouvertes |
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![]() Journée portes ouvertes du 28 mai 2011 |
![]() Atelier vidéo avec le DAI |
Des activités au collège et hors temps scolaire (pause méridienne, mercredi après-midi, après les cours, en vacances) prises en charge par des professeurs et, pour certaines, avec l'intervention de partenaires, participent à créer les conditions de la réussite des élèves et favorisent leur épanouissement et leur ouverture au monde :
Par ailleurs :
![]() Les champions académiques en action |
![]() Le club jardinage |
Ce projet est né de la rencontre entre la volonté du pôle d’excellence scientifique (animé par M. Deulofeu, professeur référent du RAR) de participer au travail sur la maîtrise de la langue5 en proposant un projet innovant et valorisant pour l’établissement et d’un un appel à candidatures, en 2009, de l’inspection académique de sciences physique sur le thème de la découverte de l’Univers.
Une grande part des élèves accueillis par le collège Belle de Mai ont peu de vocabulaire et utilisent beaucoup de « mots tiroirs » (truc, chose...) dans leur langage quotidien. Un projet de nature scientifique les amène à s’emparer de mots précis pour se faire comprendre, lors des différentes restitutions orales ou écrites qui sont organisées devant des publics extérieurs à l’établissement.
Ce projet concourt à conserver et à développer la mixité sociale du collège, en :
Un projet de réseau scientifique est un bon terreau pour permettre aux élèves de mettre en œuvre une réelle démarche d’investigation (questionnement d’élèves confrontés à des situations complexes, observations, prises de mesures, hypothèses, enquêtes et expérimentations, validation ou invalidation, compte rendu des résultats, conclusions et restitutions) qui favorise l’acquisition durable de connaissances, de capacités méthodologiques et de savoir-faire technique.
Lors de leurs enquêtes, les élèves sont amenés à découvrir, à mobiliser et à croiser des connaissances et des capacités provenant de plusieurs disciplines : français, mathématiques, SVT, sciences physiques, histoire, géographie...
D’emblée, le projet s’est inscrit dans une dynamique de réseau, rendue possible par l’intervention d’un professeur référent et l’accompagnement d’un chargé de mission en sciences, François Bernard, qui facilite, en particulier, l’intégration du projet dans les écoles primaires où l’on n’a pas forcément les compétences et le matériel nécessaire pour le mener à bien.
Le thème retenu pour ce projet, transversal aux niveaux CM2 et 6e, permet d’envisager des prolongations en 5e et 4e en abordant des problématiques plus complexes.
En début d’année, une grande question à fort pouvoir générateur d’étude et de recherche est proposée aux élèves.
Exemple 2010-2011 : Comment voit-on que le temps passe ?
A partir de cette question un débat s’instaure dans les classes, des propositions sont faites (le jour, la nuit, l’âge, les saisons, l’anniversaire...) et de nombreuses « sous-questions » d’élèves surgissent comme : Pourquoi y a-t-il des saisons ? Comment peut-on les caractériser ? Les hommes ont-ils toujours utilisé le même calendrier ? Elles servent de base de travail à des enquêtes transdisciplinaires et des expérimentations.
Une des « sous-questions » est choisie pour faire l’objet d’un travail commun.
En 2010-2011 : essayer de comprendre « pourquoi il y a des saisons ». Dès octobre, par demi-classes, aidés par leur instituteur et des professeurs (SVT, maths), les élèves ont travaillé en groupes mixtes (CM2-6e) pour prendre des mesures (avec les outils du laboratoire du collège) et faire des observations sur le terrain (jardin du collège) afin de caractériser les saisons.
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Mesurer, observer et caractériser les saisons |
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Travail prolongé, en classe, par la recherche d’hypothèses explicatives sur les changements des saisons, puis par une phase d’expérimentations (imaginées et réalisées par les élèves) permettant de valider ou d’invalider les hypothèses trouvées.
![]() Rechercher des hypothèses, imaginer et |
![]() Présenter son expérience et ses conclusions |
Les élèves découvrent que la plupart des phénomènes sur Terre s’expliquent par l’astronomie, en particulier que les saisons résultent de l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre.
A ce stade, il est proposé aux élèves d’effectuer des observations du soleil en journée et du ciel la nuit, à l’aide d’un télescope motorisé et de lunettes qu’ils apprennent à manipuler.
En décembre, une première soirée d’observation du ciel est animée par les enseignants. Elle se déroule dans une ambiance conviviale avec environ 150 personnes (élèves, professeurs, parents, partenaires) sur le toit de la Maison pour Tous, à proximité du collège.
![]() Une soirée d’observation sur le toit de |
![]() Séance de travail à l’Observatoire |
Au cours des étapes suivantes :
En 2010-2011, un travail a été réalisé à partir de la question : « Est-ce que la lune change vraiment de forme ? ». Les élèves ont effectué des recherches, sur différents supports au CDI, qui leur ont fait aborder des notions en français, en histoire, en science et en mathématiques.
Ils ont aussi travaillé à partir de contes africains sur le thème des éclipses et ont écrit, à leur tour, un conte sur ce thème. Lors d’une restitution à l’observatoire de Marseille devant un public fourni (5 autres réseaux, responsables académiques, parents...), une des élèves a lu son conte Le jour et la nuit pour le plaisir de tous.
Un autre exemple en mathématiques : l’étude de la variation de la durée des jours dans le Monde.
Ce projet ambitieux est exemplaire des actions pédagogiques mises en œuvre par le collège Belle de Mai et les écoles qui s’y rattachent :
Les moyens mis à la disposition du RAR facilitent le développement et la cohérence de ce projet sur le réseau d’établissements : animation et suivi du projet par un professeur référent, aide de la secrétaire de comité exécutif pour faciliter le lien entre les établissements et dégager des plages horaires communes...
Jean-Pierre Auclaire et Francis Delarue
Contact reportages :
reportages.vei@cndp.fr
Remerciements au collège Belle de Mai et à l’association FCPE des parents d’élèves pour leur concours à ce reportage et la mise à disposition de photographies.