Ce reportage au lycée Robert Doisneau de Corbeil-Essonnes a été réalisé par le département Ville-École-Intégration du CNDP.
Le lycée Robert Doisneau a ouvert ses portes en 1958. Sans nom jusqu'aux années 90, on l'appelait alors simplement « lycée de Corbeil ». Son architecture est caractéristique de l'urbanisme des grands ensembles des années 60, y compris dans sa localisation géographique : il est implanté loin du centre ville, à la sortie de Corbeil, et fait partie du quartier des Tarterêts (classé en zone urbaine sensible) dont la construction date de la même époque.
Situé « hors les murs », il était déjà l'un des plus gros établissements de l'académie avec un premier cycle, un second cycle jusqu'à la terminale, de l'enseignement général, technologique et professionnel. Il comportait également un internat de 500 places dont il reste des vestiges au 4e étage du bâtiment A.
Malgré sa situation peu facilitante (loin de la gare, dans un quartier difficile), cet établissement a toujours été à la pointe de la pédagogie : on ne compte plus le nombre d'inspecteurs pédagogiques issus du corps enseignant du lycée et le nombre d'élèves qui souhaitent le rejoindre bien que n'étant pas du secteur.
Il a toujours su susciter chez les élèves un sentiment d'appartenance grâce aux actions collectives menées par les enseignants, ceux d'EPS en particulier.
Malgré sa taille (plus de 2500 élèves), il reste un lieu privilégié de rencontres, de partage et un lieu sécurisant pour des élèves très souvent en difficulté sociale.
De la seconde à bac + 3 (DCG 1), ce lycée offre à chacune et chacun le choix d'une formation performante et d'un accompagnement personnalisé. Ses résultats aux différents examens sont sa plus belle carte de visite !
Geneviève Piniau
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Le lycée Robert Doisneau de Corbeil-Essonnes, en bordure de la nationale 7, occupe un large espace (8,5 ha) dans le quartier « Tarterêts-Coquibus », zone urbaine sensible constituée d'un habitat social : tours sorties de terre à partir des années 60 pour répondre à une forte crise du logement. Le quartier est emblématique de la question des banlieues en France ; le taux de chômage y dépasse les 38 % et touche en priorité les jeunes.
L'établissement accueille des élèves venant de 6 quartiers alentour (4 sur Corbeil-Essonnes et 2 sur Evry) qui entretiennent des relations parfois difficiles entre eux. L'un des premiers défis du lycée est donc d'intégrer tous les jeunes et d'établir un climat serein indispensable à la réussite.
Le lycée est composé de deux barres de 180 m (bât A) et 200 m (bât B) de long et de 5000 m² d'ateliers. L'ensemble accueille les salles de classes, les bureaux, la vie scolaire et la demi-pension. Les locaux sont respectés par les élèves malgré leur vétusté. La cour est réussie et rappelle celle d'un campus.
Un projet de restructuration et d'extension du lycée www.deso-architecture.com/ est prévu en 2011 et 2012 pour réhabiliter les deux bâtiments d'enseignement qui ont mal vieilli. Une salle de spectacle de 280 places permettra de valoriser les productions artistiques et audiovisuelles des élèves. Un nouveau restaurant scolaire accueillera près de 1800 élèves et des lieux de travail qui manquent actuellement aux lycéens seront créés.
![]() Un lycée tout en longueur (bâtiment A) |
![]() Bâtiment B du lycée vu de la N7 |
![]() Le lycée en bordure du quartier |
À la sortie de Corbeil-Essonnes en direction de Paris, le lycée polyvalent occupe 8,5 ha dans le quartier « Tarterêts-Coquibus ».
![]() Les arts s'emmêlent 2010 |
![]() Course du cœur |
![]() Travail avec les élèves handicapés |
![]() Solibal |
Le site de l'établissement
http://lyc2-doisneau-corbeil.ac-versailles.fr/
Donner les moyens à tous les élèves de pouvoir travailler dans des conditions décentes après la classe s'est révélé, il y a déjà sept ans, comme une nécessité devant le constat de situations, à peine imaginables, d'élèves dans l'incapacité de travailler chez eux.
Par exemple, l'aînée d'une famille de 18 enfants, logés dans 4 pièces, qui était accaparée le soir par ses frères et sœurs ou cette autre élève qui travaillait dehors sous le réverbère faute de place dans l'unique pièce de vie pour 5 personnes !
L'accompagnement pédagogique s'est depuis professionnalisé avec :
Les assistants pédagogiques (AP) ont deux fonctions principales en relation étroite avec les professeurs :
Les séances d'école ouverte http://eduscol.education.fr/, animées par les AP et les professeurs volontaires en période de vacances (fin août, Toussaint, février et Pâques), complètent cet accompagnement par :
Le travail d'accompagnement se fait de concert entre les professeurs et les AP. Ils communiquent via une fiche (PDF, 155 ko) qui permet un suivi dynamique du travail fait avec l'élève. Le professeur donne des indications en relation avec le travail fait en classe. Les AP tracent les grandes lignes des séances effectuées avec chaque élève. Ils communiquent également tous les mois aux professeurs des listes de présence d'élèves, avec un nombre d'heures de passage pour la salle des « pas perdus » et pour les études ainsi que l'état des présences sur l'école ouverte.
Les actions menées par les professeurs dans le cadre de l'accompagnement sont organisées pour 2009-2010 sur un mode expérimental, avec certaines classes de seconde.
Un travail d'explication et d'échanges a lieu, en début d'année, sur le fonctionnement de l'étude du soir, des contrats de réussite, de l'aide des AP et ce que peuvent en attendre les élèves.
Un emploi du temps personnalisé sur l'organisation du travail extrascolaire, qui tient compte de chaque situation de vie, est élaboré avec les élèves. Lors de la première réunion parents-professeurs, il est remis aux parents qui pourront mieux participer à la réussite de leurs enfants en s'aidant de ce document dans lequel l'élève s'est impliqué avec le regard du professeur.
Un retour sur les conseils de classe est effectué avec les élèves : analyse des problèmes signalés sur les bulletins trimestriels 4 , puis synthèse et hiérarchisation des points dégagés afin d'identifier des items incontournables. Par exemple : « concentration, travail, écoute, participation, motivation, ambition » pour répondre à la question « Comment réussir ma scolarité ? » et « insolent, bruit, bavardages, sous influence, immaturité » pour « Quel comportement peut nuire à ma réussite ? ». Ce travail permet aux élèves de s'auto-évaluer.
« Pour ma classe, c'était révélateur et ça leur a vraiment mis un petit électrochoc, puisque pour les items sur "comment réussir ma scolarité" ils se sont mis en moyenne 1,1/5. Et sur la réponse "quels comportements peuvent nuire à ma réussite" 4,1/5. Ça nous a permis d'ouvrir un débat et de mettre du sens à ce qui est dit au conseil de classe par rapport à leur attitude » explique Ariles Oumer, professeur d'EPS.
La construction d'une grille des comportements, en continuité avec l'action précédente, mais plus individualisée, a pour objectif de permettre aux élèves de s'auto-évaluer à la fin de chaque semaine et de suivre leur progression. Cette auto-évaluation peut ainsi être mise en perspective avec les observations des enseignants.
L’ accompagnement éducatif au lycée Robert Doisneau : Programme d’activités 2009-2010 (PDF, 174 ko) http://lyc2-doisneau-corbeil.ac-versailles.fr/
Lycées expérimentateurs : accompagner les élèves www.mae.ac-versailles.fr/
Synthèse des ateliers du regroupement académique du 5 janvier 2010
Jean-Pierre Auclaire
Contact reportages : reportages.vei@cndp.fr